‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 164 sur 207 · CARNOT ASSISTE A UNE REPRESENTATION THÉÂTRALE · texte numérisé non relu

CARNOT ASSISTE A UNE REPRESENTATION THÉÂTRALE

Le général Scrvan vint avant-hier avec son état-major au spectacle. 11 y fut reçu avec la reconnaissance due à l'homme qui , après avoir pendant son ministère prë-

{') Cf. sur le ministre Pache , dont Carnot Pache ne pardonna jamais à Carnot d'avoir,

et I^cuee se plaignent si amèrement, par ses critiques , amène son remplacement

Jemappei, par M. A. ('liuquot, et la Guerre au ministère de la jruerrc et il l'attaqua

aux rois, par M. Albert Sorel. D'autre part vivement dins sa brochure Sur Ut-faction*

il faut noter que Parbc a trouve dans «(/«paWw, publiée en Tan? et réimprimée

(jcorges Avenel un liislorion très favorable. 'dans la Révolution française ,\., XX, p. a53«

[i3 DEC. 1793.] MISSION À BAYOïNNE ET DANS LES PYRÉNÉES. 307

paré la RépubKque dans sa patrie, va faire germer la liberté chez des voisins subjugués par le despotisme royal et sacerdotal. Au milieu dun ballet patriotique, exécuté au son des airs les plus chéris des Français, on planta l'arbre de la liberté. A la vue de cet arbre auguste, tous les cœurs furent remplis de celte ivresse qu'il est si doux d'éprouver et si difficile de peindre. Des acclamations vives, des applaudissements universels , les élans du plus ardent patriotisme signalèrent son inauguration. Après plusieurs danses et des évolutions militaires, on chanta les couplets suivanLs, dont le puldic répétait les refrains avec une effusion touchante qui aurait électrisé les cœure les plus glacés :

Sur Tair de la Carmagnole.

Tous les Liégeois sont nos amis, Dumouriez purge leur pays.

Tous prennent à la fois La cocarde et nos lois.

Dansons la Carmagnole, Vive le son (6i«) Du canon.

Le Hollandais rit cette fois Car le stalhouder est aux abois.

Bientôt il s*en ira

Voir à Batavia

Danser la Carmagnole, etc.

Charles de Naple et Pie VI, De Venise jusqu'à Cadix ,

On va voir tous les rois

Détrônes à la fob,

Danser la Carmagnole, etc.

Le grand inquisiteur attend Notre sans-culotte Servan

Qui Tendoclrincra

Et bientôt lui fera

Danser la Carmagnole, etc.

Brave homme, TEspagne à la voix Prendra Tégalité des droits ;

Tous la méditeront

Et bientôt ils sauront

Danser la Carmagnole, $tc.

Ne prends à ce peuple ignorant

Que ses croix et ses saints d'argent , '

Fais aux moines tondus

Autour de leurs af^nut

Danser la Carmagnole, etc.

308 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i3 déc. 1792.]

De tous ces braves que voilà »

Amis, Laclos s'en va déjà;

li va au delà les mers

Faire aux peuples divers

Danser la Carmajnolc ^^\ etc.

Il est auteur, guerrier, français.

Que de titres à nos re[jret« !

Partout on Taimera,

Car partout il fera

Danser la Carma^ole, etc.

Le citoyen More chanta :

J*ai parmi tous c-es généraux Un pays cher aux Provençaux,

Le brave Dubouquel^'^

Que Ton aime et qui sait

Danser la Carmagnole, etc.

Le citoyen Desbarreaux ^^^ auteur de ces couplets, ayant aperçu dans une loge le citoyen Carnot, dt^putë de la Convention nationale, lui présenta une branche de Tarbre de la lil)erté, en lui adressant, sur le ton ferme et (ier d'un rc^publicain , le discoui's suivant, qui contient h la fois un hommage flatteur et Texpression fidèle des sentiments qui animent nos compatriotes :

ff Citoyen repri^cntant du peuple, nous ne vous offrons pas de couronnes civi(|ues; le mot de couronne est h jamais proscrit de notre vocabulaire. Recevez ces sim])lcs branches de Tarbre de la patrie; ce sont ceux qui la servent comme vous (pii doivent en être décorés. Apprenez à la diète auguste dont vous «Hcs membre qu'il est (|uelques vertus patrioti(|ues dans les régions méridionales qui avoisincnt nos frontières: que la pliilosopliie marche a pas de géant dans un pays où elle se cacha lant que la supei*sliliou le couvrit de son cn^pe funèbre. Veuillez l'instruire de notre idolAlrie pour régalil(î des droits et pour la liberté; dites-lui que nous aussi nous jurons d'obéir aux lois , que coHos que vos collègues et vous nous ferez sont pour nous des lois saintes et que les Pynfnées sont les thermopyles ou, s'il le faut, nous mourrons en les défendant."

(Bibl. de Toulouse, Journal universel et impartial du département de la Ilaute-Oaronne , n* ioo, i5 décembre 1793.)

^*î Choderlos de Laclos avait été nommé (Arch. de la guerre, armée des Pyrénées,

par le constùl exérutif gouverneur général reg. D.)

de tous les établissements français au delà (^) Ijc général Dubou(|uet était ne à

du cap de Bonne-Espérance et il avait an- Cucuron (Vaucluse).

nonce celte nouvelle et fait ses adieux à la (^) Probablement le père du docteur

Société des Amis de la lU)crté de Ton- Desharreaux-Bemanl , érudit et bibliopliile

louse par une lettre du 10 décembre 179a. toulousain.

[i5 Dtc. lyoa.J MISSION À BAYONNE ET DANS LES PYRÉNÉES. 309

l5 DÉCEMBRE 1793

CONSEIL DE GUERRE TENU PAR LE G^Nl^RAL SERVAN. Du i5 décembre 1793, Tan i de la Répablique française.

Kn vertu d'un ordre du gênerai Servan , les lieulenanls gënéraux Duverger ^*' el Dul)ouquet, le uiarëchal de camp Nucë^*', les adjudants généraux Lacuée et Fonlenille ^^\ les adjoints Ducassc ^*\ Jouye, Mayer, Jouffre, Marchais ^'', G. Lacuëe et ring(*nieur-g(?ograpbe Carbon, tous officiers attachas à Tc^tat-major de Tarmëe des Pyrém'cs, se sont rassembles à six lieures du soir, cliez le général de ladite armée.

J.-G. Lacuée, adjudant général, chef de l'état-major, a obtenu la parole et a fait un rap|K)rt sur le nond)re des troupes do Tarmée des Pyrénées , sur leur composition, leur instruction, leur armement, leur babillement, sur Tartillerie personnelle et malérieile, ainsi que sur les munitions de guerre et de bouche.

Après avoir ainsi ex|>osé la situation actuelle de Tannée des Pyrénées, il a paHë i\o ses besoins, du nombre de trou|>es cpi^il faudrait, des fonds et des approvisionnements de toute espèce qui leur seraient nécessaires : il a attribué au décret

('^ Josopli Duvor|jor, iiô à Ascain ( Basses- Pvréiicos) en décoin!)rc 1730, volontaire (MI 17'!??, iTinrci'hal des lofjis en 17^1^1, rorncHc ot lioulenant en 17^16, capitaine le fîG août 17 '17, réformé en 17 '19, rentré au senice le i*'a>ril i7r)7, chef d'escadron au 8* chasseurs le 1.5 mai 1788, lieutenantcolonel au 7* dra|»ons le 95 juillet 1791, colonel (lu G' réjjinn'nl de cavalerie le a juin 179^^, uiaréchal de camp le 1" septembre 1 79'î , lieutenant |]^énéral le 8 octobre 1 799, relrailé le 9 juillet 179'!, mort à Rayonne le 17 thermidor an vni (5 août 1800).

t*) Léopold-Marie-Joseph de Nucé, né à lu'ipruck (Tyrol) le na juillet 17A0, souslieuleii.int au service de France le 29 avril 176/1, lieutemnl le 5 avril 1766, capitaine le 6 juin 178/1, lieutenant-colonel du 101' ré^jiment le i3 avril 1799, colonel provisoire le 19 août 1799, maréchal de camp le 9 0 septembre 1799, suspendu de ses fonctions le 7 août 1798, réinlé(jré dans son grade et nommé commandant à Bruxelhîs le 10 brumaire an iv (i" novembre 1790], retraité en 1801.

(3) Pierre- Jean- Bapliste I^coste Fonlenille, cadel-genLilhomme dans le régiment de Vermandois le i5 mai 1777, sous-lieutenant le 99 mars 1779» lieutenant le 97 septembre 1789, capitaine le «3 mars

1799, adjudant général lieutenant-colonel le 9 juin 1799 et colonel le 3 septembre 1799, général de brigade le 95 prairial an ni (i3 juin 1795).

^*) Jacques-Nicolas, dit Xavier Ducasse, né à Bayonne le 9/1 juillet 1771, souslicutcnant le i5 septembre 1791, lieutenant adjoint aux adjudants généraux le 90 octobre 1799, capitiine le 95 juillet 1793, chef de bataillon le ]5 prairial an ni (3 juin 179/1), chef de brigade le 95 du même mois (i3 juin), chevalier de la Légion d'honneur le 4 février 180/1, oflicier le 1 /i juin 1 80/1 , chef de la première division du ministère de la guerre du roi de Westphalie du 3 janvier 1811 au 1 3 juin i8i9,cbef dVtat-major du maréchal Augereau le 7 janvier 181 4, général de brigade le 3 mars 181 A, commandeur de la Légion d'honneur le 9 novembre 181 A, baron en 1890, grand oflicier de la Légion d'honneur le 1" mars 1891, retraité le 1*' mai i839, mort à Bayonne le 99 mars i83G.

(^) Edme- Louis -Pierre Marchais, né à Paris le ]5 mai 1760, garde du corps du comte d'Artois le i" septembre 1777, souslieutenant le ûh septembre 1784, lieutenant en second le h mai 1786, lieutenant adjoint aux adjudants généraux en 1799.

310 CORni:SPOM)ANCE CÎKNKIIALH DE CARNOT. [i5 déc. 1799.]

(lu i5 novonibro, c[ui a mis des obstacles au zèle des commissaires de la Convention nationale, le dënùment dans lequel Tarmëe se trouve.

11 a parl(^ ensuite des places et des fortifications et cantonnements; il a dit ce qu'elles dtaient, ce qu il faudrait cjii Viles fussent, et la manière de les mettre dans cet dtat.

Après ce rapport, le génc^ral Servan a demande si, comme Lacuëe, le conseil pensait que les troupes, formant Tarmt^e des Pyri^nëes, dussent être port^ au nombre de 60,000 h 65, 000 liommes? Tous les membres, qui ont pris la parole, ont pensé comme l'adjudant général que Tarmée devait être portée k ce nombre, parce que si nous attaquons par deux points, il faut 3o,ooo hommes de chaque côté au moins , que si au contraire nous n'attaquons que d'un seul côté il faut /40,ooo hommes pour le côté où nous agirons, i5,ooo pour l'autre et 10,000 pour couvrir notre ligne d'opération.

Le conseil déterminé par ces raisons a unanimement délibéré qu'il serait demandé au ministre de porter l'armée des Pyrénées à 60,000 hommes au moins.

Quant à la force de l'artiUerie matérielle , le conseil a délibéré qu'il s'en tenait h l'état fourni au ministre par le colonel de l'artillerie et dont l'envoi avait été précédemment fait par le chef d'étal-major de l'armée.

Dans le cours de la discussion, on avait dit qu'il ne faudrait entrer en Espagne que vers le mois de septembre. Jouye s'est élevé contre cette opinion; il a demande qui est-ce qui pouvait donc empêcher l'invasion pour le mois de mai. Sont-ce les armées ou les subsistances, rrcar je ne pense pas, a-t-il dit, que l'on puisse être embarrassé pour le rassemblement des hommes , et la campagne que nous avons faite dans le Nord nous a fait voir ce que peut l'énergie du peuple français. ?»

L'on a répliqué que les raisons militaires étaient très fortes et que les raisons {)olitiques l'étaient encore davantage ; nous ne pouvons penser, a-tnon dit, que la guerre soit finie avec le Nord; il est h présumer au contraire que les puissances dont nous avons dispersé les armées se rallieront et feront de grands efforts pour la campagne prochaine. Si alors nous avons encore des succès , nous entrerons en Espagne avec bien plus de sûreté, pai*ce que cette nation sera mûrie à la liberté; si au contraire nous éprouvons des revers, si l'Angleterre se déclare contre nous, si nous sommes attaqués du côté des Alpes, alors l'armée qui sera ici sera du plus grand secoui*s et pourra aider les autres armées h repousser les ennemis de notre liberté.

D'ailleurs, a-t-on ajouté, les subsistances nous arrêteraient infailliblement; la disette des grains ne nous permet pas d'en espérer de l'intérieur de la France; rEs|)agne et l'Angleterre ne veulent plus en fournir; la Barbarie et la Sicile ne le peuvent point, parce que leur récolte a été médiocre ; nous ne pouvons en espérer (lue de r\méri(jue septentrionale, et ce n'est qu'au mois de mai qu'ils peuvent arriver- Ces raisons ont satisfait le conseil, mais il a pensé qu'il n'était pas encore temps d'entrer dans ces détails avec le ministre.

IjC général a dit ensuite que le ministre de la guerre, pensant qu'il faudrait attaquer sur deux j)oints, lui avait écrit de disposer ses troupes en conséquence (il de porter l'année sur Rayonne et sur Perpignan, rr Je ne discuterai point à cette heure, a ajouté le général, quelle est la meilleure manière d'attaquer, mais

[i5 DEC. i79i.J MISSION À BAYONiNE ET DANS LES PYRÉNÉES. 311

je pense qu'il faut que l'Espagne ignore absolument notre projet, et que nous devons en conséquence canlonner et n^partir nos troupes sur une ligne, depuis Lunel jusqu'à Pau. n Le conseil a adopte cette proposition et a dëlibërë qu'elle sera coinmuniqu<^e au ministre avec ses développements.

Après avoir fait sentir la nécessité de renvoyer les soldats h qui l'âge trop tendre ou trop avancé ne permet plus de servir, ceux qui ne veulent [wint continuer leur service ou qui s'en sont rendus indignes par leur insubordination ou l'esprit agitateur dont ils sont animés, le général a demandé quelle était la meilleure manière d'opérer ce renvoi. Rétablir les conseils de discipline , améliorer la manière de les former et leur donner le [wuvoir de renvoyer les soldats, tel a été l'avis unanime du conseil : le général a été prié d'en référer au ministre ou au comité de la guerre.

Sur la ])roposition du général , le conseil a encore délibéré d'écrire au ministre pour qu'il fît fournir aux troupes de ligne la viande, et aux volontaires le pain et la viande, sous une retenue mesurée pour celles de ces troupes qui ne seraient déclarées en cantonnements ou qui ne seraient pas campées sur le territoire étranger.

Le conseil , délibérant ensuite sur la manière de coucher les soldats dans les quartiers et cantonnements, a reconnu que les lits manquaient et a conclu ([ue l'on demanderait au ministre d'en faire fournir des demi-fournitures pour les trouj)es, (|ui sont placées depuis Lunel jusqu'à Pau, et que cependant les fournitures de liU ordonnées à Carcassonne par les commissaires de la Convention nationale seront continuées, en observant de faire servir pour les hôpitaux, si cela était nécessaire, les matelas de ces fournitures.

I^e conseil déhbérant sur la nécessité d'établir un hôpital dans lequel les malades des cantonnements pussent (ître reçus et particulièrement ceux de Perpignan, on a arrêté (]ue le ministre serait prié de placer sans délai ces établissements à Béziers.

11 a encore été arrêta que jusqu'au moment où le ministre aura prononcé, il sera accordé, a titre d'acompte, un traitement de 200 livres par mois aux adjoints de l'élat-major.

Le conseil a ensuite arrêté que les rations de fourrages seraient payées de 3o à ho sols, suivant le prix proposé par la régie, et qu'il en serait écrit au ministre de la guerre.

Fait et ari'êté au conseil de guerre les mêmes jour, mois et an que dessus :

Servân, Ddverger, Dcbouquet, Nuci, J.-(î. Lâcgéb,

FONTENILLE, DoCASSE , JoDYE , MâYZR , JoOPFRE ,

MARcnAis, G. Lacdée et Carbon.

Pour copie conforme à Toriginal :

L'adjudant général chef de VéiaUmajor, J.-G. Lac(£E.

(Copie certifiée par Lacuée, Arcli. de la guerre, armée des Pyrénées. )

CORKKSPONDANCE (ÎENKIIALE DE GARNOT. [16 aéc. lyga.J

49, TOULOUSE, VERS LE l5 oécEMBRE I799. OARNOT À LA CONVENTION NATIONALE.

Analyse. — Détails sur les approvisionnements militaires ^^K

(Séance de la CoiiTention du aa décembre 179a, /ouma/ deê Débati, n" g5, p. 873.)

TOULOUSE, iG DÉCEMBRE 179». ORDRE DU GÉNÉRAL SERYAN.

«G décembre 1799.

En consëqucncc de la rëquisilion des commissaires de la Convention nationale à l'annëe des Pyrëndes , qui suspend do ses fonctions le â* lieutenant-colonel du 3* bataillon de la Ilaute-Vicnne , il sera procëdd à l élection du nouveau second lieutenant-colonel en présence du lieatenant gênerai Dubouquet.

Jo. Servan.

(Arch. de la guerre, armée des Pyrénées, reg. E, p. 1.)

<') Celte lettre fut renvoyée au comité de la (juerro , qui prit à ce sujet , le 2 9 décembre 1793, la délibération suivante ( Procès-verbal auto^aplicde Chateauneuf-Randon, Arch. naU, AFii lA, 45) : <rll a été fait lecture des dépécbes des commissaires de la Convention dans les Pyrénées, qui avaient été renvoyées ce matin par la Convention pour en faire le rapport séance tenante. Le citoyen Gillot, membre da comité (les finances, a été charj^é de faire le rapport et de proposer à la Convention de décn'îter que le ministre sera tenu de faire payer toutes les ordonnances qui ont été tirées par les commissaires pour la défense des frontières des Pyrénées, w

En conséquence de ce rapport la Convention rendit, dans sa séance du 99 décembre 1799, le décret suivant (Procèsverbal, p. 3A7) :

ffSur le rapport des comités de la ijuerre et des finances réunis au sujet de la lettre des commissaires des Pyrénées, le décret suivant a ctc rendu :

ffLa Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses comités des finances et de la ijuerre, décrète :

«tArt. I". Les ordres donnés par los commissaires de la Convention nationale aux frontières des Pyrénées, antérieurement à la publication de la loi du i5 novembre dernier, seront exécutés, et les dépenses résultantes de ces ordres ou réquisitions seront acquittées.

ïfAnT. II. Les agents du pouvoir exécutif qui , en vertu des ordres et des réquisitions desdits commissaires, auront passé dos marcbés ou ordonné des dépenses, enverront de suite au ministre de la guerre les marcbés qu^ils auront passés et le montant des fonds dont ils pourraient avoir besoin.

wArt. m. Le ministre de la guerre fera passer dans les déparlements le^ fonds nécessaires pour acquitter les dépenses exécutées en vertu des ordres et réquisitions des commissaires de la Convention aux frontières des Pyrénées.»

\'jti DLc. 179Q.] MISSION À BAYONNE ET DANS LES PYRÉNÉEâ. 313

ALCII, îîl DECEMBRE iJCf*2, LE DIRECTOIRE DU DEPARTEMENT DU GERS AU\ COMMISSAIRES.

Aucb, le SI décembre 1799, Tan 11 de la népobliquc française.

AUX COMMISSAIRES DE LA CONVEXTlOy XATtONAlE PRES L'ARMES DES PYRENEES.

Nous avons reçu avec votre lettre du 8 de ce mois ^'^ copie de la réponse que le ininisli'e de rinlérieur vous a faite, relativement aux ap])rovisionnen)ents en hic? des dt^jKirtemenls voisins des Pyrénées et au mauvais dtat des routes qui y sont prati(|uées.

Ce ministre vous mande, citoyens, que ces départements ne lai ont fait aucune demande en secoura de [jrains, et ({u^aussilôt (ju'ils lui auront fait connaître leurs besoins, il fera tout ce qui dépendra de lui pour y satisfaire.

Quels (jue soient les soins (|ue nous nous sommes donnés pour connaître la siUiation de la production des récoltes de Tannée courante, nous u^avons pu n^unir les renseiijnemenls nécessaires a cet effet; les directoires (le districts, h qui nous les avons demandés par plusieurs lellres, n'ont ]>u les obtenir des municipalités, qui ])ouvaient seules les donner. Mais la voix publique nous a annoncé (]ue, quoique les récoltes aient été moins abondantes (jue nous avions lieu de lespérer, elles suffiront cependant aux subsistances du dé|)arlement. C'est par cette l'aison que nous n'avons point fait de demande de secours en ce genre au ministre. Nous ne nous dissimulons pas néanmoins que la consommation sera considérablement au|Tmentée par le séjour des bouclies étrangères h Toccasion de la formation de l'armée des Pyrénées, et il n'est pas invraisemblable que nous n'ayons besoin de secours avant de joindre la récolte de Tannée prochaine. Nous avoiiH renouvelé nos instances auprès des directoires de districts pour nous procurer de prompts éclnircissements h ce sujet, et nous aurons soin de les transmettre au ministre de Tintérieur et de vous en faire part aussitôt qu'ils nous seront parvenus.

Quant aux routes qui traversent notre département, le conseil général s'occupe très sérieusement dans ce moment des moyens de les rendre roulantes, et uous espérons que ses travaux h cet égard auront tout le succès attendu ^*\

Les Admimstrateobs couposart le Dibectoibb du dépabtbueut do Gebs.

(Arch. du Gers, L 181, fol. 1 35, correspondance extérieure du a* bureau ou du bien public)

^*^ Cf. à sa date le texte de celle lettre, sorte de circulaire envoyée par les commissaires A tous les départements du Midi,

'*^ Dans sa séance du 19 décembre 1793 le conseil [général du département du Gers avait proposé dVnvoyer aux commissaires «le la (Convention un tlo s:^s membres chargé de demander à ceux-ri r la permisùon, s'ils [)euvont la donner, de tirer sur le trésorier

de la guerre ou loutc autre caisse à la disposition du département pour fournir aux déj)eiises indispensables pour le logement et le casernement de la lé«non des Pvrénéesn, et trsi les commandants de Coules les années, volontaires ou troupes de li<piCv doivent reconnaître pour commissaire des guerres un citoyen que le département a institué pour cela , vu la privation où étiit

CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a5 Dtc. 1793.J

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