‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 13 sur 207 · PHALSBOURG, l5 AOUT lyQâ · texte numérisé non relu

PHALSBOURG, l5 AOUT lyQâ

LES COMMISSAIRES AU PnésiDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE ^^\

Phalsbourg, le i5 août 1799, l'an 1?* de la liberté.

Monsieur le président ,

En arrivant sur le territoire où est campée l'armée du Rhin, vers laquelle nous sommes envoyés par l'Assemblée nationale, nous croyons

t'^ Celle rubrique désigne les pièces dont le texte n*a pas élé retrouvé, mais dont le résumé figure dans des documents manuscrils ou imprimés.

<*) Le même jour Biron écrivit à Kellermann pour se justifier des plaintes que celuici avait faites de sa conduite envers lui. Des aflaircs plus importantes, dit-il, lui font retarder Texplication de sa conduite. «rNous allons avoir aujourd'hui ou demain au plus

tard des commissaires de TAssemblée nationale chargés d'expliquer aux armées les décrets relatifs à la suspension du roi.» Il ajoutait à la fin : «Je vous enverrai une ordonnance dès que les commissaires de l'Assemblée nationale arriveronUr» (Arch. de la guen-e, armée du Rhin, reg. 8, fol. 76.) ^^î La plupart des leUres des commissaires de TAsseniblée nationale à Tannée du Rhin ont été rédigées par Garnot. Dans ses

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lui devoir en peu de mois les observations que nous avons pu faire sur la disposition des esprits dans les contrées que nous avons parcourues, et que peut-être elle regardera comme un présage favorable des résultats dont nous aurons incessamment à lui rendre compte.

Hier soir à 7 heures nous entrâmes à Phalsbourg, 011 il y a i,q5o hommes de garnison, dont la moitié à peu près est du 3' bataillon des gardes volontaires nationaux du département des Vosges ^*\ et l'autre de divers détachements du régiment ci -devant Alsace, do la légion de Kellermann, de l'artillerie et des chasseurs du a* régiment.

Nous nous rendîmes sur-le-champ à la maison commune, où ayant fait prendre connaissance de nos pouvoirs aux olTiciers municipaux , nous les requîmes de réunir sur la place d'armes les gardes nationales de la ville. Nous requîmes également le commandant militaire de rassembler les troupes qui étaient à ses ordres. Un moment après toute la force armée se trouva rangée sur la place; nous y fûmes accompagnés des ofliciers municipaux et d'un grand nombre de citoyens et nous y fîmes la proclamation des décrets de l'Assemblée nationale, rendus à l'occasion des événements du 1 0 de ce mois. Cette lecture fut entendue avec un silence profond et le respect dû aux actes de la première des autorités. Bientôt après des cris mille fois répétés de vive la nation, vivent la liberté et l'égalité, vive l'Assemblée nationale, annoncèrent les sentiments qui affectaient les soldats et tous les citoyens ^^\ Retirés au milieu des acclamations, nous reçûmes les renseignements particuliers que chacun voulut nous donner. Le temps ne nous permet pas d'entrer en détail à ce sujet. Ce matin nous allons à Wissembourg, où est campée l'armée

MémoirÉi »ur Camot, M. Hippolyte Carnot cite à ce sujet le témoignage de Prieur de la Côle-d'Or (t. I, p. 266) : «La mission des représentants s'accomplit donc avec un entier succès. Camot en rendit compte dans une série de lettres au sujet desquelles Tun des commissaires, Prieur de la Côte-d'Or, me dit : Toutes ces lettres sont de votre père , quoiqu'elles portent nos signatures collectives. L'assemblée les envoya par des courriers extraordinaires aux 83 départements pour servir de modèles et d'objets d'émulation. » On verra que Prieur collabora cependant à la rédaction des lettres et dos arrêtés, car plusieurs minutes sont de sa

main. C'est lui d'ailleurs qui fut chargé de présenter le rapport de la mission à l'Assemblée nationale.

(') Ce bataillon avait été formé le 99 août 1791. (Cf. Le» Vdontaire*, par Camille Roussel, p. 3s8.)

^') Dans la séance de l'Assemblée nationale du 19 août 179a, Jean La vigne, député de Lot-et-Garonne, lut une lettre, écrite de Phalsbourg le 17 et conçue en ces termes : «Hier nous est arrivée la nou-' velle des événements du 1 o août et du décret sur la suspension du Roi. Tous les soldats ont crié : Vive la nation. La joie a été complète.» {Mfmitevr, XIII, ^79).

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