‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 112 sur 207 · MINISTRE PLENIPOTENTIAIRE DE FRANCE EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

MINISTRE PLENIPOTENTIAIRE DE FRANCE EN ESPAGNE

Bayonne, le 19 octobre 1793, Tan i" de la République.

Les administrateurs des Basses -Pyrénées nous ont communiqué, citoyen, la lettre que vous leur avez écrite de Madrid ie 8 de ce mois et dans laquelle vous manifestez le désir de correspondre avec nous sur la situation actuelle de* ia République française avec la nation espagnole ^^'.

Nous acceptons très volontiers cette correspondance, qui ne peut qu'être avantageuse sous tous les rapports, et dès cet instant, citoyen, elle vous convaincra que les préparatifs dont on s'occupe dans nos déparlements méridionaux sont absolument et purement défensifs^*^

Si Ton nous force à la guerre, nous ia ferons avec courage; mais

(') Le même jour Lacuée informa le ministre que les commissaires faisaient meUre à la disposition du département de Lot-et-Garonne les effets d^équipement militaire qui avaient été envoyés pour le 9* bataillon de ce département.

t*J Jean-François, baron de Bourgoin;;, né à Nevcrs le ao novembre lyAo , premier secrétaire de la légation de France à Madrid de 1777 à 1785, ministre de France en Espagne de 1791 au 33 février 1793, à (iOpenhague de décembre 1799 à i8o3 et à Dresde en 1808, mort à Carisbad (Bobéme) le 90 juillet 1811. — Bourgoing avait adhéré pleinement au gouvernement issu du 10 août. Le h octobre 1799 il avait envové au ministre Le Brun son serment de maintenir la liberté et Tégalité (Arch. des affaires élrangères, Espagne, 633, n* 9 43) et le 18 il s'étiit engagé «rà entretenir trois citoyens soldats tant que la liberté de la République française sera menacée par des ennemis armésn. ( Ibtd» , 63 '1, n" 9. )

î*^ Le 8 octobre 1799 Bourgoing avait écrit de Madrid au ministre Le Brun (Arch. des affaires étrangères, Espagne, 633, n" 953) : «r Je serais au désespoir que Messieurs les commissaires que TAssemblée nationale envoie dans nos départements méridionaux puisassent leurs renseignements sur les forces de TEspagne à des sources suspectes, et ilb croiriez-vous pas convenable. Monsieur, qu^ils correspondissent avec moi , tant que je résiderai auprès de cette cour? Je leur transmettrais toutes les lumières que je pourrais recueillir, et peut-être qu^en nous concertant ainsi nous préviendrions des malentendus qui pourraient amener une rupture aussi contraire à rintérét des deux nations qu^aux vœux des deux gouvernements.»

(*) Cf. sur la situation respective de la France et de TEspagne à cette époque Y Europe et la Révolution françaiêe par Albert Sorel, 3* partie, la guerre aux roi$, p. 1 33 et suiv.

m (X)RRiSP()NDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [«oocr. 179^.)

noim pri*f/*n)ns, nous drsirons la pai\, sans laqiiollo aucun |nmi|iIc nr saurait Mro houroux. oi nous la voulons surtout avoc les FIspaf [nol!i « nn^ anciens alli«*s. Jamais nous m* souffrirons que dos «Hrangors v<Hiill«*nt s*imniiscor dans notre administration ou modilior la liberté et IV|;;»lit«* (|ui forment la basi' de la République française, mais tant qu*unt* nation voisine respectera notre indépendance, loin de nous pemiPttrr d*attaquer la sienne « nous nous fcTons un devoir de la soutenir et notis nous empresserons de resserrer les liens d*amitié et de fraternité (|ui doivent unir tous les |>euples.

Tel est le vœu de la nation française, et tels seront les principes qui guideront invariablement les commissaires de la Convention nationale dans le département des Pyrénées; telles seront aussi sans doutr les instructions que vous recevrex du Cmiseil exécutif. Cesl d*aprf»s cela, citoyen, que vous devex vous-même ré(;;ler votre conduite. Nousi espérons lieaucoup de votre intelligence, de votre sagesse, de votre fraternité, et nous recevrons avec reconnaissance les n^nseignemonl» que vous croirex devoir nous donner sur les dispositions de la cour d*Ks|Migne, ainsi <|ue sur les pn*paratifs militaires.

Ijti commiêsaireê de la Conreniion nationale a t armée des ISfréméeê,

Page 1