‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 116 sur 195 · Communication de M. de Montbron · texte numérisé non relu

Communication de M. de Montbron

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Au marquis de Garfunan-

Paris, 8 mai 1823.

Monsieur le Marquis,

J'ai reçu vos dépêches jusqu'au N" 34. La dernière m'a été apportée par un courrier autrichien. Le courrier que vous m'avez expédié m'avait apporté les précédentes.

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt le détail de vos entretiens avec M. de Mettemich. La conliance qu'il met dans nos dispositions et dans notre langage ne peut être que très utile au succès des alFaires. Il sait que celle que nous lui montrons est sincère, et que nova n'avons d'autre but que le maintien de l'Alliance et la conservation du repos de l'Europe

Dans une lettre que je vous ai dernièrement adressée par un courrier de M, de Vincent, je vous faisais part de nos dernières nouvelles d'Espagne. Nous avons appris avant-hier par dépêche télégraphique que Mgr le duc d'Angoulême avait quitté Vittoria le 5, pour se diriger sur Madrid. Nos avant-postes s'approchent déjà de cette ville, et l'armée n'éprouvera aucun obstacle pour y entrer. L'armée de Catalogne s'avance de son c&té, et partout elle est reçue avec joie. Mina, dont les forces paraissent réduites à 8 ou 10 mille hommes, se retire sur Barcelone : sa position devient très mauvaise. Nous pensons toujours que Mgr le duc d'Angoulême sera du 20 au 25 & Madrid ; il est bien & désirer que les agents diplomatiques des Cours alliées puissent y arriver immédiatement après pour reconnaître le gouvernement provisoire et y traiter de concert les grandes questions qui doivent y être agitées. Je ne sais pas si M. Brunetti a reçu ses instructions. Je vous prie, Monsieur le Marquis, de vous en assurer et de prier M. de Metternich de les lui envoyer, s'il ne les a pas

Je vous ai mandé que le comte d'Amaranthe avait été forcé de se retirer en Espagne. 11 a fait demander à Mgr le duc d'Angoulême la permission de se joindre aux troupes françaises. S. A. a fait répondre qu'EUe ne pouvait le lui accorder, la France n'étant point en guerre avec le Portugal, mais qu'il pouvait, s'il le jugeait à propos, se réunir aux forces royalistes espagnoles. Le comte de Souza, qui partageait le commandement avec M. le comte d'Amaranthe, a fait la même demande et reçu la même réponse. Riego, qui avait poursuivi les royalistes jusque sur le territoire espagnol, est rentré, dit-on, en Portugal : on croit que le comte d'Amaranthe prendra ce parti.

Les dernières séances du Parlement d'Angleterre ont été fort vives, et on aura pu y remarquer que le ministère et les Communes ne sont point animés de dispositions très bienveillantes pour nous. Mais le fond de la question est resté le même : l'Angleterre garde la neutralité, et sent que son véritable intérêt est de la maintenir.

Je vous envoie la réponse de M. Canning à la Note que nous lui avions adressée .sur les armements en course. Ce qui nous importait dans cette affaire, c'est que l'Angleterre n'autorisât pas l'armement des corsaires e.spagnols dans ses ports, et Elle s'y est engagée.

La clôture de la session des Chambres sera prononcée demain.

Cette dépèche sera portée par courrier jusqu'à Francfort, d'où elle vous sera expédiée par estafette.

Agréez etc.

P. -S. D'après les rapports qui nous parviennentde Séville, les Certes sont dans la plus grande consternation. Ils étaient persuadés que nous n'entrerions point en Espagne, ou que, si nous y entrions, il y aurait soulèvement en France et révolte dans l'armée. Ils s'occupent maintenant de l'idée d'emmener le Roi, soit ft Ceuta, soit aux Canaries. Nous espérons pouvoir prendre des mesures propres à les en empêcher. '

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