‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 145 sur 195 · Archivea de La Ferronnays · texte numérisé non relu

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2. En tète, au crayon, ces deux mentions : n Reçu le 34 — Bép[oadu] le

3. Original. — Signature autographe. — Affaires Étrangères, Prusse 263, pièce 80.

coDsommée le 3, et le Roi et la famille royale rendus à leur pleine et entière liberté. Cela est immense par les résultats pour nous, et cela finit richement la ^erre d'Espagne. Que le Roi soit emmené à Cadix (comme je le crois toujours) cela prolonge la lutte de quelques jours, et voilà tout. Bourmont et Bordesoulle doivent être au plus tard aujourd'hui à Séville. Rien de nouveau d'ailleurs ici. Nous voyons bien dans le gouvernement anglais qu'il est aisé de remarquer un redoublement d'humeur, à ihesure que nos succès augmentent et que les choses tirent à leur fin. Cela passera, et l'Angleterre sentira la nécessité de ne pas se brouiller avec l'Europe par amour pour les Jacobins d'Espagne.

Voilà une lettre qui m'arrive de Madrid pour votre fête.

CHATEAtlBKUND. <

416i [Juin 1823.J

A Madame Récamier.

Chambre des députés, vendredi soir.

Ne m'en voulez pas, je vous en supplie. Je suis dans un moment déplorable entre les deux Chambres où je cours,

1. D'après l'origmal autographe. — Communication de M. de MontbroD. — Marcellus (Polili^ue de la Reilauralion, p. 301) donne le texte suivant : « Paris, 19 juin 1823.

V Je reçois à l'instant de Madrid la confirmation des bonnes nouvelles du Portugal. La contre-révolution y a été consommée le 3, et le roi et U famille royale rendus A leur pleine et entière liberté. Cela est immense pour noue par les résultats, et cela finit richement la guerre d'Espagne. Uaintenant que Ferdinand Vil soit emmené à Cadix (comme je le crois toujours), cela prolonge de quelques moments la lutte, et voilà tout.

II Bourmont et Bordesoulle doivent être au plus tard aujourd'hui ii Séville. Il est aisé de remarquer un redoublement d'humeur dans une portion du ministère anglais, à mesure que nos succès augmentent et que les choses tirent à leur fin. Cela passera, et l'Angleterre sentira bientôt la nécessité de ne pas se brouiller avec l'Europe par amour pour les Jacobins d'Espagne. C. »

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croyant toujous parler et ne parlant jamais, et les coomers, et les persécutions de l'Europe et Ae l'intérieur. J'espère que tout cela finira demain. Grâce, mille fois grâce. Plaignez-moi, ne m'en voulez pas, gardez-moi votre ai^lique bonté. A demain -mon pardon, ou plutôt des consolations pour ce que je souffre. '

lies 20 juin 1S23.

An Comte de Serre.

N" 10 Paris, 20 juin 1823.

Monsieur l'Ambassadeur,

L'organisation de la Régence formée à Madrid pour administrer le royaume pendant la captivité du roi Ferdinand a préparé le rétablissement des relations politiques de l'Espague avec les autres puissances. L'ambassadeur de France et les légations d'Autriche, de Prusse, de Russie se sont mis en route pour Madrid; ils sont accrédités près du Roi, et ils le sont également près de la Régence jusqu'au retour du monarque. ^ S. A. R. le duc d'Angouléme a fait marcher deux divisions de son armée vers Séville, l'une par la route de la Manche, l'autre par celle de Talaveyra de la Reyna. Chacune de ces deux colonnes n'a rencontré, jusqu'à la date des dernières nouvelles, que quelques corps de troupes qui n'ont point tenu devant elles et qui n'ont point ralenti leur marche. Les mouvements de l'une et de l'autre division se combinent avec ceux des royalistes espagnols qui se montrent armés sur un grand nombre de points, et tout porte à croire que ces troupes seront arrivées à Séville le 22 de ce mois.

Le Roi a été forcé d'en partir le 12, et les Cortès qui voulaient

' 1. Souoenin... Réeamier, t. II, p. 23-4.

l'entraîner k, Cadix sont arrivés à leur but. Une portion cousidérable de la garnison et des habitants de Séville s'y ëtait opposée, soit qu'ils prévissent le» malbeurs que pouvait amener le départ du roi, soit qu'ils voulussent mettre fin à aa captivité et contribuer à lui rendre l'exercice du pouvoir. C'est parce que les hommes qui s'en sont emparés n'ont trouvé à Séville aacun point d'appui dans la force armée, ni dans les dispositions des habitants, qu'ils ont cherché de tenter un asyte dans une ville fermée, et de prolonger, par un dernier moyen de résistance, la lutte où ils se sont engagés. Mais Une paraît pas que Cadix soit approvisionné ; une escadre française est devant le port, et les corps d'armé^ qui se portaient à Séville ont reçu l'ordre de se diriger ensuite sur Cadix.

Lies événements qui viennent de se passer en Portugal doivent avoir sur la situation de l'Espagne une grande Influence; les mouvements royalistes qui avaient éclaté dans les provinces du Nord se sont renouvelés à Lisbonne et ont eu un succès complet. Le prince Michel, l'un des fils du roi, s'est mis à la tête des Portugais décidés à relever l'autorité royale. Toutes les troupesqui étaient dans la capitale et aux environs se sont promptemeat jointes & lui, et le même esprit a rapidement gagné les autres provinces.

{Plusieurs lettres écrites de Lisbonne & Madrid, sous la date du 3 de ce mois, ont annoncé que le roi était entièrement libre, qu'il avait nommé un nouveau ministère, dont M.M. de Palmela, Pamplona et Dos Arcos faisaient partie, et qu'il avait repris la jouissance de son autorité.

Ces rapides progrès d'un mouvement commencé le 27 mai et terminé 6 jours après montrent avec quelle force l'opinion publique s'est prononcée contre l'anarchie. La même crise avait agité toute la péninsule ; partout on fait tes mêmes efforts pour s'en délivrer.

Agréez

Chateaubriand.

Corretpondaace de Ckaleaubritnd.T . IV. 19

P. S. Le général Mina a été complètement battu. Cordoue et Jaea se sont déclarés en notre faveur. Le général Bordesoulle a dû rentrer à SévUle le 17. '

i16S 23 juin 1823.

A H. Saez. ^

Paris le 23 juin 1823.

Monsieur, Vous m'avez fait l'honneur de m'envoyer le 31 mai une lettre adressée par la Régence d'Espagne k S. M. T. C. ^ Je me suis empressé de la présenter au Roi; et j'ai l'honneur de vous envoyer la réponse de Sa Majesté.

Vous ne doutez pas, Monsieur, du vif intérêt avec lequel le Gouvernement français suit les travaux de la Régence. Ils ont été commencés sous d'heureux auspices : ils préparent à l'Espagne le retour de sa prospérité ; tous les vœux du Roi seront remplis lorsque la Régence d'Espagne aura pu parvenir d un si noble but.

Je suis charmé, Monsieur, des rapports que l'absence de M. de Vargas va me donner avec vous, et je saisis avec empressement cette occasion de vous offrir l'assurance de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être,

Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur. '•

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