‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 74 sur 207 · L. Carnot, A.-P. Coustard, J.-F. Ritter · texte numérisé non relu

L. Carnot, A.-P. Coustard, J.-F. Ritter

(Copie certifiée par Birou, Ârch. de la (guerre, armée du Rliin.)

(') L^Asseinblce nalionale avait, le 98 août, dans sa séance du soir, dccrt'ié, sur ia proposition de Cambon, le rappel de tous les commissaires.

(') Joseph-Marie Lequinio, né à Sarzeau (Morbihan) le i5 mars 1755, juge au tribunal de Vannes, député du Morbihan à rAsscmblée législative et à la Conven-

tion , mort à Newport ( États-Unis) en 1 81 3.

^^^ Jean-Baptiste Lagrevol, homme de lui, juge au tribunal du district d'Yssingcaux, député de la Haulc-Lioire à TAssemblcc législative.

^^) La suspension de Blanchard excita les plus vives protestations du général Biroo, qui écrivit, le s septembre 179a, la lettre

CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3iioîti79^.]

BESi^Ç05.3l AOtl 1795.

LE GÉ^^BâL FR13ÏC0IS WIMPFFE?! ACX COVVISSintES.

Messieurs,

J'ai rhoDoeur de vous envoyer ci-joint une note, que j^aorais eu celui de vous remellre moi-même, si je n avais craint d^inlerrompre derechef vos occupations:

saÎTanle aoi menibres da Comité des Dôme (Oriç-, Arcb. de b guerre, armée da Rhin):

A Stnibowf « ^ « KpCcabrc 1791 « Taa iT« de b liberté, le 1^ <ie l*<cafil^.

«Ifeasieurs, je Tiens de recevoir arec autant d'étonnement que de douleur une réquisition de MM. les commissaires de TAssemUée nationale â Parmée du Rhin , datée de Besançon, de suspendre de «es fonctions M. Blanchard, commissaire des guerres, faisant fonction d'ordonnateur au corps d^armée commandé par M. le général Cusline. J^'ai Thonneur de rous reprémiter. Messieurs, que ce commissaire était à Wissembourg lorsque j'y ai reçu MM. les commissaires de PAssemblée nationale, qu'il n'a fait ni représentation, ni déclaration, cl qu'il n^a pas donné le moindre sujet de plainte contre lui. Je dois ajouter que ce commissaire est d^une intelligence rare et maiulenaol impossible à remplacer. MM. les commissaires de PAssemblée nationale nous font faire une perte irréparable dans les circonstances pressantes où nous nous trouvons en le suspendant de ses fonctions par des motifs qu'ib n*oat pas fait connaître. Il est de mon devoir de vous observer. Messieurs , que MM. les commissaires de PAssemblée nationale prononçant partout des suspensions non motivées et remplaçant les officiers sus|>cndus , ils sont obligés de les choisir sur les comptes qui leur sont rendus et parmi des individus qu^ils ne connaissent pas eui-mémcs. 11 nVst ni juste ni possible que les généraux demeurent responsables des résultats de telles mesures. J^obéisavec la plus profonde douleur aux ordres de MM. les commissaires de PAssemblée nationale et j'envoie a M. Custine Pordre de suspendre M. Blanchard de ses fonctions. Les (généraux Custiuc et Kcllcrmann vous

rendront sans doute les méoMS comptes que moi de ce commissainp et vous dirool combien il e!4 imposable de s^en passer dans les ârcoQstances présentes.

rie gtmênlJe fgrmm^ Rkim,

«BlB0!l.9

Le même jour Biroo écrivit à Costûe pour lui annoncer la sospensioo de Bbnchard et Pinviter à s^unir à hn pour pit>lester contre celte mesure* rJe ne doole nullement, dit-fl, que les démarches de MM. les commissaires ne soient très httmées par PAssemblée nationale. 9 (Orig., Arcb. de b guerre, année du Rhin.) Custine écrivit, en effet, de Wissemboor^g, le 5 septembre 1793* au comité de Peilraordinaire de PAssemblée nationale, pour protester contre b suspension de Blanchaidl, qui remplit ses fonctions «avec bplus grande distinction et la plus haute intelligence?, et pour demander qu*on le nommât coaun»saire général en chef de son armée. (Orig.. Arch. uaL, DXL 17.) — Pendant que les commissaires à Parmée du Rhin suspfdaient Blanchard, les commissaires de Parmée du Centre le nommaient saire ordonnateur de Parmée de Celui-ci avertit Blanchard , de Meli,le tembre 1 799 , et le pria de venir le dre. ( Copie , Arch. naL , «t M|iria). Blinchwd répondit à Kellermann, de Wissembaf g^ le 6 septembre, pour lui annoncer sa suspension et son remplacement, et pour le prévenir qn*il ne partira pas pour Ta du Centre avant d^avoir obtenu ( Orig. , Arch. de la guerre , année dn RUn.) Enfin Kellermann écrivit à Biron, le 8; tembre , que le ministre de b gnerte nommé déûnitivement Bbndiard saire ordonnateur de Parmée du (Arch. de la guerre, reg. n* 8, M. 100.)

[3i AoÔTiyga.] MISSION À L'ARMÉE DU RHIN. 141

recevez donc, par c^crit, avec mes adieux, Tassurance que je vous prie de transmettre à TAssemblée nationale de respecter tous ses décrets et de mourir pour la liberté et la patrie.

Besançon, ce 3i août 1792*

Le général commandant la 6' dimsion ,

François Wimpffen.

(Orig., Arch. de la guerre , armée du Rhin.)

BESANÇON, 3l AOÛT I792.

LE G^NéRAL FRANÇOIS WIMPFFEN AUX COMMISSAIRES.

lie gênerai commandant la 6* division militaire a l'honneur de représenter à MM. les commissaires de TAssemblée nationale que Tinexëcution des lois qui ont pour objet le traitement des officiers et Tentretien des soldats , engage les uns et les autres à porter sans cesse leurs réclamations aux généraux et que l'impuissance où sont les généraux de faire cesser ces réclamations rend leur position très embarrassante.

Ces réclamations portent particulièrement sur ce que la loi, qui accorde aux officiers leur logement en argent, quand il ne pourra pas leur être fourni en nature, reste sans exécution, de même celle qui leur adjuge un certain nombre de rations de fourrage, ou en nature ou en argent, h leur choix; de plus les cinquante livres qui leur sont accordées en numéraire par mois par la loi du 99 juillet dernier et dont ils n'ont pas encore reçu le sol.

Mais c'est particulièrement Tinobservalion de l'article 1" de la loi du i"août concernant l'habillement des volontaires nationaux d'ancienne levée, qui cause la plus vive fermentation parmi eux. Les recrues, dont ces bataillons sont augmentés, restent nues et les volontaires d'ancienne levée ne reçoivent pas non plus les vêtements qui leur sont nécessaires.

Quelque évident qu'il soit d'après cette loi que chaque bataillon doit avoir 53,000 livres, le payeur général ne pouvant fournir aucun acompte sans y être autorisé par le trésor national, et celui-ci paraissant à ce sujet dans une entière inaction, il s'ensuit que les lois ne sont point exécutées.

Il serait à souhaiter que les généraux commandant les divisions fussent autorisés de donner des ordres au payeur général et que celui-ci soit tenu de les respecter, bien entendu sur la responsabilité du général, c'est-à-dire qu'il n'ordonnera que les payements qui seront commandés par la loi ; alors les troupes ne seraient plus exposées, comme elles le sont aujourd'hui , de gémir et de se plaindre sans cesse de l'inexécution ou de l'oubli des lois qui sont données en leur faveur.

Les gendarmes nationaux se plaignent de ce qu'avec le traitement médiocre qu'ils ont ils ne peuvent point fournir au service actif qu'on exige d'eux.

Besançon, ce 3i août 1 792, l'an iv de la liberté.

François Wimpffen.

(Orig. , Arcb. de ia guerre, armée du Rhin.)

U2 œRRESPOM)ANCE GÉNÉRALE DE CARKOT. [3i âoôrijQ^.]

BiSA?rço?r, 3i aoCt 1799-

LE 5' BATA1LL05 DE T0L05TAIBES DC BACT-RHIH AUX COXMISSÂIBBS.

Messieurs,

Le corps da bataillon assemble a résola de tous préseoter la pëliUoo qu'il a déj^ présentée aux amis de la Constitution , ains i|b aux oflkiers mumapaux de cette ville en ces tenues :

Messieurs,

Il est douloureux et affligeant pour des vrais citoyens volontaires défenseurs de b patrie, de se voir soupçonnés d*aristocratie par rapport à un commandant en chef, nommé Metzger^^ qui, depm's le 39 avril, a quitté le bataillon qui était en route pour se rendre h Lons-le-Saulnier et Saint-Claude, d*où le conseil d'administration a porté ses plaintes contre lui au général Wimpflen , commandant la 6* division militaire.

Il est à présumer que ce général lui aura écrit de rejoindre, comme il ne la que trop fait, car, pour se laver devant le général, il est venu faire le charlatan en engueusant oflSciers et soldats pour que Ion reçoive le ûls de ce général pour notre commandant en second.

Le traître n était pas encore content de nous avoir trompés en emportant tout ce qui était de nous entre ses mains : il a encore eu la témérité de couper du livre toutes les feuilles qui contenaient nos comptes, d'abandonner le drapeau sans sentinelle , et de s'en aller pour la seconde fois sans rien dire à personne.

Nous gémissons aussi du regret de nous voir tenus ici dans des mors pendant que nos frères d'armes ont la douce satisfaction de combattre nos ennemis dans des postes glorieux.

C'est pourquoi. Messieurs, le bataillon vous prie très instamment, après un parfait examen de notre exposé, de vouloir bien faire agir qui doit, et que, tout compte rendu aux soldats volontaires, le bataillon n'ait pas la honte d'ensevelir la gloire qui l'attend aux frontières; car nous avons tous bien gravé dans nos cœurs : La liberté ou la mort.

Voilà, Messieurs, notre exposé; nous y ajoutons que nous sommes les enfants de la loi et que tout ce qui a été fait par l'intrigue d'un vil cabaleur doit être annulé.

Le volontaire se glorifie de remplir ses devoirs; mais il veut ce que la loi lui accorde.

Fait et signé à Besançon le 3i août, l'an iv de la liberté et l'an i de l'alité.

B. Gassbr, capitaine administrateur dudit batailhn^^K (Orig., Arch. de la guerre, année du Rhin.)

t'> Le lieutenant-colonel Meliger fut dcslilué par les commissaires. — ^*^ Suivent vingl- Irob signatures d^ofliciers, sous-ofliriers et volontaires du bataillon du Haut-Rhin.

[l"8BPT. 1793«]

lAS

BESANÇON, 3l AoAt lyQS. LES COMMISSAIRES

ASSISTENT ï LA SJ^ANGE DU CONSEIL GiSnjÎBAL DE LA GOMMUNR DE ftBSAirÇCHI.

MM. Goastard, Prieur, Carnot atnë et Ritter, dépvAés de FAssemblëe nationale, entr^ à la séance, il leur a été rendu compte des mesures prises jusqu'à présent dans la commune pour entretenir la paix et la tranquillité publique qui n'avaient point été altérées. Les preuves du patriotisme d'un grand nombre de citoyens ont été remises sous les yeux de ces représentants; lecture a été faite de l'adresse délibérée et envoyée le 9 1 de ce mois.

Les députa, en rendant justice aux citoyens, ont assuré le conseil général de leur satisfaction et promis d'en rendre compte à l'Assemblée nationale. Il a été remis un mémoire aux commissaires constatant le défaut d'approvisionnement de bouche et de munitions de guerre dans cette ville et arrêté que, dans le cas oii il n'y serait pas pourvu , on solliciterait un emprunt à l'Assemblée nationale pour être employé h ces approvisionnements.

(Areb. muo. de Besançon, reg. du conseil générai de la eommane, séance du Si août 1799.)

[Les commissaires quittèrent Besançon le 3i août 1793 , à une heure de l'aprèsmidi, pour se rendre h Dêle et de là h Auxonne^*\ L'assemblée du directoire du département, dans la séance de ce jour, délégua deux de ses membres auprès des commissaires (Arch. du Doubs, reg. du directoire du département, fol. 176) :

(r L'assemblée a nommé MM. Seguin et Hérard pour aller témoigner h MM. les commissaires les regrets qu'elle éprouvait de les perdre aussi promptement.

ffMxM. Seguin et Ilérard de retour ont dit que MM. les commissaires avaient été infiniment sensibles h l'attention de l'assemblée et les avaient priés de l'assurer du désir qu'ils aiu*aient de lui donner des preuves de l'attachement qu'elle leur avait inspiré".]

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