LE G^N^RAL JOURDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE
An quartier général de GavreUe, le 96 septembre 1793, Tan II de la République française, ane et indivisible.
LE CITOYEN JOVHDÀN , oifiitiAL EU CHEF DE L'AMiiE DU NORD, AU MINISTRE DE LA GUERRE,
Je suis arrivé hier au soir, citoyen ministre, et j'ai pris le commandement de l*armëe du Nord. J'y ai trouvé le tout dans un si grand désordre que je ne peux pas encore connaître positivement le nombre des troupes que j'ai à commander, ni les officiers généraux qui sont sous mes ordres. Le citoyen Emouf , chef de Tétat-major, travaille k metb*e de l'ordre dans cette partie et j'espère qu'il y réus^ sira. Je désirerais avoir pour mon adjudant général le citoyen Duchenoy, lieutenant au Q* bataillon de la Haute-Vienne , et qui est mon aide de camp depuis que je suis officier général ^*^; ce jeune homme est du plus grand courage, professe les principes du plus pur républicain et a beaucoup de connaissances. Je vous demanderais pareillement pour aides de camp les citoyens Calate et Dalesme ^*^ ; le premier est capitaine des canonniers au â* bataillon de la Haute- Vienne et n'a pas subi le malheureux sort du bataillon qui a été fait prisonnier au Quesnoy, parce que nos anciens généraux n'ont jamais voulu faire donner des pièces de canon h ce bataillon que j'ai commandé pendant seize mois, et qu'il est resté à Maubeuge employé avec sa compagnie au parc d'aililierie, où il devient inutile, puisque celte compagnie est sous les ordres des officiers d'artillerie du parc; le second, sous-lieutenant du 1*' bataillon des chasseurs du Hainaut, à Jeumont, près Maubeuge. C'est un jeune homme d'un courage rare , qui est frère du citoyen Dalesme , chef du a* bataillon de la Haute- Vienne ^K Je vous observerais qu'il me manque beaucoup d'officiers généraux. J'ai trouvé à l'armée des divisions qui n'ont seulement pas de généraux de brigade. Je vous prie de m'en envoyer t*\ Je vous préviens que plusieurs officiers, nommés généraux dans l'armée des Ardennes, s'adressent à moi pour demander leur destination ^^. Il m'est impossible de la leur fixer, puisque je ne connais pas cette armée ^*^ ; il serait donc h propos de nommer un général en chef à l'armée des Ardennes, qui recevrait toutes ces diverses récla-
(^) On lit en marge ces mots autographes de Bouchotte : «L'ordre est donné d'expédier.»
(>) Bouchotte a écrit en marge : trlls sont expédiés.»
(3) Jean-Baptiste Dalesme, né à Limoges le 90 juin 1763, lieutenant -colonel du 1*' bataillon de la Haute-Vienne le 1 1 octobre 1791, général de brigade le 1 1 septembre 1793, mort à Paris le i3 avril i83a.
(*) Bouchotte a écrit en marge : «rLui envoyer le tableau des officiers généraux du Nord.»
(^) Bouchotte a écrit en marge : «Lui envoyer cehii des Ardennes pour qu^il puisse donner les indications qu^on lui demande.»
^*^ Bouchotte a écrit en marge : «Le renvoyer à la lettre qui lui a été écrite précédemment sur Tarmée des Ardennes.
Le général en chef est Ferrand. »
[aC SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 21 1
mations qui me sont adressées et 'auxquelles il m'est impossible de pouvoir répondre.
JoDRDAlf.
(Orig., Ârch. de la gaerre, armée da Nord.)
DUNKERQCE, 9 6 SEPTEMBRE I793.
LES REPRiSENTANTS TRULLARD ET BERLIER AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Dankerqae, le 96 septembre 1793, Tan n de la République luie et indivisiUo <').
LES REPRÉSENTANTS DV PEUPLE, ENYOTÉS PRÈS L'ÀRMÉE DU NORD, AU COMITÉ DE SALUT PURLIC,
Nous avons reçu aujourd'hui, citoyens collègues, vos trois lettres en date des 19^*^ et 91 ^^ de ce mois. L'avis que vous nous donnez a été par nous aussitôt transmis k un comité de surveillance composé de tout ce qu'il y a de patriotes les plus prononcés et qui veillent avec nous.
La situation de Houchard n'a pas ici produit de sensation désagréable. L'armée est bonne , et la créature de Custine n'est regrettée de personne. H peut encore exister des traîtres , mais le règne de l'idolâtrie est passé et nous devenons de vrais républicains.
Trdllard, t. Bbrlibb. (Orig., Arch. nat., AFii a38.)
GAVRBLLE, 3 6 SEPTEMBRE 1793.
LE divinAh EN CHEF JOURDAK AU G^NiSrAL BÉRU,
Au quartier général de Gavrelle, le 96 septembre 179), Tan n de la République.