ET RÉCEPTION DE CEUX-CI A LA SEANCE DU DIRECTOIRE DU DÉPARTEMENT
Dudit jour 3o aoùl à 7 heures de relevée.
Messieurs , après avoir assiste h un banquet que les corps administratifs et judiciaires ont donnd à MM. les comrais«<aires au Champ de Mars, banquet où les santës de la nation, de ses reprësentanls et des dëpulës, ont été portées, au bruit des salves d artillerie, et oii Tordre, la gaietë, la fi*aternite ont régne et ont fait le plus bel ornement de la fête, sont rentrés h la séance avec MM. les commissaires. 11 leur a été fait part des différenLs objets de représentation arrêtés h la séance du matin. Ces commissaires, touchés des motifs qu'elles contenaient et qui leur ont été plus particulièrement développés, ont promis de les prendre en grande considération et d'y pourvoir le plus proraptement possible , à l'effet de quoi il leur a été remis une note détaillée de ces objets, signée de M. le président et du secrétaire.
MM. les commissaires s'étant retirés, ils ont été accompagnés comme le matin, et la séance a été levée à 9 heures du 8oir.
(Arcb. du Doubs, reg. du directoire du département, foi. 175.)
PORRENTRUY, 3o AgOt 179a. LE GÉNÉRAL FERRIER AUX COMMISSAIRES.
Messieurs ,
A Porrentruy, le 3o août 1799, l'an it de la liberté.
Je m'empresso de vous adresser les deux copies ci-joinles de deux lettres qui m'ont été écrites, l'une par M. M. de Bienne^'\ et l'autre par M. de Buren,
(^) Le 99 août 1793 le colonel de Buren, commandant des troupes de leurs excellences de Berne sur les frontière» de Bienne, écrivit au (yénéral Ferrier pour se plaindre que, malgré la déclaration des commissaires de TAssemblée nationale, un officier français était venu visiter ses postes de nuit et que des soldats avaient tenu des propos séditieux et prêché la révolte. — Le 3o août le général Ferrier lui répondit , de Delémont, quMI avait défendu à ses patrouilles de s'avancpr au delà des limites du territoire de Bâie et Tassura qu'il veillerait à ce que ses ordres fussent mieux exécutés à Taveoir (Arch. de la guerre, armée du Rhin). En effet le même jour il adressa à ses troupes Tordre du jour suivant (Copie,
Arch. des affaires étrangères, papiers de Barthélémy, 6a8, fol. 5iii):
(rll est expressément ordonné aux commandants des différents coq)S des troupes françaises réparties dans le pays de Porrentruy de prendre les mesures les plus certaines et les plus eflicaces pour s'assurer qu'aucuue patrouille de nos troupes ne dépasse les limites du territoire du corps helvétique et des États ses confédérés dudit pays, dont les habitants jouissent de la comboui|[eoisie avec aucun d'eux, notamment de la prévôté de Moutter-Grand-Val, et MM. les commandants des corps demeureront personnellement responsables de tout ce qui pourrait être l'ait de contraire au présent ordre delà part de leurs subordonnes. Ils sont prévenus
138 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [3o août 179a.]
commandant les troupes du canton de Berne sur les frontières de Bienne ^'\ ainsi que des réponses que j'y ai faites; vous jugerez, sans doute, qu'il est on ne peut pas plus pressant, non seulement que je reçoive des ordres positifs au sujet do remplacement dos troupes françaises à Saintr-Brais , la Joux et Saulcy, mais encore pour qu'il soit pris des mesures tendant à fixer l'attitude des troupes françaises h regard du corps helvétique.
Le maréchal de camp, commandant les troupes françaises dans le pays de Porrentruy ^*^
Ferrier.
(Orig. , Areh. de la gaerre, armée du Rhin.)
que M. de Burcn, commandant les troupes du canton de Berne sur les frontières de Bienne, fera arrêter, pour élre envoyé au général et puni avec toute la sévérité des lois militaires, tout individu des troupes françaises qui se permettrait de contrevenir au présent ordre en dépassant les frontières qui y sont désignées.
c(A Porrentruy, le 3o août 1793.
kLo maréchal de camp,
commandant les troupes françaUe*
réparties dam le paya de Porrentruy,
(rFEBBIBB.7)
(') Le 99 août 1793 les maire, bourgmestre et conseil de la ville et république de Bienne avaient écrit au général Ferrier la lettre suivante (Copie, Arch. de la guerre , armée du Rhin ) :
(T Monsieur le général,
«Les députés, que nous avons envoyés auprès de MM. les commissaires de TA»semblée nationale, nous ayant fait aujourd'hui leur rapport, nous ont vanté en même temps les bonnes intentions que vous avez manifestées à notre égard , et les bons ofRces que vous avez rendus à la chose publique pour la conservation de la paix entre Tempire français et la nation helvétique.
trLes marques d'amitié et les attentions que vous leur avez témoignées en même temps nous imposent l'obligation bien agréable de vous adresser des remerciements et de vous assurer de notre entière reconnaissance. En même temps. Monsieur le
général, nous vous mandons qu*aussit6t après le retour de nos députés, nous avons retiré nos troupes de Pierre-Pertuis, en n'y laissant que le piquet ordinaire de vingt hommes; mais, à notre grand étonnement, le commandant des troupes bernoises n'a pas voulu se retirer et vider notre territoire sans ordre positif de son État, malgré les assurances que M. de Watlenwyl, représentant accrédité auprès de notre ville, nous avait données, avant le départ de nos députés pour Dclémont.
«C'est pourquoi nous envoyons à l'heure qu'il est un député exprès à Berne , pour demander très positivement et sans retard le rappel de toutes leurs troupes.
te En même temps , nous envoyons copie imprimée de la déclaration de MM. les commissaires de l'Assemblée nationale, à tons les États du corps helvétique.
«Nous ajoutons et confirmons les assurances que nos députés vous ont données de nos dispositions amicales et de l'estime et de la considération pour votre personne , sentiments avec lesquels nous sommes voa affectionnés à vous servir.
(tLbs Maire , Bourgmestre et Conseil
DE LA VILLE ET RéPUBUODE DE BlERlIE.T)
^*^ Cf. pour rbistoire de Porrentruy cl de Delémoiit les travaux de M. A. Quiquerez publiés en 1870 et en 187a sous le titre: Monuments de V ancien évêché de Baie, Delémont et Vorbourg et Ville et château de Porrentruy, 3 vol. in-S**.
[SiAoÔTiyga.] MISSION À L'ARMÉE DU RHIN.
PARIS, 3o AOAt 1793. LA COMMISSION DE CORRESPONDANCE DE L'ASSEMBLEE