‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 62 sur 181 · LE G^N^RAL JOURDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTB · texte numérisé non relu

LE G^N^RAL JOURDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTB

Gaise, le 9& septembre 1793, Tan n de la Répabliqne ane et indivisible. LB QÉNÉnÀL JOVKDAfI AU MINISTBE DE LÀ 6VBRRB,

J'ai reçu hier à Maubeuge , citoyen ministre , votre lettre par laquelle vous me prévenez que le Conseil exécutif m'a nommé pour commander en chef l'armée du Nord à la place du général Houchard, destitué ^'^ Je me suis mis de suite en

^*) Le même jour, a 4 septembre , les représentants Hentz, Élie Lacoste et Peyssard aniio!icèreni k l'armée du Nord par une proclamation Tarrestation de Houcbard (placard in- fol., Arch. nal., W 296, numéro •) 5o ) : (T Soldats républicains , disaientils, la Convention nationale a toujours ses regards sur vous; vous êtes les objets de sa plus tendre sollicitude, et lorsqu^un général, au lieu de vous conduire dans le champ de la victoire , prépare des défaites par la trahison , elle le frappe avant qu'il ait consommé ses attentats. Vous applau-

direz donc à ses mesures; les républicains ne voient que la patrie, et Houcbard n'est plus rien à vos yeux : il était indigne d'être votre chef, dès que le salut de la République ne commandait pas toutes ses actions et que la trahison dirigeait ses mouvements, i»

Le lendemain 95 septembre, le général Duquesnoy annonça la destitution de Houcbard dans son ordre du jour aux soldats. (Arch. de la guerre, armée du Nord, reg. XIII bit, p. 9a.)

<") Le aa septembre 1798.

[q4 sept. 1798.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 203

route pour me rendre au quartier gênerai de cette armée ^*^ et j'espère y arriver dans la journée ^*K

JODRDAN, (Orig aat., Areh. adm. de la gaerre.)

(^) Le quartier général de Tannée du Nord était alors à Gavrelle, village du canton de Vimy, dans l*arrondissement d*Arras. Jourdan y arriva le 95 septembre au soir et prit sur-le-champ le commandement.

(') Jourdan, dans ses Mémoirêt inédits, parle en ces termes de sa nomination au commandement de Tannée du Nord (Orig. aut., Arch. de la guerre) :

«Le général Jourdan, qui avait eu le bonheur de se distinguer à la bataille d'Hondscboote en enlevant les retranchements à la tête de ses troupes, nommé général en chef dans une circonstance aussi critique, représenta que, n^ayant ni les talents ni Texpérience qu'exigeait un commandement si important, il était de son devoir de le refuser; mais les commissaires de la Convention lui ayant rappelé un décret qui ordonnait Tarrestation de teut citoyen français qui n'accepterait pas l'emploi auquel il était appelé, il fut contraint d'obéir et arriva au quartier général de Gavrelle le 96 septembre.

«L'armée du Nord comptait à cette époque io4,ooo hommes de troupes disponibles, dont 9,000 de cavalerie. Trentetrois mille sous le général d'Avaine étaient répartis dans les camps retranchés de Dunkerque, de Gassel et de BaiUeul; vingt-huit mille sous le général Béru dans les camps de Mons-en-Pevèle, de la Madeleine-sous- Lille et d'Armentières; vingt-huit mille campaient à Gavrelle et Arieux, et quinze mille sous le général Ferrand occupaient le camp retranché de Maubeuge. Il y avait, en outre, trente-cinq mille hommes dans les places qui n'en pouvaient sortir qu'en vertu d'un ordre du ministre de la guerre; ces garnisons étaient formées en grande partie de dépôts et de bataillons de réquisition non armés.

(T Inférieure en nombre à celle des alliés, et surtout en cavalerie, l'armée était en même temps dans une situation pitoyable. Les généraux et officiers supérieurs, parvenus dans l'espace de peu de mois des rangs subalternes aux plus hauts grades, n'avaient encore que du lèle et du courage. Les troupes étaient dénuées d'eflets d'habillement et d'équipement et les arsenaux dépourvus d'armes et de munitions.

La cavsderie souffrait de la disette des fourrages; enfin les anciens r^[iments, ne recevant plus de recrues depuis longtemps, étaient réduits de moitié. La Convention, par son décret du 93 août, avait prescrit, il est vrai, la levée de tous les Français de dix-huit à vingt-cinq ans; mais, en les autorisant à se former en bataillons et à choisir parmi eux les officiers, elle accumula sur la frontière des nouveaux corps privés de chefs expérimentés, qu'on ne put mener à l'ennemi que quand quelques mois plus tard le général en chef eut obtenu l'autorisation de les incorporer dans les anciens cadres. D'ailleurs il était plus aisé de lever des bataillons que de les armer. Le plus grand nombre n'étaient munis que de piques et de bAtons. Cependant, comme ils figuraient sur les étots de situalion, le comité de gouvernement, qui fondait les forces de la République sur la multitude , croyait qu'on pouvait entreprendre les plus grandes choses

(f L'armée des alliés, répandue sur la frontière du Nord depuis Mous jusqu'à la mer, ayant une cavalerie nombreuse et bien tenue, comptait cent vingt mille combattants: 70,000 Autrichiens, 36,ooo Anglais, Hanovriens et Hessois, et 1^,000 Hollandais. Sa position. était fortifiée des places de Condé, Valendennes et le Quesnoy, et de la forêt de Mormal.n

204 COBRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [si sept. 1793.]

PERPIGNAN, fàà SEPTEMBRE 1798.

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