L'ADJLDANT GENERAL LACLEE AU MINISTRE DE LA GUERRE
Toulouse, le aa novembre 179a, Kan 1" de la Acpubliqne.
Ciloven ministre.
Vous serez sans doule aussi peiné (pie je le suis de la r/solulion qu'ont prise les commissaires de la Convention nalionaic de ne point aller jus:jirà Perpignan avant d'avoir reru de nouveaux ordres de la Convention. Ils ont fait tant de sages opérations, ils ont tellement donné d'activité h la machine (ju'ils ont cré/e, que nous aurions pu espérer avoir avant trois mois une armée or[janiséc. Je sens bien qu'il aurait pu y avoir quelques doubles emjdois, mais on ne peut guère pécher, en ce genre, dans un pays où sous le rapport militaire tout est ù créer. H en aurait sans doule coûté quelque argent de plus a la nation, mais doit-on jwusser le calcul a Textréme lorsqu'on veut conquérir et conserver sa liberté? 11 y a trois jours j'aurais parié que l'armée des Pyrénées serait la mieux en état de faire la guerre, quant au matériel; aujourd'hui je ne puis soutenir la même opinion.
'•' Les commissaires prolongeront jus- ^'^ En marge de ceUe leUre on lit :
qu^au milieu de décembre leur séjour à rr Renvoyé au comité des correspondances
Touloase et ne rentrèrent à Paris que (l:ins et pétitions le 37 novembre de Tan 1" de
la seconde semaine de janvier 1793. la République. B. Barkre, secrétaire.»
272 CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. [aa nov. 179a.]
Vous ir<îles pas. vous, citoyen, invesl^de loulc i'aulorit.^ ncfcessaîre; votre intention est nécessairement absorWe par d'autres intérêts, et, ce qui est bien plus important, vous ne voyez pas par vos yeux et vous êtes très loin. Eux pouvaient tout, ils faisaient de cet'e armée leur affaire principale; ils voyaient tout et décidaient à propos, car ils voyaient et connaissaient les localitt^s. Je vous engage donc, citoyen ministre, au nom du bien public que vous aimez, de faire vos efforts afin que la Convention déclare par un décret qu'elle n*a point entendu connprendre les commissaires de Tarméc des Pyrénées dans la prohibition qu^tis ont faite de tirer des ordonnances ou plutôt d'ordonner des dépenses : cette exception me paraît d'autant plus naturelle que ces citoyens sont venus non pour inspecter, mais pour créer.
J'espère, citoyen ministre, que vous verrez «lans ma prière le désir que j'ai comme Français de pouvoir obliger l'Espagne à se décider h reconnaître notre indépendance et à nous faire jouir des droits que les anciens traités nous assuraient ^'^
L'adjudant général de l'armée des Pyrénées,
J.-G. Lacui^b.
(Orig. aul., Arcli. de la guerre, armée des PyréinJcs.)