‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 61 sur 181 · C.-A. Prieur, Bri^ard, Garnot, Lindbt, Treilhard · texte numérisé non relu

C.-A. Prieur, Bri^ard, Garnot, Lindbt, Treilhard

J.-F.-B. Delmas, Fourchoy, P.-A. Lalot,

EscHAsséRiADX, Merlin (do Douai), Charles Cochon, Thuriot.

(MÎDiito aat de Caniot, Areb. de la guerre, armée d'Italie.)

Gènes eut peu de tempa après maille à partir arec la France. Le 5 octobre 1798, trois vaisseaux an^ais et deux frégates entrèrent dans le port de Gènes et attaquèrent à rimproviste une frégate française, la Modêite, dont Téquipage fut en partie massacré. Tilly protesta, le même jour, par la note suivante adressée au secrétaire d*État (Arch. des afTaires étrangères, t CLXVIl, p. 377) : «Le chargé d'affaires de la République française apprend qu'il vient de se commettre une atrocité contre ceux de sa nation. Il demande si la république de Gènes continue de vouloir la paix. On commence la guerre avec celle de France en souffrant que les propriétés soient envahies el les Français

égorgés dans son port et sous/ses yeux.n L'émotion fut très vive en France. Le i3 octobre, Robespierre jeune et Ricord adressèrent au sénat de Gènes une protestation contre cette violation du droit des gens et le sommèrent de «r tirer une juste et éclatante vengeance de l'assassinat commis, dans son port et sous ses canons, envers le genre humain, dans ia personne des membres de la société française». (Cf. Moniteur, XVllI, 398.)

(*) Il s'agit sans doute de la lettre des représentants du peuple Philippe Simond et Dumax , écrite de Ghambéry au Comité de salut public le 18 septembre et lue le 93 dans la séance de la Convention. (Cf. Aulard, VI, 56a.)

itlrkiWLkiK |(ATinx«i.c

194 CORRESPONDANGE GÉNÉRALE DE GARNOT. [qSsept. 479.3.]

GARNOT AU REPRIÎSENTANT LAURENT LE GOINTRE.

Paris, ce a 3 septembre 1793.

CARNOT i LE COINTBB.

Le rapport que tu me demandes ^^^ cher collègue, sur Stettenhoffen ne peut se faire et me parait non seulement inutile, mais nuisible peut-être au brave général. II ne peut se faire, parce que je n'ai rien d'officiel sur sa conduite dans la Belgique, et c'est sur ce point qu'il est attaqué par ses ennemis. Il est inutile, parce que Stettenhoffen ne demande point de service, mais une pension de retraite. Or le ministre convient qu'il a droit h cette pension et il doit la proposer au premier jour. Enfin le rapport peut lui nuire; car il a des ennemis, tu ne l'ignores pas, et la justice peut se trouver étouffée par la haine. Gomme il n'y a que moi qui puisse rendre témoignage au civisme et aux qualités militaires de Stettenhoffen, puisqu'il n'y a que moi qui ait été à même d'observer sa conduite , il m'est impossible d'inspirer aux autres l'intérêt que la justice et l'humanité me commandent à moi-même.

Carnot.

(Impr. dans Laurent Le Cointre, Lm crmê$ de tept membres des anetene comilét de eabu public et'àe tûreté générale , p. 161, note 1.)

LE COMITE DE SALUT PUBLIC À ROBERT LINOET, ï CAEN.

AU RBPRBSBNTANT DU PBUPIB LINDBT, À GABN.

La Convention nationale, cher collègue, ayant supprimé tous les commissaires du Conseil exécutif, ceux qui étaient chargés de la fabrication des piques ont dû être compris dans cette suppression; mais depuis lors la Convention a autorisé les ministres è nommer des agents: ils peuvent donc reprendre leur mission.

(*) Cf. la lettre de Le Coîntre à la date du 9 a septembre, p. 18&.

Quant à la nature de cette mission, elle a été jugée utile, puisqu'elle a été ordonnée par décret et qu'il faut bien suppléer de quelque manière à la pénurie des fusils. L'expérience prouve d'ailleurs que l'arme blanche réussit très bien entre les mains des Français. On ne peut donc discontinuer la fabrication des piques sans un motif puissant, tel que serait par exemple celui qui la fait suspendre à Paris. Ce motif, c'est la fabrication extraordinaire de fusils qui absorbe tous les fers et tout le temps des ouvriers. Si donc la même raison avait lieu dans votre arrondissement, il serait à propos de changer de même la destination des fers, qui seraient plus utilement employés à faire des fusils. C'est à vous, cher collègue, de prendre à cet égard des renseignements comme de décider des formes que vous jugerez les plus convenables à donner aux fers des piques, si vous en faites fabriquer. Ici l'on a adopté celle du maréchal de Saxe, mais rien n'empêche que * vous n'en adoptiez une autre, si vous la jugez plus avantageuse ^*l

Salut et fraternité.

A expédier : Carnot.

(Mioatc aat. do Garnot, Areh. nat, AF 11 967.)

LE COUiri DE SALUT PUBLIC AUX REPR^ENTANTS PRÈS L'ARMEE DU NORD.

Votre lettre, citoyens collègues, a dû nous étonner, puisqu'elle paraît prouver que vous avez perdu de vue l'objet de votre mission. Les circonstances étant devenues de plus en plus aggravantes, nous ne pouvons que persister dans la mesure que vous aurez à faire exécuter. Cette mesure consiste dans un secours partiel, au moins de trente mille hommes, pris dans les deux armées de la Moselle et du Bas- Rhin et dirigés vers Cambrai pour se réunir à l'armée du Nord, afin de former toutes ensemble une masse assez imposante pour repousser les troupes de Cobourg, qui menacent dès à présent Paris et par con-

(*) Par une lettre datée de Gaen, le commiasioos données pour la fabrication 90 septembre 1793, Oudot et Robert Lin- des piques étaient comprises dans le dédet avaient demandé au Comité si les cret rappelant les commissaires.

196 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a3 sept. 1798.]

séquent ïa République entière, dont on peut presque dire que l'existence actuelle dépend de la sûreté de Paris.

Voilà ce que vous ne pouvez négliger, citoyens collègues, malgré les raisons qui vous ont été et vous seront encore alléguées pour ne pas découvrir les frontières de la ci-devant Alsace et Lorraine.

Nous savions et vous saviez avant votre départ que la mesure de la marche partielle des armées de la Moselle et du Bas-Rhin serait sujette à- de vives réclamations et même à des objections fortes. Mais nous devons voir avant toutes choses l'établissement de la République. Notre but est de chercher un remède sûr et prompt pour tout le corps politique, sans nous laisser détourner par les plaintes de telle ou telle partie qui se croit plus ou moins endommagée. A 100 lieues de distance les frontières sont intactes, et avec une simple défensive elles résisteraient encore longtemps; à ko lieues songez que nous avons deux places prises et une vigoureuse attaque à repousser.

Nous vous engageons donc, citoyens collègues, à porter au conseil de guerre qui va se tenir à Bitche la résolution de donner à la ligne du Nord un secours effectif et tellement nombreux que tous les esprits soient rassurés et que la République voie en même temps appliquer à sa plaie un remède eflScace et très prompt.

Les douze mille hommes organisés dans les armées du Rhin et de la Moselle dont vous nous parlez, qui sont encore sans armes, mais que BOUS allons nous occuper d'armer, peuvent être jetés dans les places frontières de la Moselle et du Rhin , mais ne doivent pas marcher et faire nombre dans le secours que nous demandons pour la ligne du Nord; car à peine arrivés, il faudra vraisemblablement se battre. Ainsi le se€Ours, s'il est partiel, doit du moins être composé des troupes les mieux armées et les plus aguerries.

Quant à ce que vous dites de la possibilité de se procurer des subsistances en pays ennemi en agissant sur quelque point, il paraît qu'il n'est guère permis de se livrer à cette espérance. Consultons notre expérience : quand nous avons voulu agir au dehors , avons-nous été heureux? Comment se fier à nos généraux, dès qu'ils s'éloignent du peuple et de la surveillance républicaine ? Contentons-nous de nous défendre, de nous retrancher, de ménager nos forces, de harceler l'ennemi. La seule attaque vraiment utile de notre part envers l'ennemi serait de faire la guerre à ses subsistances et à ses fourrages.

[a3 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 197

En dernier résultat, citoyens nos collègues, nous croyons que l'existence de la République dépend de former, sans le moindre délai, une armée du Nord qui soit égale à celles de Cobourg, Clerfayt, les Anglais, les Hollandais, Hessois, Hanovriens, réunis sur cette malheureuse ligne du Nord. Toute mesure qui tencb-a à cette prompte formation est salutaire. Toute mesure qui contrariera cette réunion de nos forces, là où est le véritable mal, deviendra dès lors subversive de la République.

La conséquence de ces réflexions nous impose une responsabilité par heure et par minute. Fermez l'oreille à toute autre considération. Joignez Cobourg avec des forces respectables qui puissent combattre avantageusement et vous serez les sauveurs de la Patrie. Autrement la République est perdue : il ne reste plus qu'à se voiler la tête.

Nous ne vous recommandons rien pour la garnison de Mayence; vos mesures sont bonnes et le décret s'effectuera peu à peu. Ce n'est pas là oii est le danger, citoyens nos collègues, c'est entre Cambrai et Péronne que le sort de nous tous est fixé^^^

(Minute, Arch. nat, AFii s&&.)

PARIS, â3 SEPTEMBRE 1793.

arrétM du couni de salut public envoyant carnot aux armées du nord

ET DES ARDENNBS.

Les représentants du peuple composant le Comité de salut public arrêtent que leiu* colite Carnet se rendra sans délai aux années du Nord et des Ardennes pour se concerter avec les représentants du peuple près ces armées et les généraux sur les mesures à prendre pour la défense de la frontière ^*\

A Paris, le a3 septembre 1 798 , Tan n de la République.

B. BarIirr, HiRAULT, C.-A. Pribor.

(Orig. ant. de Prieur, Arch. nat., AF u sA&. -^ Ampliation ngnée par Héradt, BUland- Varenne, C.-A. Prieur, Prieur de la Marne et Barère, Arch. de la iamâle Gamot.)

(>) L'armée du Rhin ii*ayant pas reçu de reaforts et dépourvue ai un chef habile, laissa forcer les lignes de Wissembourg par Wunnser le i3 octobre 1793.

(*) Le même jour le Comité délivra à Carnot un passeport signé par Billdud-Yarenne et Barère (orig., Arch. de la famille Gamot). Le lendemain a 6 ,' Carnot rédigea

198 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. f q4 sept. 1798.]

a 3 SEPTEMBRE 1793. LE GlfnÏRAL FERRAND AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

Analyse. — H envoie la copie d'une lettre qu'il a adressée au ministre de la guerre et au gënëral Jourdan sur Tattaque du bois du Tilleul et sur Tarrestation du représentant Drouet.

(Analyse, Areh. de la guerre, reg. du Comii de sdat public, D, fol. 698.)

PARIS, fàà SEPTEMBRE I793, LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIG.

Analyse. — Envoi d'une copie d'une lettre du général Moreaux au général Schauenburg relative à un échec éprouvé^par la petite armée qu'il avait tirée du corps des Vosges pour attaquer Pirmasens ^^K Le capitaine d'artillerie de Belle ^'^ a sauvé ses canons et ses caissons.

(Orig., Arch. de la guerre, année de la Moaeile.)

PARIS, fàU SEPTEMBRE 1793.

JOURDEUIL^'), ADJOINT DU MINISTRE DE LA GUERRE, AU COMITE DE SALDT POBLIG.

Analyse. — Envoi de la copie de la capitulation du Quesnoy. «r Cette transaction honteuse faite avec l'ennemi ne peut être que l'ouvrage d'un traître et d'un

Tarrété suivant (cf. Aulard, Vil, 98) : «Le Comité de salut public arrête que le maître de poste de Paris fournira trois chevaux de limonière au porteur pour demain a 5 du courant, six heures précises du matin. n Cet ordre nous apprend que Camot partit pour Tarmée du Nord le 9 5 septembre ] 793. La destitution de Houchard et son remplacement par Jourdan étaient en partie la cause de cette mission, qui ne dura que jusqu^au 98.

(0 Cf., p. i53, la lettre du général Schauenburg au Comité de salut public, en date du 16 septembre 1793.

(') Jean-Françoi»-Jo6eph de Belle, né à Voreppe (Isère) le 99 mai 1767, canonnier au'r^[iment d'artillerie d^Auxonne le 1" octobre 1789, sergent le i*' janvier 1786, lieutenant le 1" septembre 1789,

capitaine le 18 mai 1799, adjudant général chef de bataillon provisoire à Tannée de Rhin-et-Moselie le la novembre 1793, général de brigade provisoire le 10 janvier 1 794 , chef de brigade d'artillerie le 9 mars 179^, général de brigade provisoire le 9 septembre 1796, confirmé le 6 novembre suivant, générd de division le 16 novembre 1796, commandant en chef l'artillerie de l'armée de Saint-Domingue le 7 décembre 1801, mort à Saint- Domingue le 1 5 juin 1809. Il était beaufrère du général Hoche.

(^) Didier Jourdeuil, administrateur du comité de salut public du déparlement de Paris au 10 août 179a, avait été choisi par Boucbotte, le 9 août 1793, pour être adjoint de la 5* division du ministère de la guerre. (Cf. Aulard, V, 448.)

CORRESPONDANCE MILlTAffiE DU COMITÉ.

[q4 sept. 1798.]

parjure. Tant de bassesse n'entra jamais dans le cœur d'un républicain. Il est bien temps , je pense , de punir plus que par Tinfemiie de pareSs scâërats. Leur ftme n'est point susceptible d'un tel sentiment ^^K n

(Orig., Ârch. de la gaeire, année du Nord.)

ARRAS, aà SEPTEMBRE 1798. LES REPRESENTANTS HENTZ,

ihîE LACOSTE ET PEYSSARD AU COMITE DE SALUT PUBLIC ^'^K

Arras^ le 9& septembre 179), an 11 de la Républiqae une et indivisible.

Citoyens nos collègues,

Berthehny ^*^ et Houchard sont en arrestation depuis hier au soir (*); ils partent aujourd'hui pour Paris. Vemon n'était plus ici depuis trois jours; on le dit retourné chez lui.

(') La capitulation est datée du Quesnoy, 11 septembre 1798, et est si^ée, pour les Français, par le chef de brigade Goulhis, et, pour les Autrichiens, par le général Glerfayt.

(*) Cette lettre n'a été qu'analysée dans le recueil Aulard, VII, 16, et sous la date du 93 septembre.

(*) Le nom de ce général est constamment orthographié par erreur Barthélémy,

W Houchard avait été destitué par le Comité exécutif le sa septembre et remplacé par Jourdan. Bouchotte avertit la Convention de cette destitution et de celle des généraux Landremont et Schauenburg par une lettre qui fut lue à la séance du 94 septembre. Le lendemain 95 le représentant Briex accusa, dans un mémoire sur fétat de l'armée du Nord, le^ Comité de salut public de garder le silence et de ne pas prepdre les mesures nécessaires. Barère prit alors la défense du Comité et formula contre Houchard les accusations suivantes : «Quatre faits rendent Houchard infiniment suspect : le premier, de n*avoir pas jeté à la mer les Anglais après leur déroute; le second, de n'avoir pas taillé en pièces les Hollandais qu'il tenait cernés; le troisième , de n'avoir donné qu'un mouvement partiel à Tarmée et d*avoir laissé dans

l'inaction des troupes qui auraient pu être d'un grand secours, quand on assassinait la garnison de Cambrai dans un ravin; enfin, d'avoir abandonné Menin, laissé tailler les derrières de cette armée pendant la retraite, et d'avoir gardé le silence sur cette affaire.» Barère dit que ce n^est qu'après les renseignements fournis par Henti que le Comité a pris le parti de destituer Houchard et de mettre à sa place un général sans-cvdotte, un patriote prononcé, cr Quant aux nominations, ajoutct-il, que le Comité a concertées avec le ministre, il n'a appelé à cette r^nération de l'armée que des sans-culottes par état et par principes, combattant pour leurs propres droits; car il est inouï que la noblesse, contre laquelle on se bat, dirige cette guerre dans le succès de laquelle elle a tout à perdre. Nous avons voulu ôler des armées les nobles, les Mandais, les gens suspects. Nous Tavons fait avec les connaissances qu'a le ministre de la guerre dans ses bureaux, avec celles qu'ont recueillies, Camot et qudques autres membres du Comité de salut public, ainsi que les représentants du peuple délégués à cette armée, enfin avec les notions que les bons citoyeiis s'empressent de nous donner sur tel ou tel militaire.» Après Barère, Robes-

200 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a4 sept. 1798.]

Nous irons dans la journée parier à la partie de Tarmëe qui est au camp de Gavrelle; nous faisons imprimer une prociamalion qui sera distribjëe à toute Tarmëe du Nord. Elle motive l'arrestation.

Nous n'avons pas cru devoir différer cette arrestation jusqu'à Farrivëe du général Jourdan, dont nous n'avons pas encore de nouvelles. Il était à craindre qu Houcbai*d ne fut instruit de sa suspension ; et l'on peut penser à quoi c'eut été s'exposer que de laisser le commandement à un homme qui sait qu'il est accusé et qu'il va le perdre.

Nous avons d'abord jeté les yeux sur un oflScier général qui fût sur les lieux pour conmiander jusqu'à l'arrivée de Jourdan; nous n'avons trouvé ici que le général Duquesnoy ^^K h est aimé des soldats qu'il a conduits avec bravoure au

pierre, Jeanbon Saint-André et Billaud- Varenne parièrent dans le même sens, et la Convention déclara que le Comité de salut public avait toute sa confiance.

^^) Florent -Joseph Duquesnoy, né à Bouvigny-Boieilles (Pas-de-Calais) le 97 février 1761 (son acte de baptême a été publié par M. Paul Marmottan dans son étude sur le général FromerUin, p. 187), fils d'un fermier, carabinier le 10 mars 1789, congédié le 10 mars 1790, capitaine au h* bataillon du Pas-de^alais le 98 janvier 1799, et au A* bataillon de chasseurs francs du Nord le 1 6 novembre suivant, général de brigade à Tarmée du Nord le 3o juillet 1793, commandant le camp sous Cassel en août 1793, général de division le 3 septembre 1793, passé à Farmée de TOuest le 7 frimaire an u (97 novembre 1793), suspendu le s 5 floréal an ni (lA mai 1796), autorisé à prendre sa retraite le 11 nivds» an iv (i" janvier 1796), obtient une pension de 800 livres le 5 thermidor an iv( 93 juillet 1796), entré k cause de ses blessures k rbôtel des Invalides, où il mourut vers la fin de l'année 1796. Il était frère du conventionnel.

Quand Duquesnoy fut nommé général de brigade, il écrivit au président de la Convention la lettre suivante, qui fut lue dans la séance du 19 août 1793 (Orig.

aut., Arch. nat., C 966, 609) :

(T Citoyen président, ffïie Conseil exécutif provisoire vient de

m'élever au grade de général de brigade et me donner le commandement du camp sous Cassel. Moins instruit que zélé, j'ai contemplé Tétendue des fonctions d'un général, mais j'ai cru que refuser ce grade on pourrait m'accuser de timidité ou de tiédeur pour la chose publique. Je me suis donc entièrement consacré au service de la République. Je vous prie donc, citoyen président, d'assurer l'Assemblée nationale de mon entier dévouement; elle peut compter sur ma fermeté à mon poste , sur mon activité dans mes fonctions et sur ma résolution bien déterminée de cesser d'exister avec l'unité et l'indivisibilité de la République, si le peuple français pouvait perdre la plus juste des causes contre les despotes de toute l'Europe.

(T Je suis avec respect, citoyen président, fsLe général de brigade,

«DUQUESHOT.»

Sa nomination au grade de divisionsionnaire provoqua la lettre suivante de son frère à<fiouchotte (Orig. aut, coll. de M. Etienne Charavay) :

«Ams, le s 5 septembre i^^% l'an u de la Répabliqae une et indinsible.

t(Le reprénenlant du peuple Duquesnoy, envoyé près V armée du Nord, au citoyen Bouchotte, ministre de la guerre,

(T J'aurais désiré, citoyen ministre, qu'avant de porter mon frère au grade de général de division vous m'ayez consulté; non pas que je doute de son civisme, mais

[q4 sept. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 201

fea et à la victoire dans l*affiire toute récente de Wervicq, près Menin. Il est puissamment secondé du citoyen Emouf , qui arrive.

Nos prisonniers ont évité k la gendarmerie nationale que nous avions envoyée les saisir la peine de les mettre en arrestation. Berihelmy, travaillé par Tinquiétude , était ici ; il vint nous demander pour lui des chevaux de luxe. Comme Duquesnoy le général n*était pas encore arrivé , nous le remimes à une heure poiur lui donner réponse. R s'est rendu k Tépoque; même embarras de notre part, autre rendez-vous pour quatre heures. Dans Tintervalle il a été vraisemblablement instruit de ce qui l'attendait, car il n'a envoyé que ses chevaux et son domestique l'attendre k notre porte. R s'est présenté pour monter à cheval et aller k toute bride au quartier général, mais alors Duquesnoy était là, avait accepté le commandement provisoire; Lacoste, l'un de nous, s'était mis sur la porte en embuscade et a fait mettre fembargo sur l'homme. H a été fort décontenancé, il a gémi en allant à la maison d'arrêt et nous sommes convaincus que nous renversons une des grandes batteries de l'ennemi.

Houchard a été instruit de l'arrestation de son cher Berthelmy par le domestique de celui-ci. Vite il est accouru lui-onéme fort affairé voir ce que c'était; nous le lui avons dit et qu'il était lui-même en arrestation. U en a paru moins étonné que Berthelmy; mais il a trouvé fort dur de ce que nous l'ayons traité républicainement en ne mettant pas de différence entre son arrestation et celle d'un simple soldat, entre le lieu de sa détention et celle des autres citoyens. Ces généraux qui ne font que conmiander ont de la peine à obéir.

Nous allons vous envoyer les autres qui sont dans l'armée ; nous pouvons vous assurer que pas Ame ne sourcillera de cette arrestation , qu'elle fera le meilleur effet pour l'esprit public de l'armée, qu'eUe désaccoutumera à s'engouer des hommes.

D'ailleura tout le monde s'étonnait, comme vous et comme nous, de l'étrange conduite d'un général qui, après avoir vaincu trois fois en perdant de braves soldats, finit par se mettre sur une humiliante défensive et laisse travailler l'ennemi à l'aise.

Ces messieurs vont vous dire les plus belles choses du monde, mais vous ne serex pas leurs dupes. Les faits sont là et nous nous attendons à en apprendre bien d'autres. On va les dénoncer aujourd'hui qu'Ss ne sont plus en place. Nous leur prouverons qu'ils désorganisaient tout, qu'ils doutaient les patriotes purs et ne mettaient en avant que des intrigants. Vous verrez par nos notes signées Peyssard et Lacoste qu'ils livraient ce pays-ci à l'ennemi et laissaient couper la communication entre l'intérieur et les deux départements du Nord et du Pas-de-Calais , si on n'eût rompu leun mesures.

Hs avaient âoigné de ce point important tout ce qui observe : le générd d' A vaine, qui connaît le pays, était envoyé par eux vers Cassel. Le général de

parce que j*apprâiende que ce grade soit On lit en tête de cette lettre, qui fait

au-deflBus de ses forces. honneur aux scrupules et au patriotisme

«r Salut et fraternité. de son auteur ; «Une réponse honnête. —

(fDoQvisROT.n Répondu le 5 octobre. 7»

202 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ai sept. 1798.]

division Duquesnoy, dont ils ne pouvaient se passer, ils le ùdsaient valser de gauche h droite et de droite à gauche. R n'y avait ici presque point de général. Nous sommes plus convaincus que jamais de la trahison de ces hommes-là ^^K

Houchard, après son arrestation seulement, nous a prévenu que Tennemi se portait en force sur Maubeuge. R nous a montré les plus vives inquiétudes sur le sort de cette place, dont il regarde la conservation comme Tobjet de la plus haute importance. Nous en Causons part h nos collègues de Maubeuge et au général qui commande là. L'armée des Ardennes, qui est à portée de Maubeuge, pourrait lui porter de grands secours.

Le général Jourdan, qui vient de ce pays-lë, saura si l'avertissement d'Houchard est vrai ; il prendra sûrement les mesures nécessaires. R ne sera sûrement pas comme Houchard qui nous a assurés , quand il était pris , que la République n'avait pas assez de monde pour se défendre.

Les représentants du peuple envoyée près F armée du Nord, Hentz, Peyssard, ÉUe Lacoste.

(Orig. aot. de HenU, Areh. de la gaerre, armée du Nord.)

GUISE, q/i septembre 1793.

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