‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 19 sur 207 · AUX MEMBRES DU CONSEIL GENERAL DU DOUBS · texte numérisé non relu

AUX MEMBRES DU CONSEIL GENERAL DU DOUBS

Lo 19 août do Tan nr, de Cdmar.

Je reviens de Wissembourg, où réside le quartier gënëral de i*aniiée campée k un quart d'heure de celle ville. J*ai vu MM. Biron et Broglie; ils ont pense Fun et 1 aulre que je devais m'en retourner h Colmar. Vous verrez , par la commission que m'a donnée M. Biron, quel esl lobjet de mon voyage. J'ai aussi vu le camp, composé d'environ a5,ooo hommes. J'y suis arrivé quatre heures après le départ des commissaires de l'Assemblée nationale, qui étaient MM. Camot, Coostard et Prieur. Comme je n'ai pas vu , je ne puis que vous rendre ce qui m'a été dit. Voici la chose telle qu'elle m'a été transmise par un officier de volontaires :

Les commissaires se sont rendus au camp dans la matinée du 16; ils ont bit lecture de l'acte du corps législatif du 1 o août et de l'adresse à l'armée. Il n'y a pas eu, comme on le croyait, une nouvelle prestation de serment. Cette lecture finie, les six huitièmes ti peu près de l'armée ont fait un cri où il n'a été question que de la nation, et les outres deux huitièmes ont crié seulement: Vive la Constitution I rien que la Constitution. Les commissaires, rendus dans leur auberge, ont été visités par les généraux et officiers de l'état-major de l'armée. LÀ, M. Camot leur ayant demandé s'ils adhéraient h ce qui venait de leur être lu, M. Biron a répondu avec franchise que oui. Un des officiers du génie ^*^ faisant partie de l'étatmajor de l'armée, ayant fait quelques observations sur la conduite de rAssemblée nationale, a été suspendu de ses fonctions par M. Biron. Un piquet de cavalerie a reconduit les commissaires h leur départ de Wissembourg.

Un officier de l'état-major et qui est à la tète des bureaux de M. Bro^ie m*a dit qu'il ne croyait pas qu'aucun officier donnerait sa démission. En repassant h Strasbourg, on m'a dit que M. Broglie était aussi suspendu de ses fonctions. Je n'ai pu croire à cette nouvelle ^^' ; je crois que l'on a confondu cette suspension avec oeDe de l'officier dont je vous ai parlé.

(Arcb. dép. da Doabs, reg. de correspondance de Bruleport, L i&&.)

rédacteur, Jean-Charles -Tliibaull de Laveaux (né à Troyes le 17 novembre 17A9, mort à Palis le i5 mars 1827), était un écrivain et un linguiste laborieux, qui avait professé à Berlin et était rentré en France lors de la Révolution. Ses opinions avancée» lui avaient valu d'être expulsé de Strasbourg par le maire Dieirich, le 1 1 août 179a (cf. le n" 189 de son jounial ). Aussi le Courrier de Strasbourg est-il en-

tièrement favorable aux auteurs de la révolution du 10 août.

(>) Ce document complète ceux qui ont été publiés plus baul sur la visite faite par les commissaires au camp de Wissemboui^. Il nous apprend que c'est Camot qui fit prêter serment au général Biron et aux officiers de son état-major.

(') Il s'agit de Gaflarelli du Falga.

(^) Le fait était cependant exact.

[i9ioi}Ti79a.] MISSION À TARMÉE DU RHIN.

Page 1