L. Carnot
é€LAlRClSSBME^TS DEVAyDËSÀ LUDMIMSTBATWy PAB LE CITOTBK LBGISLATBVn CAJUTOT.
Depuis l'organisation des pouvoirs constitués, aucun n*a rendu ses comptes.
Le déparlement, ayant épuisé depuis longtemps les sols addition-
^" Cf. la n^ponso du ronsoil gônéral du Goi-s à la d.ttc du 21 «bVonibrc 1703.
[lo Die. 1793.] MISSION À BAYONNE ET DANS LES PYRÉNÉES. 287
nels de 1791,0 dépensé plus de cent mille écus sur les sols futurs de 1793 et 1793 dont les rôles ne sont pas encore faits, et il vient d'entamer les sols de 17 9/1.
Aucuns travaux pul)lics ne se font; on laisse dépérir honteusement des ouvrages qui ont ruiné les communes qui les ont fait faire sous l'ancien diocèse, et dans deux ou trois ans, faute d'entretien, les ouvrages seront ruinés sans retour.
La municipalité a revendu les biens nationaux qu'elle avait achetés par un décret ; elle a fait verser dans la caisse les acomptes payés par les acquéreurs, a dépensé ces sommes, n'en a rendu aucun compte et n'en a rien versé dans la caisse du district, ainsi qu'elle était tenue de le faire aux termes de la loi.
Il n'a été remis à la caisse du district que vingt-cinq ou vingt-six petites têtes de diamant, provenant des sacristies des églises supprimées. Cependant il est notoire que plusieurs églises étaient richement pourvues de pierreries. L'église métropolitaine ^^^ possédait une grande croix de vermeil toute recouverte d'émeraudes, de turquoises, de grenats, de vermeilles, d'améthystes, et peut-être d'autres pierres encore plus précieuses.
Dans la même église, le buste d'argent de saint Etienne en était aussi recouvert : on gardait à la sacristie un magnifique saphir monté sur un anneau qui avait appartenu à saint Louis et un rubis donné pat* feu Montchal , archevêque ^-\
Aux Dominicains^;'*^ une vierge d'argent, dont les carnations étaient émaillées , avec la ceinture de rubis , le collier de diamants , et des bagues de diamants, qui avaient été données, étaient attachées à la couronne.
^*^ En 1774 le Guide royal de Denis (l. II, p. 639) parlait en ces termes de celle cgiise : rr L'église métropolitaine de Saint-Etienne ne le céderait à aucune autre , si elle était achevée. Le chœur est très beau. Le maître autel est du dessin de Gervais Drouet, qui a fait lui-même les figures du lapidement de Saint-Etienne en 1670. On y voit aussi la chaire où saint Bernard et saint Dominique ont prêché. Lu cloche appelée CardiUac prse cinquante mille. Elle fut donnée par Jean de Cardillac, patriarche d'Alexandrie, qui mourut en 1890.?»
^'> Charles de Montchal , né à Annonay (Ardèche) en 1589, archevêque de Toulouse (1697-1651), mort à Carcassonne le 9 9 août i65i. Il a laissé des Mémoire»,
^') On lit dans le Guide royal de Denis : rrLe couvent des Dominicains est le plus ancien et un des plus considérables de tout Tordre. H fut fondé par saint Dominique en 19 16. On y voit une châsse de vermeil d'une grande richesse et d'un ouvrage parfait. Elle renferme le corps de saint Thomas d'Aquin. Le chef de ce saint est dans la sacrisfie.»
288 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. ho d^. 179a.]
Plusieurs bagues de diamants étaient suspendues au col du buste de saint Thomas d'Aquin.
Enfin une riche bague de diamants jaunes était attachée à la croix d'un bel ostensoir de vermeil.
Dans d'autres églises ^^^ il y en avait aussi; tout a disparu, rien n'a été déposé dans la caisse du district, conune le veut la loi.
Tous les ornements, dont une grande quantité très riche, tout le linge, toute l'argenterie des couvents et églises supprimés ont été portés au dépôt à la municipalité, sans inventaire, sans chargement, et y ont resté un temps très considérable : et comme les premiers inventaires dressés d'abord par la municipalité étaient très inexacts et superficiels; que les récolements faits par les commissaires des districts étaient infiniment plus étendus, on assure qu'il ne reste aucune trace ni des uns, ni des autres.
La vérité veut qu'on dise qui a donné de l'argenterie ainsi que des ornements et du linge à plusieurs paroisses de la ville et de la cam* pagne.
La dilapidation des bibliothèques, tableaux des églises et estampes précieuses des couvents, surtout des Chartreux, n'a pas été moindre; il est prétendu qu'un oiiicier municipal a fait voiturer chez lui, de nuit, une quantité immense de livres provenant des Chartreux, et le sieur Baziége, orfèvre, ainsi que ses voisins pourraient donner les renseignements les plus positifs sur ce fiiit.
On pourrait en obtenir aussi de précieux d'un cordonnier logé dans le collège de Foix. Toujours est-il vrai que lors, de ces expéditions, le sieur Philippe, grelller dans les bureaux de la municipalité, voiturait, en plein jour, les ouvrages les plus précieux, qu'il les montrait dans les bureaux et disait que les officiers municipaux les lui avaient donnés : dans ce nombre d'ouvrages étaient les Fèics de Cochiu ^'^\
l*) Toulouse possédait, outre les e'/jlises mcntionncos plus linut, celles de Saint* Semin et des Cordeliors,
t*) 11 s'agit vrai^^euihlahloment des cinq planches dessinées par Charles-Nicolas Cochin en 17^5 à Toccasion du maria|Te du dauphin de France, fils de Louis XV, avec rinfantc d'Espa(jne, ccléhrc à Vei"sailles le a 3 février 17A5, et qui sont connues sous
le nom de Cérémonie du mariage, Décoratiom de la salle de Mpectacby Décoration du bal paré y Décoration du bal nuuqné, et BUiet de bal paré. (Cf. Catalogué de finure de Ch,-i\ic, CochinJilM, par Chaiies- Antoine Jonihert, Paris, 1770, in-8%n'* ia3 à 1 ^7.) Les cuivres de ces planches, considérée! comme Tœuvrc capitale de Gochin » existent encore à la Chalcof];raphie du Louvre.