BORDEAUX, 7 OCTOBRE I
ADRESSE DU CONSEIL GifiÉRAL DE LA COMMUNE AUX COMMISSAIRES.
LB CONSBIl GÊltiRAL DE LA COMMUNE À BORDEAUX AUX COMMISSAIRES DE LA CONVENTION NATIONALE,
Ciloyens,
Bordeaux est connu par sa Gdélité aux principes de la libre circulation des grains. Dans les années les plus diseteuses , nous n^avons consulté que la loi à IVgard de nos voisins qui sont venus cliercher du blé ou de la farine. Pourquoi ces principes ne sont-ils pas encore ceux de la France entière ? Citoyens, vous êtes
(I) Le 8 octobre 179a les commissaires titre de diclaleiir ou de roi, soit qu*il se
des vin^-huil sections de Bordeaux écri- couvre du masque d^bypocrite de tribun ou
virent à la Convention pour la féliciter de protecteur.» (Orig., Archrnat., G 938,
d^avoir aboli la royauté. «La cilé de Bor- n" aàh,)
deaux, réunie en ses vingt-huit sections, ^*^ Cf. le compte rendu de cette fête à
adhère unanimement à ce premier de vos la page 183.
décrets et périra plutôt que de reconnaître ^'^ Cette dernière phrase est empruntée
Tautorité d*un tyran, soit qu^ii prenne le BuBuUetin delà Convention,
[yocT. 179a.] MISSION À BAYONNE ET DANS LES PYRÉNÉES, 189
inTonnés des entraves qu'ëprouve dans les départements qui nous avoisinent cette partie si essentielle du commerce, et un des principaux fruits que vous retirerez de votre nûssion sera, nous n*en doutons pas diaprés Texpérience de votre zMe et de votre patriotisme, d'ëclairer Topinion publique sur les préjugea qui empêchent la libre circulation des grains et de faire céder tous les obstacles qui viennent de Terreur ou de la malveillance, ou de la crainte. En attendant, citoyens, nous avons besoin d^une prompte assistance. Les précautions que nous avons prises en envoyant des commissaires dans plusieurs départements , les huit mille sacs de farine que le ministre Roland nous a annoncé venant d'Angleterre, nous font espérer que nous ne serons pas réduits h manquer de pain, mais il faut que c^ secours arrivent, et nous ne sonmies maîtres ni des veuts, ni des préjugés d'une certaine portion des citoyens, et nous n'avons en notre pouvoir qu'un approvisionnement de huit jours.
Citoyens, voici les seuls moyens de nous secourir :
i* Écrivez sur-le-champ aux corps administratifs de Lot-et-Garonne, Gers et Haute-Garonne, et aux vrais amis de la patrie qui composent les société populaires.
9* Autorisez le citoyen Loclerc, directeur des vivres de la marine, à suspendre, pendant un délai très court , les envois qu'il doit faire aux colonies ; elles ne souffriront pas, les farines des Etats-Unis y sont abondantes et sans débouché au prix de 66 à 79 livres argent des colonies, ce qui fait && à &8 livres tournois le baril. Nous en joignons la preuve à notre pétition.
3** lie munitionnaire des vivres de terre a i,âoo boisseaux de blé froment pour la boulangerie, indépendamment de ce qui lui est nécessaire pour le service.
Citoyens, ce n'est qu'à la dernière extrémité que ces deux fonctionnaires doivent être autorisés à nous prêter les denrées de leurs magasins, et à la charge du plus prompt remplacement; mais ces mesures sont indispensables pour que nous n'ayions pas à trembler sur le sort de la cité , et ces mesures sont en votre pouvoir, la loi du 1 6 septembre ne regardant que les commissaires du pouvoir executif et les corps administratifs.
Citoyens, comptez sur notre dévouement aux intérêts de la République française.
A Bordeaux, le 7 octobre 1792 , l'an i" de la République française.
Les citoijeiis composant le conseil général de la commune de Bordeaux,
Jaibert, ojjjicier municipal, président; Lassabathie, officier municipal, commissaire des subsistances; Caxescasse, officier municipal; A. Bbllot, notable, commissaire.
Vu et approuvé par nous, administrateurs du directoire du district de Boi*deaux, qui joignons nos plus vives sollicitations h celles de la municipalité de Bordeaux auprès des citoyens commissaires de la Convention nationale, dont le zèle et le patriotisme qui les distinguent nous fout concevoir d'avance d'heureuses esp<h*ances pour l'objet de notre sollicilation.
A Bordeaux, le 7 octobre 1792, l'an i" de la République française.
DnFOURE, administrateur; Duvernay, administrateur; Falre LArBARiîDB, secrétaire d* office.
190 CORRESPONDANCE CÉNÉR U.E DE C \R\OT. [ ; « r. 1 791 ;
1^ roiM^il f[énén\ du cli'piieiii^nt ilr la Gimmip. oui 1<* |)mriin*ur |;ni«*r«i iynrfK* . roiwicbH^nt rimportaiK^ d^ lohji*! dt» la |iétitinn du ronsf d f;»*nrral «1«* la cnmmunr Ae Bordeaux. H joignant m^ noiliritaUcns au\ liionm**. a|i|»nNivf» Uiliii» p^ition H pm innUmment 1^ citoyens roniuiiwuiirp<i de la <Ionvrntif»n iialiunAk' d*y avoir i^anl.
Fait k IkirdfauY m ronaeil g^n^ral du d«^|»ar1<'mrnt m M^anei* |HdilH|ue le 7 ortolire 1 794 . Tan 1" Ae la R^|Md»lif|iH* franrai^.
L JoiMi . prèâiiient; DcMiia. laMoi(>Ti. Cihiibt. Pijoil\-
lattOfilB. I«%«MII'. lloLLICa. M(»^BiLO^ , Micll**l |)E%ILLEai»l«.
Bi N %^ . êtcrêtairt ffenêra! proriêoirr, { kitk. Mttn. (U Bordrtat. ivf. da MMi*il frn^iil dt b romnaoe, M. 63 rt 61.)
3. BOBDCilX, 7 Ot.TOBIIK fJiJ'Jt. — ARIi£t^. DF.S COVVI>SAlRES.
Vu la |M*tilinn ri-joint*» du fonsi»iI i^'nrral d«» In ronimuno Ao Borfloaux, l'uvi^ du din^toin*du disInVi H fiirrrl/* du dinvtolro du d«*|»artrmrnt, nouA«roniiiiissain*^ do In Conv«»ntion nationale*. a|>|irouv«in« |t*< mesurer propo^Vs par l**% corps administratif (*t municipal; on con^'*qucnrc nous ordonnons (|iio l«* dirort«Mir dos vivn*s do la marino suvpondra juMjirau i** novombn* |>n»chain ios onvois (|u*ii doit fain* aui colonios ot f|uo, dans lo cas où il S4*rait n*connu quo la >illo d** n«»rdoaux man«|Uorail do tout aiitro ino>on do subsislancos, il dôli^n-ra au ronml gf*nôral do la comniuno,a cliar};<? do n*mplarcmonl . los farinon qu'il so trouvera avoir: onjoif^nons paroillomonl . dans io mtWno ca«, au pn'poM» dos subsistancos miiilairos do d«''li\nT los quatonf^ conts Imiï*^ soaux do fromont qui Mint dans S4»s maf^asins. si cliar|;o do roniplacomonl.
A Bordoaux, io y octobro 17;)'». Tan 1 do la Kôpubliquo.