L. (Iarnot, (iarrau, F. Lamarqub
(Copie» Arch. nnt., DXIi 98.)
TARDKS, l4 MOVEMBRK «79*?.
L'ADJUDANT GKNKRAL LACl KR W MIMSTRK DE LA GLERRE.
Tnrbeii, ih notembre 1799.
Ciloven niiiiislro,
J'ai rhonnour de vous adresser un état de rartillerie et des munitions de guerre que les ronunissaires de la Convention nationale ont dressé, de concert avec moi, de l'arlillorie nécessaire h Tarmée des Pvréiiées. Les commissaires, jaloux de nictlre la l\éj)ubli(iue en iHat de faire une {jucrre glorieuse ou une paix
tO Cf. la réponso du iiiinislre Roland à la date du 39 novombrc 179!!.
[lit Nov. 179a.] MISvSION À BAYONAE ET DANS LES PYRÉNÉES. 259
honorable, ne se sont pas bornes a dresser des (^tats; ils ont a^i avec une grande activité |K)ur assurei* le rassemblement de œtte artillerie et alhfger ainsi nos travaux. Je vais, citoyen, vous retracer sommairement ce qui a éié fait, afin que vous puissiez avec plus de facilil»' jugej* de ce ijui reste à faire et des moyens à employer pour y parvenir. Les commissaires ont eu constamment en vue de procurer h cette frontière un train d artillerie formidable et indépendant de ceiui des autres armées; et je pense que votre opinion sera la m^me, car elle est sage et entre dans les projets de la Convention nationale.
J'ai achète^ en vertu des rifcjuisitions de la Convention nationale, ^9 milliers de cuivre rouge (jui ont t-tt» envoyc'S h Rochefort.
J'ai fait tran8j)orter dans la môme ville, en vertu d'une autre réquisition, tout le bronze hors de service et tout le vieux bronze appartenant h TÉtat qui s'est trouvé dans ces contrées.
I>es commissaires ont requis qu'il fut formé a Bayonne un atelier pour la confection des affûts et caissons.
Les commissaires ont enfin envoyé à Rochefort des commissaires pour traiter de Tachât de 16 pièces de 8 et pour la confection d environ 100 pièces de h.
lie compte sommaire que les commissaires envoyés à Rochefort vous ont rendu et dont ils m'ont envoyé copie ayant prouvé aux députés de la Convention qu'ils avaient trop espi'ré de Rochefort , ils m'ont chargé de vous communiquer leur opinion sur la manière de suppléer l\ ce déficit.
Les 1 1 5 pièces de /i pourraient être tirées des villes de Paris et de Bordeaux , en s'occupant sans nul délai a faire remplacer les canons qu'on tirerait de ces villes. 11 a été fondu à Paris 80 j)ièce8 de li dont cette ville n'a plus besoin, et la ville de Bordeaux céderait sans doute pour quelc|ues instants 4es a 4 pièces dont elle vient de se pourvoir; ce qui manquerait pour compléter le nombre pourrait sortir de la fonderie de Rochefort.
Les 45 pièces de 8 poiu'raient être fournies par Paris et Rochefort, savoir i3 déjà existantes a Paris, 16 qui sont a Rochefort et 16 qu'on pourrait aisément fondre h Rochefort ou dans une autre fonderie voisine telle que Toulon.
S'il se trouvait de la difiiculté h avoir des pièces de 1 tj , il faudrait bien encore se résoudre a les tirer du Midi ou du Nord; car il n'en est point sur cette frontière qui soit disponible.
Quant aux j)ièces de 16 pour l'équipage de siège, elles pourraient être reinplacres par des pièces do 18 venues aussi de Rochefort et actuellement h Paris.
Tout ce qui est h Paris j)ourrait descendre la Seine et être embarqué au Hlivre ou pour Port-Vendi*es , ou pour Rochefort ou pour Bayonne, d'après les plans formés par le général et par le ministre.
Quant aux affûts et caissons, la ville de Nantes, secondée par les villes de Bordeaux et Bayonne , pourrait sulïire à les construire.
Pour assurer ces travaux il faudrait :
1" Demander au ministre de la marine les 16 pièces de 8 qui sont h Rochefort et les 1 3 qui sont à Paris.
•j»" Demander au mémo ministre (pi'il fasse établir a Rochefort une seconde mnciiine à tour ot le fourneau de 1 û milliers dont la reconstruction a été ordonnée.
260 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i5 kov. 179».]
3"* Faire passer dans cette fonderie tons les ouvriers qui lui sont ndœnaires.
6* Envoyer h Bordeaux un oflicicr et à ouvriers pour diriger les ouvrier* externes qu'on y rassemblera pour la construction des alTAts et caisscNSs : finre partir de suite l'oflicicr pour les approvisionnements.
5* Envoyer h Rayonne la demi -compagnie d ouvriers qui a été demandée; faire partir les olBciers pour Tapprovisionnement
Dans le cas ou le ministre de la marine ne pourrait point cMer les n** 1 et 9 , alors il faudrait, sans nul d<^lai, faire rétablir la fonderie de Perpignan, on mieox encore celle de Narl)onnc, et faire Iransporter dans lune de ces villes le enivre que l'on rient de transporter h Rocbefort.
Vous voyez , citoyen . qu'en vrai n^publicain je m'occupe de tout ce qui peut assurer h ma pairie une {glorieuse ind(^pendance , et qu'en ne voulant point diminuer les moyens du Nonl et du Midi , j*ai voulu cr^r pour les Pyn^nt^ une artillerie h elles. Vous qui voyez de plus haut que moi et 'qui avez Tensemble de l'État sous les yeux, vous pourrez, je l'espère, sans autant de difficulté parvenir au but; mais j'espère que vous ne me saurez pas mauvais grë d'avoir essayé d'en approcher.
(Areh. de la guerre, armée des Pyrénées, rrg. de corr. de Lienée.)
3â. TARBBS, l5 nOVEMBRE lyQ^- LES COHMISSAIRES À LA CONTERTIOII.
Analyse. — Compte rendu de leur mission sur toute la frontière jusqu'aux Pyréftées.
(Mentionnée par les commissaires dans leor lettre dn i5 novembre ta dmité de pondance.)
35. TAREES, l5 NOVEMBRE lyQS- LES COMMISSAIRES AU COMITE DE CORRESPONDANCE DE LA GONVENTIOFI.
Tarbos, le i5 novembre 1799 « Tan i" de la Rëpubli<{ne.
Citoyens nos collègues,
Vous trouverez ci-inclus les coUationnés de deux lettres que nous avons écrites , Tune au ministre de l'intérieur, et Tautre à celui de la guerre; elles sont relatives à certains objets très pressants de notre mission. Vous voudrez bien les faire parvenir aux comités qu'elles regardent, afin que s'il prend envie aux commis des ministres de les laisser ensevelir dans les bureaux, on puisse les rappeler à leurs .devoirs et les faire punir de leur négligence.
Nous venons de parcourir toute la frontière depuis Bayonne jusqu'à
[i5 Nov. 179a.] mSSlON À BAYONNE ET DANS LES PYRÉNÉES. 261
Barèges; nous en rendons compte à la Convention nationale par co même courrier.
Nous avons vu les villes de Saint-Jean-Pied-de-Port, Saint-Palais, Navarrenx, Mauléon, Oloron, Pau, Lourdes et Bagnères; partout nous y avons trouvé l'esprit public à la hauteur de la Révolution et la grande majorité des habitants prête à repousser vigoureusement les Espagnols. Nous nous en référons au reste à ce que nous vous avons écrit par notre dernière.
Les commissaires de la Convenùon nationale aux frontières des Pyrénées,