‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 108 sur 195 · I. Commuaication de M. le comte de La Ferroaays · texte numérisé non relu

I. Commuaication de M. le comte de La Ferroaays

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Mais la prudence veut maintenant que cette armée de Pologne ne soit pas trop considérable, de peur qu'elle ne produise justement l'efîet qu'elle est destinée à prévenir. Si elle alarmait l'Angleterre en lui faisant croire qu'un si grand nombre de soldats ne peuvent être réunis pour une simple mesure de précaution, l'Angleterre se croyant sûre de l'intervention de la Russie pourrait prendre les devants et se déclarer.

Vous développerez cette idée. Il faut aussi que l'article semiofficiel ne soit mis dans les journaux de l'Allemagne, soit à Francfort ou ailleurs, que lorsque nous pourrons savoir de combien de mille hommes se composera l'année de Pologne.

Je crois. Monsieur le Comte, que cette pièce que je n'ai pas voulu qu'on appelât protocole où procès-verbal d'une conférence, mais résumé d'une réunion, empêchera tous les commentaires que M. de Metternîcli n'aurait pas manqué de faire sur les pièces officielles publiées par l'Angleterre. Il n'aurait pas manqué de dire que dans mes conversations avec Sir Charles Stuart, et mes communications avec l'Angleterre, je n'avais jamais parlé de l'alliance et que j'avais au contraire toujours parlé de paix. La réponse serait pourtant bien simple. L'Angleterre nous menaçait toujours de la guerre, si celle que nous allions faire était une guerre européenne et si nous ne profitions pas de toute ouverture pacifique pour faire unarrangementaveclesCortès. Je devais donc éviter deux choses, pour légitimer une rupture que le reste de l'Europe (et la Russie la première) craignait autant que nous '; je devais éviter de mêler les alliés dans mes conversations et de repousser les propositions sans cesse renaissantes de sir Charles Stuart. Tout ce qui était paroles est dans ce sens ; mais dans les choses écrites j'ai parlé des alliés et maintenu le droit d'intervention et de guerre. La preuve d'ailleurs est au bout^ : nous sommes à Burgos et nous reconnaissons l'armée de Pologne

t. Lee trois derniers mots manquent dans le Congrit de Vérone. 2. Lesquiaie derniers mots manquent dans leCongrèide Viirone.

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pour l'armée de l'alliance. Que veut-on de plus ? ' rien n'est changé de nos plans : c'est toujours à Madrid que nous arriverons du 20 au 25 mai, que nous établirons le conseil de Castille pour désigner un gouvernement provisoire. Nous aurons un ambassadeur auprès de ce gouvernement. Les puissances continentales y auront les leurs, et les alliés travailleront de concert avec nous à la pacification future de l'Espagne. Ce plan est excellent par sa simplicité. Nous aurons pris pour nous tous les hasards de la guerre; les alliés auront les honneurs de la paix. Mais cette paix sera une grande question. Vous devez travailler d'avance à préparer l'esprit de l'Empereur à ce sujet. Si l'on s'obstinait à ne vouloir la pnix que quand Ferdinand sera physiquement libre, ou quand l'armée des Cortès sera licenciée, il est évident qu'on demanderait à la France de faire une guerre qui pourrait durer trente années. Les Cortès ne voudront jamais être pendus, et Quiroga et Riégo ne consentiront pas à être fusillés : maîtres du Roi, ils ne le lâcheront jamais, et l'enfermeront dans Cadix où, protégé par les flottes de l'Angleterre, personne ne pourra l'atteindre. Si donc on nous proposait des changements si considérables dans la constitution que Ferdinand fut réellement Boi, il est clair qu'il pourrait faire après la paix, et en vertu même de la Constitution, ce que nous désirions en vain qu'il fît avant la paix ; c'est-à-dire défendre les Cortès et licencier l'armée, puisqu'il doit avoir le droit de dissoudre le Chambres et être comme le Roi de France, maître de l'Armée. - Le bon sens et la saine politique indiquent cela. Nous avons mis la monarchie française sur une carte pour faire cette guerre. Notre enjeu est trop fort pour que nous ne demandions pas à être écoutés sur la suite de la partie. C'est notre sang qui coule. Ce sont nos trésors que nous répandons. Les alliés sont tranquilles et bien chez eux, ils ne peuvent pas nous ordonner de '

1. Les dix-huit derniers mots manqueDt dans le Congrès de Vérone.

2. Les trente-un derniers mots manquent daas le Congrès de Vérone.

3. Congre» de Vérone « prétendre •■ au lieu de • nous ordonner de )..

faire tuer 4 ou 5 cent mille français de plus et de dépenser un milliard parce qu'il y aurait telle nuance dans une constitution, tel article dans un traité de paix qu'ils ne voudraient pas y voir. Vous commenterez ce texte.

Pozzo va bien ; mais il me tourmente trop pour des conférences. Je veux bien des conférences, mais rarement et à propos, autrement elles nous ôteraient cet air d'indépendance que nous devons conserver surtout parce que nous sommes royalistes; elles nous rendraient impopulaires, et par conséquent nous raviraient notre force qui commence à être très grande dans le public. Jamais ministère n'a été placé dans des circonstances plus graves. Nous les surmonterons. Tout va bien. Mais les alliés doivent éviter tout ce qui redoublerait nos embarras.

Nous venons d'avoir des élections miraculeuses. Dans trois mois la France peut être arrivée à un haut point de prospérité et de gloire : cela dépend de la sagesse de nos alliés. <

Insistez toujours pour les ambassadeurs à Madrid, et il faut de plus que les grandes puissances forcent les petites à envoyer aussi leurs ministres auprès du gouvernement que nous aurons reconnu; plus le corps diplomatique sera nombreux, plus la position de l'Angleterre sera embarrassante, ou plutôt la position de Sir William A'Gourt, geôlier- de Ferdinand à Séville, ne sera pas tenable. Nous sommes convenus d'admettre l'ambassadeur de Naples à nos conférences, quand il y en aura. Le Prince de Carignan a fait demander par le roi de Sardaigne à servir comme volontaire sous Mgr le duc d'Angouléme ; le Roi lui a accordé cette permission . C'est un moyen noble de revenir à Turin.

Nous avons déclaré à l'Angleterre que nous n'armerions point en course et que nos vaisseaux de guerre ne prendraient point les vaisseaux marchands espagnols. Cela était aussi généreux que politique. Nous demandions en même temps que l'Angle-

1. Lee quatre dernières phrases manquent dans le Congrt» de Vérone.

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