ARRIVÉE ET RECEPTION DES COMMISSAIRES À BESANÇON
MM. les députés de l'Assemblée nationale sont entrés dans la nuit du mercredi au jeudi : le spn de la cloche annonça leur arrivée au moins une heure à l'avance. Cependant les corps municipal , administratifs et judiciaires n'ont pu être rassemblés
qu'au moment où ces MM. étaient déjà dans nos murs Le public n'a pu
s'empêcher de témoigner son mécontentement eu voyant ses préposés accourir avec une lenteur vraiment remarquable au-devant des représentants du véritable souverain, la Nation. Cependant, à force de se hâter lentement, ils ont rencontré MM. les commissaires au milieu de la grand'rue. Ceux-ci sont descendus de voiture pour recevoir les compliments d'usage, et tout le monde a marché, mêlé les uns dans les autres et sans aucun ordre, jusqu'à la maison commune, d'où MM. les commissaires sont sortis pour aller au lieu destiné à les recevoir.
Les citoyens et citoyennes de Battant, de Charmont et d'Arène, ont montré le plus grand zèle en voyant nos dignes représentants; ils les ont accompagnés jusqu'à la maison commune avec les cris de la plus vive allégresse.
Jeudi MM. les commissaires ont fait visite aux corps administratifs, puis ils ont passé en revue la garde nationale; ils se sont ensuite retirés chez eux pour y travailler et écouter les plaintes des citoyens. A li heures, ils se sont rendus hy
Cbamors pour y prendre un repas, qui a M celui de IV^galiU^ puisqu'on a assis à la même table les chefs militaires , les corps administratifs et des soldats de toutes armes ; on a porte plusieurs sautes au bruit d'une nombreuse salve d'artillerie.
Après le repas, M. Goustard, au nom de ses collègues, a demande que la promenade, qui avait servi au banquet civique, fut appelt^e désormais le Champ de l'Égalité; la proposition a éié couverte d'applaudissements.
Nos législateurs, précédés d'une musique brillante et gaie, se sont présentés au club des Sans-Culottes, ayant h leur suite une foule de feuillants et d'aristocrates : ià ils ont été ténioins, non de l'esprit, mais du patriotisme de la sans-eulotlerie. M. Goustard, après le discours le plus patriotique sur l'utilité des sociétés populaires, a demandé, pour lui et ses collègues, leur affiliation, qui leur a été unanimement accordée : une distraction de M. le président lui a fait oublier de céder le fauteuil et la présidence à un de nos législateurs. Au sortir du club, MM. les commissaires ont visité Thôpital, puis ils se sont retirés chez eux pour recevoir les observations des commissaires des cinq sections de cette ville, qui se sont constitués en comité permanent.
(Imprimé dans le journal ïa Vedette ^^\ numéro du 3i août 1799.)