‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 153 sur 195 · Minute aux AITaii'es étrangères, Prusse, 2G · texte numérisé non relu

Minute aux AITaii'es étrangères, Prusse, 2G

lyGoogle

apercevoir dans leur insurrection la griffe des jacobins de Paris,

Chateaubriand. *

1179 30 juin 1823.

A H. de LessepB.

30 juin 1S23.

Monsieur,

J'ai reçu les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser jusqu'au 1" de ce mois : elles étaient attendues avec impatience. Nous connaissions par la correspondance d'Espagne les changements qui avaient eu Heu h Lisbonne : le départ des troupes, la proclamation de l'infant don Michel, et les premiers progrès du mouvement dont il s'était déclaré le chef ; mais pour fixer l'opinion publique sur des événements si importants il fallait recevoir de Lisbonne des nouvelles directes, et le délai de leur arrivée donnait cours à tous les faux bruits.

S. M. a été très satisfaite de votre conduite dans un moment de crise, et je m'empresse de vous faire part de son approbation. L'intention du Roi est que vous repreniez incessamment vos fonctions de Chargé d'affaires près du gouvernement portugais ; et c'est avec une grande confiance dans votre sagesse et votre expérience qu'elle vous remet le soin de recommencer entre les deux cours les relations diplomatiques que vous avez déjà si bien suivies.

Vos fonctions de Chargé d'affaires ne seront néanmoins qu'intérimaires : les circonstances exigent qu'une Légation spéciale

, 3ie. — Cette lettre est

soit accrëdiiée à Lisbonne ; et S. M. se propose d'y envoyer bientôt un Ambassadeur ; elle se persuade qu'il sera favorablement accueilli. Vous avez contribué par votre bonne conduite k maintenir les relations qui subsistent heureusement entre les deux. Cours ; et vous êtes parvenu dans les moments les plus difficiles à protéger elUcacement les sujets du Roi, dont les intérêts vous ont été confiés. Sa Majesté reconnaîtra vos services.

Les nouvelles d'Espagne nous donnent aujourd'hui la suite des événements qui ont eu lieu à Lisbonne jusqu'au 6 de ce mois. J'espère en recevoir bientôt de vous les détails et la confirmation.

Agréez... '

H80 30 juin 1823.

An comte de Serre.

Paris, 30 juin 1823.

Monsieur l'Ambassadeur,

Lorsque les Cortès ont forcé Sa Majesté Catholique à quitter Séville pour se rendre & Cadix, cet acte de violence a été accompagné de circonstances qui le rendent encore plus grave. Le roi s'était formellement refusé à ce voyage, parce qu'il le croyait contraire à l'intérêt de ses peuples. Mais les Cortès ont osé regarder une telle déclaration comme une preuve d'aliénation mentale : elles ont prononcé la suspension du pouvoir et )'ont entraîné à Cadix, après avoir nommé une Régence.

Cette violation a déterminé Sir William A'Court, Ambassadeur d'Angleterre, à rester à Séville ; les légations de Portugal et des États-Unis, qui étaient encore auprès du Monarque, ont suivi cet exemple : elles ne se sont point regardées comme accréditées

, 1. Mioute BUKAfTaires étrangères, Portugal 137, f 206.

près de l'autorité qu'on substituait violemment ft la sienne. Le seul Ministre de Saxe n suivi la Reine parce qu'elle est Glle de son souverain.

Après le départ du Roi, un corps de troupes constitutionnelles, sous les ordres de Lopez Banos, était entré à Séville pour y lever des contributions. Le général Bourmont a atteint son arrièregarde et l'a taillée en pièces ; il a ensuite rejoint à Utrera le général BordesouUe, pour concerter avec lui les opérations dirigées contre Cadix où paraît régner une grande confusion.

L'expédition du général Molitor s'est faite dans le royaume de Valence avec la même rapidité . Ballesteros, repoussé de position en position, a perdu Terruel, Murviedro, Valence, et toutes les places de ce royaume. Celle de Tortose était conquise en même temps par un corps de royalistes espagnols, et cette conquête assurait toutes les communications du général Molitor avec la Catalogne pCt les troupes de Mina ont éprouvé de nouvelles défaites et où Barcelone commence à être serrée de près.

Ou s'était d'abord borné au blocus des places fortes du Nord qui tenaient encore ; mais des mesures ont été prises pour en commencer le siège, si toutefois elles ne se rendent pas aux sommations de la Régence, après les derniers actes de violence exercés contre le Roi, qui a donné, par sa noble résistance aux dernières injonctions des Certes, de si évidentes marques de la fermeté de son âme et de sa captivité. '

Agréez...

Chateaubriand. ^

1. Cette de ru i ère phrase est obscure; je donae le texte delà copie.

Page 1