AU 5 AOÛT
[Le i6 juin 179a l'Assemblée nationale dëcrëia, sur le rapport de Gamot- Feulin9^'\ Tarmement de tous les citoyens actifs du royaume. Le même jour Dumouriez donna sa démission de ministre de la guerre et, le 18, il obtint de l'Assemblée fautorisation de se rendre à Tarmëe du Nord. Il fut remplace par Tadjudant générai Pierre-Auguste de Lajard^*^ Le 19 juin Louis XVI Ot notifier à TAssemblée qu'il avait apposé son vélo à la levée de vingt mille honmies. Le lendemain eut lieu contre les Tuileries le soulèvement populaire fameux dans l'histoire sous le nom de journée du fào juin. Le roi, cédant à l'opinion publique, proposa a l'Assemblée, le sq juin, la levée de quarante-deux nouveaux bataillons de volontaires, et le s 3 le ministre de la guerre Lajard, développant la proposition royale devant les députés, d^gna la ville de Soissons comme le meilleur emplacement du camp destiné à recevoir les nouveaux bataillons ^^K Le a juillet l'Assemblée
t') Frère cadet de Gamot, et, comme lui, capitaine da génie et député du Pasde-Calais à TAssemblée législative. (Cf.
rintroduclion.)
^*^ Pierre-Auguste de Lajard, né à Montpellier le 90 avril 1767, volontaire à la suite du régiment du Médoc en 1776, souslieutenant le i*' octobre 1777, capitaine le 18 juin 1788, adjoint au corps de Tétatmajor de Tarmée le 1" juillet 1789, lieutenant-colonel et premier aide-major de la garde nationale de Paris le i3 août 1789,
colonel le 3 août 17919 adjudant général le là octobre 1791, chevalier de Saint-Louis le 19 avril 1799, ministre de la guerre du 16 juin au 93 juillet 1799, émigré en août 1799, admis au traitement de réforme le 2 h janvier 1 80A , député de Paris en 1 809 , maréchal de camp \e \h juillet 1816, retraité le 9 juin 181 5, mort k Paris le 19 juin 1887.
^') Lajard appuyait en ces termes le choix de Soissons : trEn jetant un coup d^oeil militaire sur la frontière qui est la plus voisine
ui?*ia>&ia nATU'iJiti.
2 CORUKSPONDANGE GKNKRALE DE CARNOT.
rëgla, par un dëcret, les mesures h prendre, de concert avec la municipaliië de Paris , pour 1 arrivée et le séjour des volontaires dans la capitale. L'artide 5 du décret était ainsi conçu : rrLe pouvoir exécutif donnera des ordres afin qu'il se trouve dans la ville de Soissons des commissaires chargés de préparer des logements pour lesdits gardes nationaux, soit à Soissmis, soit dans les communes voisines. 7) Le It juillet le roi envoya h Soissons le commissaire des guerres d'Orly <^^ et ladjudant général Chadelas ^^K Le 1 1 juillet TAssemblée prodama la patrie en danger. Les volontaires arrivaient à Paris, mais en petit nombre, et le i/i, ils assistaient à la fête de la Fédération. Le i8 juillet une lettre dtt maire Petion, luo à TAssemblée, portait que le nombre des fédérés était de 9,960, dont a,o68 se disposaient à se rendre à Soissons. Cinq cents d'entre eux se mirent en route le lendemain ^^K Chaque jour, d'ailleurs, amenait de nouveaux volontaires, qui étaient casernes jusqu'à leur départ par les soins de la municipalité et recevaient quotidiennement une solde de trente sous. Une correspondance s'établit à ce sujet entre le ministre de la guerre ^^^ et le maire Petion ^^\ Le 3o juillet le ministre informa le président de l'Assemblée que le nombre des honunes en marche
de la capitale, on voit que la majeure partie est couverte par des places bien fortifiées; mais il y a deux situations qui doivent être nécessairement défendues par des armées.
Tune à Maubeuge , Tautre entre Longwy et Montmédy, et la faiblesse de ces positions est si généralement connue qu^on les désigne sous le nom de trouées. Le point de jonction de ces deux routes est Soissons; c'est là qu'une réserve est nécessaire, tant pour protéger la capitale que pour secourir celle des deux armées qui aurait besoin d*étre soutenue; dans trois ou quatre marches elle serait rendue sur Tun ou l'autre point, n — Cf. sur le camp de Soissons, VHiitoire de Soûioni, par Henri Martin, t. II, appendice, et Le camp de Soissont et les fédéré», par Ed. Fleury; Laon, 1870, in-8".
^') Cf. lettre du ministre Lajard écrite, le SI juillet 179a, au président de l'Assemblée nationale. (Arch. du ministère de la guerre, correspondance générale.) — André d'Orly, né à Versailles en 1786, commissaire des guerres le 1 *' janvier 1 7 67, adjoint de la a* division militaire du 1 3 février au i5 mars 1798, condamné à mort le h prairial an 11 -a3 mai 179^. (Arch. naL, W 371, 835.) Son nom est toujours écrit Dorly dans les documents manuscrits ou imprimés, mais sa signature porte
d*Orly, (Cf. leUrc signée par lui et par Chadelas au président de l'Assemblée l^iisiative, en date du 17 septembre 1799, Arch. nat., DXL 17, n° 109.)
(') Jean -Charles Chaddas, né 4 Alais (Gard) le to juin 17AA, soldat au régiment de Navarre le 3o novembre 1760, caporal en mai 176A, sergent en mai 1766, lieutenant le 1 6 juin 1 776 , capitaine le 1*' mars 1788, capitaine dans la garde nationale soldée à Paris le 90 juillet 1789, adjudant général chef de bataillon le 3 août 1791, chef de brigade le 8 mars 1798, retraité le 19 juin 179O, rappelé et nommé sou»inspecteur aux revues le 7 février i8oo« chevalier de la légion d'honneur le 95 mars i8oi!i, retraité le h octobre i8i3, mort k Mézières le 3o octobre 181 3.
(') Cf. lettre du ministre Lajard , du 91 juillet 1799, déjà citée.
(^) Le 1 9 juillet 1 799 Lajard avait été remplacé au ministère delà guerre par Gharies- Xavier-Joseph Franquevilled'Abancourt, né à Douai le k juillet 1758 , adjudant général, décrété d'accusation après le 10 août, massacré à Versailles le 9 septembre 1799.
(^> Lettre de d'Abancourt à Petion le 93 juillet 1799, et de Petion au commiftsaire des guerres Rolland le 9& juillet. (Arch.de la guerre, corresp. générale.)