‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 135 sur 207 · LES COMMISSAIRES AU MINISTRE DE L'INTERIEUR ROLAND · texte numérisé non relu

LES COMMISSAIRES AU MINISTRE DE L'INTERIEUR ROLAND

Gitoven ministre,

Envoyés par la Convention nationale pour reconnaître par nousmêmes les besoins des départements voisins des Pyrénées, nous avons

^*ï Licuco écrivit à ce sujet, le 3 décembre 1793 , ia leilre suivante au ministre de la guerre (Arcb. de ia guerre, armée des I*)rcnées, reg. C) :

Toulouse, le 3 décembre 179s.

trLcs commissaires de la Convention nationale auprès de Parmce des Pyrénées m^ayant requis de faire préparer un bèpilal dans ia ville de Navarrenx, attendu que celui qui y est est insuilisant, je cliargcai le capitaine Mortel, officier du génie, employé dans cette place, de me faire connaître quel édifice convenait le mieux pour remplir cette réquisition. 11 me désigna un hospice ci-devant occupe par les Capucins. Je vis!Uii cet édifice et je vis qu'en effet il pouvait, sans beaucoup de frais, faire un bon liApital. Je chargeai de nouveau le capitaine Mortel d'examiner cet édifice en détail et de me dire ce que la réparation coûterait. 11 me fit savoir par le colonel directeur du génie Duvignau qu'il estimait que cet objet coulerait environ G,ooo livres.

Il me demanda s'il devait travailler; je répondis que non, que tout au plus on devait y faire les réparations indispensables et nommées locatives. Aujourd'hui on me demande de nouveau ce que l'on doit faire. Je vous prie, citoyen, de me donner vos ordres. Je les transmettrai sans délai. Je dois vous observer qu'il faut un hApital k Navarrenx, que l'hospice est propre à cet effet et qu'avec 6,000 livres vous aurez là un hôpital qui y est nécessaire, si l'on veut conserver cette place; quant aux effets nécessaires au service, ils ne sont pas compris dans la somme de 6,000 livres. J'imagine que l'on pourrait faire cet établissement à meilleur marché, parce que la place de Navarrenx ne pouvant avoir au plus que 1,000 ou i,5oo hommes de garnison, 100 ou i5o lits suffiraient, et qu'on n'aurait pas besoin ainsi de planchéyer la chapelle pour faire une salle au premier étage.

(tJ.-G. Lacdék.t) f*^ Cf. lettre des commissaires, n' 35.

àr>8 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARXOT. [tàmv. ijga.J

déjh fixt^ plusioiirs fois son attontion sur los deux objets qui nous ont paru les plus pressants, los routes et les subsistances. Sans doute vous avez connaissance des observations que nous lui avons faites à ce sujet, mais nous croyons qu'il est nécessaire encore de vous les rappeler.

Les subsistances sont près de manquer dans ces départements, et les routes pour y en amener (en supposant même qu'il s'en trouvât surabondamment dans les contrées voisines) sont absolument impraticables; les secours les plus puissants et les plus prompts sont nécessaires, et les secours doivent <îlre donnés en nature; car l'argent ne sulFirait point pour se» procurer ce qui n'existe pas et ce qu'on ne peut faire amener, (le n'est cjue par la mer (ju'on peut approvisionner les frontières des Pyrénées, et c'est une chose d'autant plus urgente qu'un rassemblement considérable de troupes devant avoir lieu dans peu sur les mêmes frontières, et les volontaires nationaux achetant leur pain chez les boulangers, comme les autres citoyens, le pays, qui est déjîi près de la disette, se trouverait bientôt dans la plus affreuse détresse.

Les routes et notamment celles qui partent de Bayonne, soit pour aller en Espagne p«ir Saint-Jean-Pied-de-Port, soit pour revenir dans l'intérieur par Pau ou par le département des Landes, sont absolument hors d'état de supporter l(»s transports de vivres et d'artillerie que pourrait exiger une guerre prochaine. Nous vous engageons donc, citoyen ministre, à prendre ces objets importants dans la plus haute et la plus sérieuse considération; ils intéressent puissiimment le salut de la République ^'l

Les commissaires de la Conrenllan nationale,

Page 1