‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 65 sur 181 · COMPOSANT LE COMITÉ DE SALUT PVRLW DE LA CONVENTION NATIONALE · texte numérisé non relu

COMPOSANT LE COMITÉ DE SALUT PVRLW DE LA CONVENTION NATIONALE

Citoyens représentants,

Je vous fais part de mes inquiétudes sur la position de Tannée que je commande. Les rebelles forment un noyau dans le centre du pays, et ils se portent en masse sur la colonne qu'ils jugent à propos d'attaquer. Ds ont d'abord battu Tarmée de Mayence ^*^ puis sont revenus battre celle de Mieszkowski ^*^ ; ils sont parvenus enfin à mettre tout à fait en déroute Tarmée d'Angers ^^\ commandée par le général Duhoux ^^\ Je suis forcé de vous dire avec peine que rien ne pourra

t*) Le 19 septembre, à Torfou.

(*) Le 39 septembre, à Saint-Fulgent.

(Cf. Ghassin, La Vendée patriote, IIU 110.) — Jean-Qulrin Mieszkowski , né â Karczewo (Pologne) le 3o mars 17/16, cavalier dans les nlbans de son pays le 1 ** janvier 1761, entré au service de la France comme volontaire dans la légion de Conflans le 1 *' janvier 1766, sous-lieutenant le 1 " mars 1 767, passé aux hussards de Conflans le 96 juillet 1776, capitaine de hussards dans les volontaires étrangers de la marine le 1 "^ novembre 1778, chevalier de Saint-Louis le 95 juin 1779, capitaine commandant de hussards au corps des volontaires étrangers de Lauzun le i*' avril 1780 , capitaine commandant aux hussards de Lauzun le 1 1 octobre 1783, chef d'escadron le 96 mai 1 788 , major du régiment du Colonel-général-hussards le 1 9 juillet 1789, lieutenant-colonel du 5* hussards le 1*' janvier 1 791 , aide de camp colonel du général Bi- . ron le 99 juillet 1 799 , maréchal de camp à l'armée du Rhin le 90 septembre 1799, employé à Tarmée d'Italie le 97 avril 1793 et À cdie des Côtes de la Rocbdle le 1 7 juin suivant, suspendu le 10 octobre 1793, retraité le 7 mai 1796 , mort à Vassy (Haute- Marne) le 97 février 1 8 1 9. Ce général avait

fait les campagnes du Sén^al en 1779 et d'Amérique de 1780 à 1783. (Cf. aux Arch. adm. de la guerre un mémoire détaillé envoyé par le général Mieszkowski le 3i octobre 1793, de Vassy, où il s'était retiré après sa suspension.)

(') Le 19 septembre, à Saint-Lambert.

(Cf. Chassin, La Vendée patriote, III, 89.)

(^) Charies-Françoîs Duhoux , né à Nancy le i3 août 1736, fils d'un lieutenant aux gardes du duc de Lorraine , lieutenant aux milices de Lorraine le t** février 1746, lieutenant en second au régiment de Barrois le 18 mars 1767, réformé en 17A8, cadet du roi de Pologne le 91 novembre 1769, entré aux volontaires royaux le 91 novembre 1769, lieutenant le i*' décembre 1766, aide-major des volontaires du Dauphiné le i*' janrier 1760, rang de capitaine le 7 mars 1761, chevalier de Saint-Louis le là octobre 1761, capitaine le 93 mars 1763, retiré en 1768, lieutenant-colonel attaché à la légion de Lorraine le 1 3 juillet 1771, puis au corps des dragons le 9 décembre 1776 , maréchal de camp le 1*' mars 1791, lieutenant général le 7 septembre 1799 , commandant de UUe pendant le siège de cette ville, suspendu le 10 octobre 1799, acquitté le i5 mars

208 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a5 sept. 1798.]

les empêcher de faire une trouée, et que, quand ils le voudront, ils se feront un passage. Ainsi, selon moi, je ne vois d'autres moyens, pour terminer cette guerre , que de réunir les colonnes les unes avec les autres et de marcher sur deux lignes formidables (sous le même commandement), qui de concert débusqueront les rebelles de leurs repaires, avec toutes les forces que nous pourrons réunir. Une fois dehors de leur territoire, ils perdront moitié de leurs forces. Je ne crois pas pouvoir prendre sur moi d'adopter cette mesure sans y être autorisé par un arrêté de vous. La jalousie, l'ambition dans cette armée est à son comble. Les généraux bien prononcés y sont très rares. D y en a peu de sans-culottes. Veuillez , je vous prie, nous en envoyer; autrement je ne pourrai résister aux intrigues dont je suis entouré.

Le général Ronsin vous fera connaître, par la correspondance qu'il emporte ^^\ tous les désagréments qu'il y a à être dans cette armée , et il vous convaincra de la nécessité d'apporter un prompt remède pour éviter la crise dont nous sommes menacés, et qu'il est urgent d'employer tous les moyens pour empêcher que cette guerre ne s'éternise. Je vois avec peine que, de quelque cêté que je me tourne, je ne suis entouré que .d'aristocratie, surtout depuis Tours et sur toute la rive droite de la Loire.

Je ne puis vous dissimuler que nous devons regarder les rives de ce fleuve comme un des points les plus importants, en ce que les pays qui les envoisinent sont infectés de principes d'aristocratie et que, si nous devons contraindre l'ennemi h faire une trouée , il faut l'obliger de la faire dans les départements où il trouvera moins de ressoiux^es. L'équinoxe doit faire cesser un peu nos inquiétudes sur les rives maritimes, qui sont inabordables dans ce moment; et, en chassant les brigands du cêté de la mer, nous aurons beaucoup moins de risques à courir et eux moins de ressources dans leur fuite.

Voilà, citoyens, quelles sont mes réflexions sur notre position. Prononcez promptement et mettez-moi à même de prouver l'entier dévouement que j'ai pour la chose publique.

Le général en chef, Rossignol.

(Orig., Arch. de la guerre, armée des Côtes de la Rochelle.)

1793 et réintégré le 18 du même mois, employé à Tannée de l'Ouest, démissionnaire le 3o septembre 1 793 , arrêté k Nancy par ordre du Comité de salut public le 98 brumaire an 11 (18 novembre 1793), amené à Paris et emprisonné à TAbbaye, autorisé à prendre sa retraite le 93 nivôse an m (19 janvier 1796), pensionné le 16 germinal (5 avril 1795). Le général Duhoux fut un des chefs des sections royalistes dans rinsurrection du 1 3 vendémiaire an iv (5 octobre 1795). On perd sa trace à

partir de cette époque. Duhoux avait fait les campagnes de Flandre en 1 7 46 et 1 7 & 7 , de Hanovre de 1767 à 1 769 , de Corse en 1 769 et de Pologne en 1771 et 177a. En Vendée il avait été blessé grièvement à TafTaire de Saint-Pierre-de-Ghemillé le 11 avril 1793. (*) Le général Ronsin allait prendre à Paris le commandement de Tannée révolutionnaire. — Cf. dans Savary, II, 189, une lettre 011 le représentant Philippeaux dénonce au Comité les généraux Rossif^nol et Ronsin.

[aS SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 209

a 5 8BPTBMBRB I793.

LES G^NiSrAUX BEAURGARD et FAYART au GOMirtf DB SALUT PUBLIC.

Analyse, — i"" Le gënëral Beaurgard ^'^ écrit de la Rëunion-sur-Oise (Guise) qu'il s'attend k une attaque de la part des Autrichiens. Ses forces consistent en 800 hommes de troupes expérimentées et 1 5o cavaliers. Le surplus est composé de bataillons de nouvelle levée. Beaurgard a formé un camp retranché en avant de la ville pour exercer ces nouvelles troupes. Il redoute une attaque, qu'il ne serait pas en mesure de repousser. Le contingent des districts de Péronne et de Montdidier, arrivé aux postes de Landrecies, a rétrogradé par suite d'une panique. «Je suis parvenu, de concert avec le général Parant ^'^ et le district de Saint- Quentin , par des mesures promptes et fermes , à faire retourner cette colonne fugitive à sa destination. Xes ennemis du bien public avaient aussi sollicité à la désertion des jeunes citoyens réunis dans mon camp. Déjà l'appréhension de la &tigue et les suggestions perfides en avaient fait disparaître un certain nombre. J'en ai fait raser deux solennellement et à la tête du camp. J'ai lieu d'espérer que cet exemple contiendra les autres.» (Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.) — a"" Le général Favart écrit de Lille pour exposer l'état des subsistances de cette place et demander de prompts et importants secours. (Analyse, Arch. de la guerre , corr.gén.)

<** Chtries-Victor Beaurgard, dit Woirgard, né à Metx le 16 octobre 176^, fils d^un ancien militaire, engagé au régiment suisse de Diesbach en août 1789, caporal en juin 17B6, sergent en février 1786, congédié en janvier 1788, lieutenant au i*' bataillon de la Seine -Inférieure le 16 janvier 1 799, adjudantrmajor le 1 6 mars 1799, lieutenant -colonel en second le 10 septembre 1799, général de brigade provisoire le 19 avril 1793, confirmé le 3o du même mois, suspendu le 9 octobre 1793, mis en liberté le 10 août 179a, réintégré et employé à Tarrnée de TOuest le 17 du même mois, réformé le là mai 1795, remis en activité à Tannée de rOuest le 3 1 août 1 796 , destitué le 3o janvier 1796, réintégré le i3 décembre suivant, remis en activité le 3o juillet 1799, réformé le 91 mai 1801, commandant d^armes de la place d'Alexandrie en Piémont le 1 1 février 1809 , réformé le h septembre 1809 , remis en activité le 17 avril

1 809 , commandant d^une brigade de dragons à Tarmée d'Espagne le 19 juin 1809, tué au combat de Valverde, près de Badajoi, 19 février 1810.

<*) Barthélémy -Etienne Parant, né à Lesse (Meurthe) le 96 juillet 1769, soldat au régiment de Foix le i3 juin 1763, caporal le i*' juillet 176/i, sergent le 17 avril 1765, fourrier le 19 mai 1766, adjudant le 1*' juillet 1776, porte-drapeau le 8 avril 1786, lieutenant le 1 6 septembre 1791» capitaine le 19 janvier 1799, général de brigade à Tarmée du Nord le 97 août 1793, général de division le 99 brumaire an u (19 novembre 1793), a cessé ses fonctions le 1 3 thermidor an lu (9 juillet 1795), réformé le 6 fructidor an ni (9 septembre 1796) et retraité le 11 germinal an iv (3i mars 1796), retiré À Saint- Gobain (Aime), mort le 17 février 1817. Le général Parant avait servi à Saint-Domingue de 1 769 à 1 765 et avait fait la campagne de Genève en 1789.

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•210 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [sCsept. 1798.]

GAVRBLLE, a6 SEPTEMBRE 1793.

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