LE MINISTRE DE U GUERRE BOUGHOTTE AU G^N^RAL PIGHEGRU
LE MINISTRE DE LÀ GUERRE AU QÉlfiRÀL PICHEQRU , COMMANDANT UARMÛE DO RHIN, AU QUARTIER QÛNiRAL J WISSEMROURQ.
Je VOUS ai envoyé avant-hier, généra, un arrêté du Conseil exécutif, approuvé par ie Comité de salut public , qui vous investit du commandement en chef provisoire de Tannée du Rhin. Je m'attends que vous êtes à Wissembourg et , qu'ayant à votre disposition toutes les forces du Haut et Bas-Rhin, et vous concertant avec le général de Launay, qui commande celle de la Moselle, vous rétablirez bientôt les affaires de la République. La patrie doit espérer que Tesprit qui vous anime fortifiera le courage et la bonne volonté de nos frères d*armes, au lieu de les abattre, ainsi qu*ont fût certains généraux malveillants. Il est temps de purger les armées de tous les officiers suspects; attachez-vous à les découvrir; envoyezm'en les noms ; c'est un devoir de les écarter de Tannée. •
Je vous ai adressé hier un courrier pour faire amener à Paris le général Landremont ^^K
J'ai reçu votre lettre de Blotzheim du 38 septembre. Les bonnes dispositions dans lesquelles vous présumiez que sont les Suisses à notre égard ne peuvent que plaire à des républicains qui voient que ce peuple aime aussi sa liberté ^'^ Cependant il convient d'avoir toujours une certaine méfiance des gouverneurs, tout en se prêtant à entretenir la concorde. Le Conseil exécutif vous a autorisé à nommer cdui des officiers généraux que vous aurez cru le plus en état de vous remplacer sur le Haut-Rhin. Vous lui donnerez vos instructions sur sa condtiite militaire et politique ^*\
Écrivez à tous généraux de division , commandants de camp , cantonnements et places pour leur donner les ordres et Tensemble convenables, pour leur demander tous les rapports et les comprendre dans celui général de l'armée que vous commandez. Chacun n'a que trop voulu avoir son armée à part, et toutes ces petites prétentions ont nui au succès de nos armes. Les forces se sont trouvées trop éparses, tandis qu'en attaquant en masse nous battrons toujours nos ennemis. Qu'ils ne soient point prévenus des mouvements; tâchez au contraire que tout le monde prenne le change sur vos projets; interceptez toute correspondance, toute
(^) Cet ordre ne parvint pas à Pichegm, qui ie dédara dans une lettre adressée au général Garienc de Biotzheim, ie 11 octobre 1793. (Orig., Arch. de ia guerre, armée du Rhin.)
(') Cf. à ce sujet une lettre de Barthélémy au ministre des Affaires étrangères Deforgues, ie aS septembre 1793 (P^ien dé Barthâemy, publiés par Kaulek, III,
79),' et une lettre de Bâcher au même, datée de Bàle, 39 septembre, où ce diplomate raconte qu^il a causé la veille, dans le château de Blotiheim, avec le général Pichegm trde nos relations avec les Suisses et des ménagements qu'elles exigeaient»
(>) Pichegm remit à la fin d^octobre le commandement de la division du Haut- Rhin au générsd de brigade Scherer.
[6 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 259
commanication avec rennemi ; ne recevez point de pariementaires dans les places , ni au quartier général; qu^ils restent aux avant-postes et qne leurs paquets vous soient apportés par des ordonnances; que la police des camps, des lignes et des places s'y fosse exactement et qu'il ne s'y introduise point de gens suspects. En6n âectrisez Tesprit des troupes; donnez-leur confiance dans leur courage, leurs forces, leurs positions, dans le peuple qui est derrière eux et dont ils ne sont que Tavanl-garde , et vous serez étonné vous-même de ce que peut l'amour de la liberté chez des soldats républicains conduits par de véritables sans-culottes.
Je vous envoie un courrier; j'espère qu'il rapportera de bonnes nouvdles. Je suis inquiet, d'après les dernières que j'ai reçues. Mais j'ai confiance dans vos talents et votre patriotisme et dans le sage emploi que vous savez faire de toutes vos ressources. Tâchez de connaître à fond celles de l'ennemi; donnez toute votre attention à bien monter votre espionnage. Si vous avez besoin de fonds, marquezle moi; je vous aiderai en tout. Jusqu'ici l'espionnage, dans la plupart de nos armées, était absolument contre nous et en faveur des ennemis, presque tous nos états-majors étaient gangrenés d'aristocrates, de fédéralistes et d'intrigants. Ayez grand soin de vous bien entourer et de ne confier la partie secrète qu'au plus sévère républicain; enfin ne n^gez rien pour faire triompher promptement la cause de la liberté.
(Arch. de U guerre, année du Rhm,'reg. 47, p. 19.)
LE G^R^RAL JOURDAIf AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
A Arras, ie 6 oetobre 1798 , Tan u de la République.