Minute aux Affaires Éti-aDgères. Angleterre, 616, f° H
2. MarcelluB Politique de U PeiUuralion, p. 115. — Cette lettre i semble apocryphe.
91$ 11 janvier 1823.
An comte de la Etarde.
Paris, le 11 janvier 1823.
Monsieur le Comte,
Je prolîte du départ de Lord Fitz Roy Sommerset pour vous écrire. Vous êtes dans ce moment au milieu de la crise ; il est de mon devoir de vous soutenir, car je n'ai pas besoin de vous encourager.
Rien n'est changé aux dispositions du cabinet: pour votre conduite, vos paroles et vos actions, je m'en réfère k ma dépêche du 1" janvier. Nous ne reculerons point. Chaque jour ajoute à la nécessité où nous sommes de prendre un parti.
Le territoire français a été violé par ua corps de troupes constitutionnelles. Vous verrez les détails de cet événement dans les pièces officielles annexées à cette dépêche. Un fonctionnaire public français parait avoir trahi ses devoirs. Ce qui donne encore un caractère odieux à cette violation du droit des nations, sans, toutefois, ajouter à la gravité du délit, c'est que les troupes espagnoles constitutionnelles auraient, ponr ainsi dire, abusé du sol français pour aller surprendre et égorger quelques paysans blessés, restés dans un village espagnol qui touche à notre extrême frontière.
La France ainsi olîensée dans ses droits, son honneur et sa générosité, sait qu'elle n'a besoin que d'elle-même pour obtenir justice ; mais si elle ne peut jamais manquer à sa propre dignité, elle doit encore Sdélité aux traités qui la lient aux puissances continentales. Or, le délit commis sur nos frontières est prévu dans le procès-verbal du caaus faderu : !• invMÎon da territoire français ; 2° tentatives faites pour ébranler la fidélité des sujets de Sa Majesté T. C.
Vous garderez entre vos mains. Monsieur le Comte, les pièces que j'ai l'honneur de vous transmettre. Nous n'en sommes plus
au temps des demandes en réparation. On vous promettrait ce qu'on ne pourrait tenir etTimpiuiité ajouterait à l'outrage. Mais dans le cas où, vous renfermant dans vos instructions précédentes, vous croiriez devoir demander vos passeports, ou au moment où je vous enverrais de la part du Roi l'ordre de quitter Madrid, parmi tous les sujets de plainte que vous exposeriez alors au ministère espagnol, vous lui remettriez la preuve que le territoire français a été violé ; déclarant que parce seul fait, l'honneur et la dignité de la France ne lui permettent plus de laisser son Ministre à Madrid. Ce fait, si les hostilités doivent éclater, nous placera dans la position d'une guerre défensive.
Nous ignorons les motifs qui peuvent conduire Lord Fitz Roy ft Madrid. Son caractère connu nous fait espérer qu'il s'y rend dans des intentions de paix et de conciliation ; mais il est sî rare que les révolutions rétrogradent, que vraisemblablement les efforts du noble Lord seront vains.
L'emprunt espagnol paratt avoir été pris à Londres par les maisons Reid Irving, Thomson et Campbell ; dans les circon.stances actuelles, il est bien difficile qu'il se réalise.
Je voudrais pouvoir, Monsieur le Comte, vous donner conseils et secours: mais comment juger à Paris des événements qui se passent & Madrid ? Comment vous dire ce que vous avez de mieux à faire ? Je ne doute pas que vous n'ayez déjà pris toutes vos précautions pour mettre en sûreté la vie des Français et pour soustraire vos papiers aux recherches révolutionnaires. Si l'argent vous manque, tirez sur moi les sommes qui vous sont nécessaires ; je ne vous laisserai manquer ni d'argent, ni d'instructions.
Agréez, Monsieur le Comte, les assurances de ma haute considération.
A M. le comte de Lagarde, Ministre Plénipotentiaire, à Madrid. '
I. Aflaires étrangères, Espagne, 721, f° 48. — Le comte de Gabriac {op. cil.) a publié quelques fragmeiils de cette dépî'che.
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91S [12 janvier 1823.]
A la ducheBse de Duras.
Dimanche.
Je n'ai point vu d'autres, pas même V Abbaye. Que dites-vous de cela ? Je suis mieux. Demain, j'irai m'enrbumer chez vous. '
9U 12 janvier 1823.
Au comte de la Garde.
Paris, dimanche 12 janvier 1823, onze heures du soir. Lord Fitzroy est parti hier sans emporter cette dépêche. Aujourd'hui, 12, un courrier nous a apporté vos dépêches du 5 janvier, n*" 2 et 3, avec trois pièces et deux lettres particulières à M. de Villèle, l'une datée du 5 et l'autre du 6. J'ai consulté le conseil, et sur son avis je vous invite, monsieur le comte, h ne plus diirérer de parler à M. de San-Miguel de la violation du territoire. Vous lui apprendrez le nouveau délit dont nous avons droit de nous plaindre ; vous lui direz que nous n'en demandons aucune réparation partielle, car il ne s'agit plus maintenant d'échanger des notes et de se contenter de promesses qui n'auraient aucun résultat. Vous direz que cette violation du droit des nations prouve de plus en plus qu'il nous est Impossiltle de rester dans la position où nous sommes, qu'il n'y a qu'un changement notable dans l'ordre des choses en Espagne qui puisse satisfaire à ce que nous devons à notre sûreté comme à notre honneur. Vous déclarerez enfin, monsieur le comte, que si le changement n'est ni prompt ni décisif le gouvernement du roi sera sans doute forcé
I. Paîlhès La dvchtue de Dura», p. 237. — Collatiouné sur l'oriifiaal autographe.
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de vous rappeler, et que cet ordre peut vous arriver d'un moment à l'autre.
On assure qu'il y a ici, à Paris, des nouvelles de Madrid du 7, c'est-à-dire d'une date postérieure à celles que nous avons reçues de vous.
II paraîtrait, par les nouvelles, que les notes des quatre cours auraient été renvoyées à une commission des Cortès, chaînée de les examiner et d'y répondre. Ne vous laissez pas, monsieur le comte, abuser par des mesures dilatoires, qui n'ont d'autre but que de gagner du temps et de ne rien conclure. Cette commission, si elle existe, fera-t-elle son rapport? consentira-t-elle à des changements qui puissent assurer le repos de la France et de l'Europe ? — Si elle se contente de dire qu'un jour on pourra examiner ce que la constitution espagnole peut avoir de défectueux, pouvons-nous nous contenter de cette réponse ? Non, sans doute : il nous faut quelque chose de clair et de net, cor il est impossible d'ouvrir les chambres sans leur dire où nous en sommes avec l'Espagne, et si enfin nous avons la paix ou la guerre. Déiiez'vous de l'Angleterre dans tout ceci. Elle ne vous secondera réellement que quand elle croira que la France n'a peur de personne. Soyez ferme avec sir W. A'Court, et montrez-lui que nous sommes las enfin de nos inutiles sacrifices.
Vos collègues de Russie, d'Autriche et de Prusse ont ordre de se retirer, quelle que soit la délibération des Cortès, à moins d'un changement réel ; il ne nous appartient point d'affaiblir leurs résolutions. Laissez-les donc agir d'après leurs ordres. Vous trouverez ci-joint un paquet de dépêches des trois cours pour vos collègues. S'ils étaient partis quand cette dépêche vous arrivera, vous jetteriez le paquet au feu. Faites tous vos préparatifs de départ, afin de quitter Madrid sans délai au premier ordre que le roi me chargerait de vous transmettre.
i. Congre» de Vérone.
915 i3 janvier 1823.
A ViUèle.
Lundi, 13 janvier 1823.
Mon cher ami, ma sœur me tourmente. Donnez-moi une recette pour mon neveu Kerninon que j'ai si inhumainement sacrifié à Clausel. Je ne demande guère pour mes parents et en vérité, vous me devez quelque chose pour eux.
Ensuite la croix d'honneur pour mon bon Le Moine. Il a blanchi dans votre administration financière. Il est à la caisse d'amortissement, faites-vous représenter sa pétition.
Ensuite La Rocbejaquelein demande une meilleure recette pour le receveur de l'arrondissement de Bressuire, et la recette de Bressuire pour son beau-frère Songy. C'est notre ami.
Voilà, mon cher ami, mes ambitions, satisfaites les : elles sont modestes. Nos affaires vont bien parmi les Royalistes. La Quotidienne revient ; tout s'arrangera. Tout à vous de cœur.
CllATEAVBRtAND.
J'ai une dépêche de Marcellus assez curieuse : Canning veut encore nous proposer de nouveau sa médiation. Tenons bon. ^
916 [Janvier 1823.J
A la duchesse de Duras.
Oui, vous me verrez ce matin, mais je souffre toujours beaucoup. -