‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 111 sur 195 · Catalogue Gourio de Refuge · texte numérisé non relu

Catalogue Gourio de Refuge

3. PailhèH Ladttchette de Durât, p. 240. — Collationaé sur l'origiiMl

autographe.

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1090 24 avril 1823.

A H. Delavau préfet de police.

Paris, 24 avriH823.

Au sujet du renvoi dans leur patrie d'Espagnols réfugiés en France. '

i091 24 avrU 1823.

An vicomte de Harcellus.

Paris, ce 24 avril! 823.

Vous vous êtes trop alarmé. Je conçois que, sous le feu de la tribune, rencontrant ensuite dans les salons les auteurs de toutes ces injures, et gêné dans tous vos rapports de politique et de société, vous ayez fini par beaucoup soulTrir, et par croire le mal beaucoup plus grand qu'il ne l'est en elTet. Mais en y réfléchissant, vous aurez vu que le voyage de Bourqueney était tout à fait inutile. Il 9 eu ici un inconvénient. On n'a pas manqué de dire que B[ourqueney] arrivait pour apporter des déclarations importantes, et, dans le fait, il n'apportait rien. Qu'importe une nouvelle scène à la Chambre des Communes, ou à la Chambre des Pairs ? On ne peut produire aucun documentécrit par moi qui ne porte le cachet de la modération et de la bonne foi. Quant à cette lettre de Madrid (si on l'a produite), vous trouverez ici la note que je ferai insérer dans la partie oHîcielle du Moniteur. Voilà votre réponse et la mienne. Vous direz quelque chose de plus : ou cette lettre a été communiquée confidentiellement k Sir William A'Court, ou elle a été surprise. Dans le premier cas, quel abus de confiance ! Dans le second, comment a-t-on avancé une lettre qu'on aurait, obtenue par de si lâches moyens !

i. Fiche communiquée par M, Charavay.

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Vous demandez des instructions ? I] n'y en [a] point à vous donner. Vous allez très bien ; soyez sûr qu'on ne nous déclarera point la guerre et que tout cela n'est qu'une rage impuissante. Le gouvernement anglais s'est tout à fait dégradé dans le jugement de l'Europe, par ses derniers procédés. 11 doit ce malheur à l'impétuosité de M. Canning, qui n'est point du tout homme d'État. La France est grave, patiente, réservée ; elle poursuit la guerre avec autant de force que de sagesse. Elle vient de resserrer ses liens avec l'Europe, et désormais elle est à l'abri, même d'un revers. Hiçr si je m'étais trouvé à la Chambre des Députés lorsque M. Hy^e de Neuville a parlé, j'aurais répondu ; j'aurais blâmé son attaciue contre l'Angleterre, et j'aurais dit des choses polies, même à M. Brougham. Mais cela se retrouvera à la Chambre des Pairs, et je ferai un grand éloge du Roi d'Angleterre. Je n'ai point répondu aux questions de M, du Vei^ier de Hauranne, parce qu'il posait des interrogations dangereuses, et parce que, cette séance étant la dernière de la Chambre des Députés, j'aurais laissé M. Canning et l'opposition anglaise maîtres de mes paroles, sans pouvoir avoir une occasion de les expliquer, en cas qu'ils les eussent mal interprétées. Si on vous parlait de la proclamation de lajante, dites que nous ne nous mêlons point de la politique espagnole : que nous ne reconnaissons que nos propres paroles et que toute notre politique est dans la proclamation de Mgr le Duc d'Angoulême. Qu'ensuite cette proclamation de la junte a été donnée de toutes les façons et que nous ignorons laquelle est l'originale. Qu'après tout, ce ne sera pas la junte, mais nous-mêmes qui ferons la paix ou la guerre.

Je vous recommande une chose fortement : n'allez plus chez M. Canning que très rarement : faites des visites courtes et froides, et ne lui parles plus du tout.. Un homme qui a fait des vœux publics contre la France doit n'avoir plus que les rapports les plus indispensables avec le représentant de la France. Le ton de familiarité et d'insulte que M. Canning prend avec vous est de la dernière inconvenance. Abstenez-vous donc. Nous

sommes assez forts pour qu'il n'y ait aucun danger & ce que l'on remarque votre froideur. Sir Charles est devenu ici très caressant ; il semble qu'il ait eu ordre de se rapprocher de moi et de faire des espèces d'excuses. Je n'ai pas fait entendre une plainte, et Je sais qu'il fait de grands éloges de ma modération et de mon ton. Nous recevons les meilleures lettres de l'Autriche, de la Russie et de la Prusse. Dites à vos collègues que l'union la plus étroite existe entre les quati'e cours continentales. Vivez avec eux dans la plus parfaite union. Lisez-leur des paragraphes de mes lettres.

Invitez-les à dtner, et qu'on remarque votre intimité d'un côté, comme on regardera votre froideur de l'autre. Bien entendu que tout cela doit être fait sans alTectation, et dans la mesure qu'il faut mettre à tout.

Quand j'aurai une réponse des cours sur l'armement en course, etc., je vous dirai de faire une nouvelle démarche officielle auprès de M. Canning.

Je vous renverrai Bourqueney la semaine prochaine, si je ne puis le comprendre dans le travail dont je vais bientôt m'occu-

Vous voilà biea endoctriné. Il m'en a coûté une partie de ma nuit.

Tout à vous.

Chateaubriand.

'Nous sommes autorisés A déclarer que la lettre de M. de Chateaubriand au comte de la Garde en date du ISjanvier, que cette lettre, telle qu'elle a été produite à la Chambre des Pairs et k la Chambre des Communes en Angleterre, est mutilée et altérée dans son texte. Le dernier paragraphe de cette lettre est tout entier supprimé. Nous sommes encore autorisés à déclarer que la phrase sur laquelle on a voulu argumenter n'est pas exacte. Au lieu de ces mots : « Lord Fîtz-Roy Somerset et sir W. A, Court

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