LE MARÉCHAL DE CAMP LACUNE À CARNOT
1*' mars 1793.
J*ai reçu, mon cher Camot, le rapport et le projet de décret que vous m'avez envoyës sur la réunion au territoire de la République de plusieurs enclaves et pays circonscrits ; je vous en remercie.
Nous commençons à recevoir pas encore des choses, mais des promesses, et j'avoue que si je ne suis pas encore content des effets , je le suis beaucoup de la correspondance. Cependant, je le répète, nous n'avons encore rien reçu, ni en canons , ni en fusils. Je sens bien que le Nord est l'objet le plus pressant. Je sens que, vu la position où vous êtes, il vous est impossible de nous mettre en mesure (l'agir avant longtemps , mais que l'on nous donne de la confiance et de l'argent , que l'on y ajoute des fusils et nous répondons, si ce n'est de conserver l'Espagne, du moins de conserver la France. Mais il faut que vous ayez la bonté de vous occuper de nous.
J'imagine qu'à l'heure qu'il est Servan doit être arrivé à Paris ^*^; il proposera au ministre quelque chose, qui, au premier moment, paraîtra ridicule, mais qui, en réfléchissant mieux, serait, je crois, d'un très grand avantage pour la Républi(pie.
Je vous remercie d'avoir parié à Baudouin pour la demande (pie je lui ai faite.
Je suis infiniment sensible à l'attachement de Lamarque et de (larrau ; je vous prie (le vouloir bien leur faire mes compliments.
J'ai communiqué à Malpel ce que vous me mandez pour lui au sujet de Dousies.
Si l'on nous envoie de nouveaux conunissaires , soyez-en , ou je me fâche. Je n'entends rien aux affaires de famille, lorsqu'il s'agit des intérêts de la République. Je verrai avec le plus grand plaisir Barère être des nôtres ^^^ ; on parle aussi de
(') La question fut discutée dans la séance du conseil exécutif du ao février et on arrt^ta d'envoyer un lieutenant général pour prendre le commandement de la ville de Bruxelles. (Cf. Aulard, II, 16/1.)
<*^ Le 5 mars 1 79.3 le général Servan se rendit au comité de défense générale et lui ronimuniqua ses vues à Pégard de F Espagne. (Cf. Aulard, 11, a 63.) Le 6 il alla au conseil executif provisoire discuter avec l«s généraux Custine et La Bourdonnayo sur le plan général de guerre wqui doit tMre sni>i d;nis Ions les points où se tnnivent
disposées Icîs forces de la République et celles de ses ennemis. •»> ( Cf. Aulard , 1 1 , a 7 o ). Le 8 il conmiuniqua au conseil des renseignements sur l'armée des Pvrcnécs, et le 1 5 il prit congé du conseil , après lui avoir exposé ses vues sur la défensive à soutenir du côté <les Pyrénées et proposé de donner le commandement en chef des forces assemblées de ce côté au général Biron , sous les ordres duquel il offrait de servir. (Cf. Aulard, H, a8a et 36^.)
^•^^ Barère ne fit partie «Paucune mission ot ne quitta jamais la (convention.
SBC) CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. {i-'haes 1793.]
Quinette ^^K Je Taimc fort; je dësire qu'il soit du uombre, arrangez-vous là-dessusJ Mon neveu , sensible à votre souvenir, me charge de vous faire ses tendres remerciements. J'en suis assez content; je doute que la République ait un partisan plus chaud et les vrais principes d'ami plus ardent. Adieu, je vous embrasse comme je vous ainio, de tout mon cœur.
(Arrh. de In guerre, armée des Pyrénées, rep. E, o* 67.)
PARIS, i" MARS 1793.