L. Carnot, Anne-Pierre Coustard, C.-A. Prieur, F.-J. Ritter
(Copte, Arch. de la guerre, armée da Rhin.)
WISSEMBOURG, l8 AOÛT 179a. LE GÉNÉRAL BIRON AUX COMMISSAIRES.
J'ai rhonneur de prier MM. les commissaires de FAssembiëe nationale de vouloir bien remettre à M. OHendorfT, porteur de ma iellre, les ordres qu'ils pourraient avoir à me donner. Je les supplie de se rappeler que je ne commande pas à Strasbourg et que je n'y suis rien.
A Wissembourg, le 18 août 179a , Tan iv de la liberté.
Le général de l'armée du Rhin,
BiRON.
(Orig. ant, Ârch. de ia guerre, armée du Rhin.)
WISSEMBOURG, l8 AOUT 179^. LE GiÎNéRAL BIRON AUX COMMISSAIRES.
Messieurs,
Wissembourg, le 18 août 1799, l'an iv* de la liberté.
J'ai rhonneur de vous prévenir que les différents détails importants à régler entre M. le général Kellermann et moi m'empêcheront d'arriver à Strasbourg avant ce soir. On répand ici que les corps administratifs sont décidés h ne pas reconnaître votre autorité. On ajoute que les commissaires de l'Assemblée nationale à l'armée du Centre n'y ont pas été reçus. Je me plais h croire que ces bruits sont sans fou-
^'^ Le général Biron écrivit de Wissembourg le 17 août au général Cusline la leUre suivante (Orig. aut., Arch. de la guerre, armée du Rhin) :
Au quartier général i\e Wissembourg, le 17 aoât 1799'
ïT Monsieur, j'ai Thonncur de vous envoyer copie des deux réquisitions qui m'ont clé faites par MM. les commissaires de TAssemblée nationale, aux(}uolles j'ai cru devoir me conformer. En ronséquonce, je
me rendrai demain à Strasbourg et je laisserai à M. le général Kellermaim le commandement des troupes campées à Wissembourg et Lauteii)ourg.
(r/^ général alarmée, trBlROIl.
<tP. s. — J'ai infiniment à me louer de la conduite de MM. Blanchard et Maréchal fils, commissaires des guerres, qui se scot conformés avec respect et zèle aux ordres de rAss(Mnblée nationale.?)
[i8aoAti799] mission \ UARMÉE DU RHIN. lii
dément Quoi qu'il en soit, je ne me repentirai jamais d avoir montre tout mon respect pour le corps lëgislatif.
Le général d'armée,
BlRON.
P. S. — Si j'apprends à Strasbourg quelque chose d'important, j'am*ai l'honneur de vous le mander à Wissembourg; si vous n'y êtes plus, vous voudrez bien donner des ordres pour qu'on vous fasse parvenir ma lettre.
(Orig. aut, Areh. de la guerre, armée du Rhin.)
SAMEDI t8 AOIJT 179a- VISFfE DES COMMISSAIRES À LURM^E DE CDSTINE A LANDAU.
Du camp du glacis de Landau.
Nous avons eu, hier 18, la visite des commissaires de l'Assemblëc législative. Leur arrivée était prévue et n'a causé qu'une sensation agréable. Chaque soldat, indigné des abus d'autorité, des trahisons de Louis XVI, ne l'a plus vu qu'avec l'œil de la raison et s'est trouvé étonné d'avoir encensé l'idole avec tant de bonhomie. Cette réflexion l'a conduit naturellement à la plus grande confîance dans les travaux de ses représentants et dans ceux des généraux et commandants (ju'ils ont choisis. A 6 heures du matin, on a assemblé toutes les troupes sur la place. Les commissaires, montés sur la pyramide nationale, ont lu le décret de la Convention nationale. On a crié : Vive ta nation ! Les Suisses sont restés immobiles et moets. Les soldats français en étaient indignés, mais ils étaient sous les armes et se sont tus. H. Custine a tenu un discours vraiment patriotique : il a rappelé aux soldats d'une manière très énergique les devoirs qu'ils avaient à remplir conune soldats et comme citoyens. Ce discours a été fort applaudi.
Ce matin (19 août), avant 11 heures, on a fait assembler le a* régiment des chasseurs à cheval. M. Custine avait ordre des commissaires de suspendre M. Joseph Broglie, colonel, et le second lieutenant -colonel <le ce régiment, ce qu'il fit à la tète de ce corps, auquel il adressa aussi un discours très civique. Après la cérémonie, les dragons se sont retirés fort tranquillement dans leurs quartiers.
(Journal le Courrier de Strasbourg <'^ n* 196, p. 789.)
(') Ce journal avait pour titre : c Courrier à celles des deux rives du Rhin , rédigé par
iU Strasbourg, journal politique et litté- J.-Ch. Laveaux.n 11 paraissait quotidien-
raire, consacré aux nouvelles des frontières nemenl à Strasbourg par numéro de quatre
et des pays étrangers, et particulièrement pages in-Zi" (Bibl. nat., L" c 955). Son
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 août 179a.]
COLMAR, 19 A06t 1799-