‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 63 sur 207 · A LA SÉANCE DU DIRECTOIRE DU DÉPARTEMENT DU DOUES · texte numérisé non relu

A LA SÉANCE DU DIRECTOIRE DU DÉPARTEMENT DU DOUES

Du jeudi trente août 1799 « Tan vr de la liberté

Sur l'annonce faite k rassemblée que MM. les commissaires de l'Assemblée nationale se rendraient h la séance, une députation est sortie pour aller les recevoir. Ces commissaires, entrés et placés à la droite de M. le président, celui-ci leur a adressé un discours dans lequel il a exprimé , avec cette éloquence douce et persuasive qui lui est si naturelle , toute la satisfaction qu'éprouvait particulièrement l'assemblée de posséder duns son sein des députés dont les lumières et les vertus avaient été aussi utiles h la conservation de la liberté du peuple français , que le département, vivement pénétré que le bonheur de l'Empire dépend de l'exécution des lois qui émanent de l'Assemblée nationale, s'était empressé de procurer cette exécution dans l'étendue de son ressort avec le zèle et la célérité que lui dicteront toujours sa confiance dans les représentants de la souveraineté nationale et son amour pour la chose publique; que, pour en convaincre plus particulièrement MM. les commissaires, il leur serait donné lecture des différentes délibérations consignées sur ses registres. MM. les commissaires , en témoignant leur sensibilité aux sentiments du Conseil général, l'ont assuré que l'Assemblée nationale avait toujours distingué le civisme et les travaux du département et qu'elle était bien sure qu'elle trouverait toujours en lui des administrateurs fermes et prêts à tout sacrifier pour le salut public.

MM. les commissaires ont ensuite dit que, d'après la conférence qu'ils avaient eue avec M. Ferrier, ils avaient recoimu la nécessité que le département nommât un commissaire pour se rendre auprès de ce général , h l'effet de faire toutes les réquisitions convenables pour le maintien de la tranquillité publique sur les frontières et dans le pays de Porrenlruy, au cas où il serait occupé par les troupes françaises, ainsi que pour veificr à la sûreté des personnes et des propriétés.

L'assemblée a répondu qu'elle sentait tro]> l'importance de cet objet pour ne pas s'en occuper promptement ^'^

^'^ Le 3i août 1799 le directoire du dé- sardconniie commissaire dans les gorges de parlement écrivit au district de Saint-llip- Porrenlruy. (Arch. du Doubs, reg. decorpoiyle que, selon le désir des commissaires re<îpondamv du directoire du départede TAssemblée nationale, il envoie M. Voi- ment.)

128 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3oaoût 179Q.J

MM. les commissaires dtant sortis , ils ont été reconduits par tous les membres jusqu a l'escalier, et MM. Hérard, Lambert, Reiiaut et Cart ont été nommés pour ies accompagner dans tous les endroits où ils désireraient se transporter et leur faire voir les différents établissements militaires et autres de cette ville.

Un de [ces] messieurs a observé qu'il convenait d'examiner quels seraient les objets dont le bien de Tadministration et la sûreté générale exigeraient qu'on mît sous les yeux de MM. les commissaires; en conséquence il a été arrêté qu'il leur serait présenté :

1* Que M. Gimel ayant fait part de l'ordre qu'il avait i-eçu de faire livrer au département du Jura six pièces de canon du calibre de quatre , ce qui réduirait h quatre le nombre des pièces de ce calibre, il y aurait le plus grand danger h dégarnir ainsi la place de Besançon et que sa position exigeait au contraire qu'on augmentât ses moyens de défense et qu'on lui procurât des munitions surtout en mitraille, dont elle était dépourvue entièrement;

q" Qu'il était indispensable aussi d'envoyer des troupes et des munitions, ainsi que des subsistances au château de Joux, situé sur la frontière du côté de la Suisse;

3" Qu'il y avait dans ce momentrci plusieurs officiers militaires employés, dont le civisme était très douteux, et qu'il leur serait remis h ce sujet une note détaillée.

La séance est levée à 1 heure après midi.

(A.rch. da Doubs, reg. du directoire da département, fol. 17 A.)

29 ET 3o AOUT 179a.

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