‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 91 sur 207 · BORDEAUX, 7 OCTOBRE 179'i · texte numérisé non relu

BORDEAUX, 7 OCTOBRE 179'i

LES COMHISSAIRES i LA CONVENTION.

Analyse. — Une lettre des commissaires de la Convention nationale aux frontières des Basses-Pyrénées donne à l'Assemblée les détails suivants : A leur arrivée à Bordeaux, ils ont fixé^^^ un plan général d'opérations dont voici les bases :

1* Il sera organisé sur les frontières d'Espagne, depuis Perpignan jusqu'à Bayonne, une armée de âo,ooo hommes, dont la moitié à peu près sera mise sur pied sans délai, et dont la seconde demeurera en réquisition permanente, toujours prête à se réunir, de manière que la première seule puisse suffire, si l'on veut rester sur la défensive, ot que les deux ensemble puissent faire l'invasion du pays ennemi, si l'on yeut agir offensivemcnt.

(*) En mai 1790 il y eut à Montauban ncral de brigade au mois de mars ou avril

des troubles très graves et la garde nalio- 1798 par les représentants Ysabeau et

nale bordelaise alla porter secours aux Neveu.

patriotes et rétablir Tordre dans cette ville. ^^^ Le Journal des Débats (n* a6 , p. /i7 1 )

(Cf. Moniteur, IV, ^107 et ^79.) ajoute : trAvec le citoyen Lacuée, commis-

**^ Le colonel Courpon fut nommé gé- saiix» du pouvoir exéculif.i)

[7 0CT. i79«.] MiSSIO.\ À BAYÛ.NNE ET DANS LES PIHÉNÊE^ 187

9* Les places de guerre seront mises dans Tétat le plus respectable de dâense et demeureront constamment munies de tout ce qui est né* cessaire pour rendre cette défense parfaite.

3* U sera établi sur ces mêmes frontières une artillerie matérielle, des munitions de guerre et des magasins de toute espèce pour une armée de &o,ooo hommes. Ces magasins, une fois établis, devront être précieusement conservés pour les guerres possibles à venir* de manière qu'en cas de pareil événement il nV ait plus que des bommes à iaire mouvoir et qu'on ne se trouve plus réduit à la nécessité de recourir dans l'occasion à une multitude de ces expédients précipités et ruineux qu'entraîne le défaut de magasins établis de longue main pendant la paix.

Cest d'après ces bases qu'ils ont fait aux corps administratifs dos départements circonvoisins une réquisition pour qu'ils eussent à procéder aux levées, habillement et équipement des bataillons à fournir* et à leur procurer les connaissances locales.

«Ici, disent les commissaires, Tharmonie ri'gne entre les citoyens et le zèle pour voler aux frontières est si grand qu'une armée de cent mille hommes eât été facile à lever dans ces contrtVs.

(cLa garde nationale bordelaise, qui forme d'ailleurs une arnuv d'environ 17,000 hommes, est un excellent corps de n»sene et voK^ rait avec ardeur au secours des frontières, si elles étaient attaquivs.

«Les subsistances et les routes des contrées t|ue nous avons parcourues depuis Limoges sont des objets qui doivent le plus spiviaK^ ment exciter votre sollicitude -^^ jy

Le répartement inégal et arbitraire des contributions publiques excite des réclamations. L'on regarde surtout le dnùt de patente connue un fléau. On demande partout que quiconque n'a que le mVessain* le plus resserré pour exister avec sa fimiille. soit dispensé de payer aucun impôt.

L'idée de la loi agraire, répandue par les ennemis du bien public « a jeté partout la terreur. Cette loi, destructive de toute émulation et de toute industrie , ne manquerait pas d'opérer un soulèvement universel. Que le luxe disparaisse, on ne peut qu'applaudir à cette réforme; mais

^^) Celte première partie de Tanalysc de A l^aide de ces doux recuoiU j*ai pu donaor la leUre est empruntée au Bulletin de la une analyse plus détailliv de cet im|K»r(aiil Convention , la seconde au Journal det Débats, docuuiout , dont rori(;iual a dispiiru.

188 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [7 oct. 1793.]

ce ne peut être que graduellement par le système des impositions et le partage des successions.

Partout une confiance sans bornes pour la Convention; partout la nouvelle révolution a réuni tous les esprits ^^\

Les commissaires ont visité le Château-Trompette, véritable bastille, absolument inutile à la défense de la ville. On pourrait en ordonner la démolition , en réservant seulement les casernes et les magasins intérieurs.

Les commissaires ont prononcé la suspension provisoire du commissaire ordonnateur des guerres. Ils terminent en faisant le récit d'une fête civique donnée à Bordeaux pour célébrer la liberté, Tégalité, la République , son unité et le succès de nos armes ^^\ L'effet de ces spectacles, disent-ils, influe trop visiblement et trop favorablement sur les mœurs publiques pour en méconnaître l'extrême utilité. Ils rendent compte aussi d'une séance de la Société des Amis de la liberté et de l'égalité, à laquelle ils ont assisté et où s'est élevé dans un moment un monceau de dons patriotiques ^^K

Ils annoncent leur départ pour Bayonne.

{Bulletin de la Convention da a6 octobre 1791 et Joftmal de$ Mate, n* a6, p. à-ji.)

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