Copie aux Affaires élroag^-res, Naples 146, f
1i84 3 juillet 1823
Au vicomte de Marcellua.
Paris, ce 3 juillet 1823.
Je vous envoie le bulletin qui m'arrive ce matin de Madrid et qui ne sera dans le Moniteur que demain. Nouvelle victoire : tout est maintenant dans Cadix. Nous voyons ici que les ordres du Cabinet pour sir William A'Court sont de rester à Séville ou d'aller à Gibraltar ou même à Cadix si la vie da Roi était compromise. Vous voyez que ce ne serait qu'un misérable prétexte pour faire une chose indigne comme gouvernement et dangereuse pour nous, 11 faut s'attendre à tout de gens que nos succès désolent. Si nous obtenons vite Ferdinand, notre position politique sera la première en Europe. Mais si l'Angleterre était sensible à ses intérêts, elle se relèverait de la misérable attitude qu'elle a prise en exigeant de la convention de Cadix la remise du Roi à ses sujets. Comment soufTre-t-elle que 150 coquins tiennent les puissances en armes et l'Europe en souffrance ? Tout à vous.
Chateaubriand. '
1189 S juillet 1823.
Au vicomte de Marcellus.
Paris, S juillet 1823.
Je vous ai mandé dans le temps que le discours bâtard de l'ouverture de la session britannique m'avait été ici présenté à moi-même ; mais je ne savais pas alors qu'il aurait pu être pour
I. Marcellus Politique de la Reitauralion, p. 3â9 (aanex exactement). — Collationné par noua sur l'original autographe. — CoinmuDication de M. deMonibron.
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— 3il —
Toosd'uD effet si lucratif. Il est écrit que je [ailHrai, comme vous, à toutes les occasions de m'enrichir, pour lesquelles j'eusse néanmoins trouvé de bons précédents épiscopaux. dans le ministère que j'occupe ; et je vois bien que je tirerai toujours le diable par la queue.
CHATEAUnBlAND. '
418S 6 juillet 1823.
A Madame de Coatine.
Voilb vos injustices, vous savez dans quel misérable esclavage je vis. J'espère vous voir cet automne. Puîs-je oublier Astolphe? Le temps qui console de tout ne me console pas de vous quitter ; mais vous verrez qu'on me fuît en vain et qu'on me retrouve toujours.
6 juillet 1823. <
^184 7 juillet 1823.
Aq vicomte de Harcellus.
Paris, 7 juillet 1823.
Laissez dire: la mauvaise humeur passera, et si elle ne passe pas, peu importe. Ayons Ferdiuand, et nous sommes au-dessus de toutes les menaces.
Pour ne pas renouveler l'oubli de l'expédition de Lisbonne, voici une lettre de moi pour Lesseps, qui en renferme une autre «n réponse à une lettre excellente que m'a écrite le comte de Palmella. Dans cette lettre à ce dernier j'annonce que M. Hyde de Neuville est nommé ambassadeur en Portiigal, qu'il part le 15,
1. HarveUuB PolUiqae de l» R«tUuralîon, p. 325-fi. Saas doute apocryphe.
2. Barioiix UadatiK de Caatine, p. 310. — Chédieude Robeihon op. cil . ,
qu'il va par terre, passera à Madrid et aura un entretien avec Mgpr le duc d'Angouléme.
Cette nomination de Hyde, si aniianglais, donnera une nouvelle humeur ë M. Canning,
Vous n'avez autre chose à dire avec une grande simplicité que M. Hyde était nommé de tout temps ambassadeur au Brésil, que ce n'est point une nouvelle nomination, et qu'il ne fait que se rendre à son poste ; qu'à la vérité il serait allé à Constantin o pie si le Portugal était resté fermé pour nous, mais que, le Portugal ayant été délivré du joug révolutionnaire avant que M. Hyde eut quitté la France, il était tout naturel qu'il reprit ses fonctions. N'ayez l'air d'attacher aucune importance ft la nomination.
M. de Chabrol est parti aujourd'hui même pour Londres. Je vous le recommande. Je lui ai donné aussi un petit mot de recommandation très amical pour M. Canning. Nous verrons ce que cela produira.
Les ministres ont-ils bien pensé à ce qui peut arriver si les deux frégates anglaises entrent à Cadix malgré le blocus? L'amiral Hamelin a des ordres très-sévères. Comment aussi sir William A'Court entrera-t-il dans Cadix par terre ? Cadix est bloqué avec la plus extrême rigueur. Ne faites pas des questions officielles sur tout cela, mais tâchez de découvrir quelque chose indirectement. Au reste M. Canning nous dira une partie de son secret en répondant à Makîntosh.
M. de Polignac va bientôt partir. Peut>étre même arrivera-t-il pour la clôture du parlement à fin de saisir le Roi. Quand vous aurez passé quelque temps avec lui pour le mettre au fait, vous pourrez avoir un congé. Ne parlez pas du tout de son arrivée.
Tout à vous.
Chateaubriand. ^
1. D'après l'original autographe. — Commuaication de M, de Montbron. — Harcellus {PotUique de la RetUuration, p. 338-40) donne le texte sui- Tant:
« Paris, 7 juillet 1S23.
•< Laissez dire : la mauTaise humeur passera ; et si elle ne passe pas,
f1S5 8 juillet 1823.
An marquis de Clermont-TonneiTe- '
8 juillet 1823.
Monsieur le marquis, Ea rappelant dans la lettre que vous m'avez fait l'honneur de'
peu importe : ayons Ferdinand, et nous sommes au-dessus de toutes les
« Pour ne pas renouveler l'oubli de l'expédition de Lisbonne, voici une lettre de moi pour M. de Lesseps, qui renferme ma réponse à une lettre excellente que m'a écrite le comte de Palmella. 11 me fait part de sa nomination au poste de ministre des alTaires étrangères à Lisbonne, de celle du marquis de Marialva, ambassadeur b Paris, et de l'heureuse et subite résurrection de la monarchie portugaise, que notre glorieu*e entreprise en Espagne a facilitée et avancée. •< Trois ans d'une triste expérience », me dit-il, •< ont sufQ pour démontrer aux Portugais le danger et la fausseté des •< doctrines démagogiques ; et la cliarte que Sa Majesté se propose d'aci> corder fa ses sujets sera une juste récompense de leur fidélité et de leur " patriotisme. »
« En retour, j'annonce au comte de Palmella que H. Hyde de Neuville est nommé ambassadeur en Portugal ; qu'il va par terre, part le IS, et passe à Madrid pour y Toir monseigneur le duc d'Ângoulême. Cette nomination de Hyde, si antianglais, donnera un nouvel accès d'humeur à M. Canning. N'ayez l'air d'attacher aucune im|>ortancc à cette mesure.
u Uorillo s'est déclaré contre la régence de Cadix, et a envoyé un de ses officiers au prince géDéraiissime, après avoir soulevé toutes les Calices contre les Cortès, C'est une bonne nouvelle.
« Les ministres ont-ils bien pensé à ce qui peut arriver si les deux frégates qu'ils expédient font mine d'entrer b Cadix malgré le blocut''! L'amiral Hamelin a des ordres très-sévères. Comment aussi sir W. A'Courl eutrera-t-il dans Cadix par terre '? Cadix est également bloqué de ce câtélà avec une extrême rigueur. 11 faut pourtant que M. Canning le sache, l'envoi de vaisseaux de ligne ou de frégates en vue des Cortès n'est pBB une mesure amicale. Que feront ces frégates devant Cadix ? Ou elles forceront le blocv», et il y a hostilité. Or, vous pouvez être sûr que, tant que je serai dans le ministère, je ne laisserai jamais insulter le pavillon français, et repousserai la violence par la force. Ou ces vaisseaux ne feront rien ; mais alors il est évident que leur vue seule encouragera les Cortès fa la résistance et prolongera la captivité de Ferdinand. Est-ce Ifa la neutralité?
'c M. de Polignac va bientôt partir. Ne parlez pas du tout de son arrivée. Quand vous aurez passé quelques semaines avec lui pour le mettre au fait, vons viendrez fa Paris.
ri A ma lettre particulière pour H. de Lesseps se trouvent jointes des lettres officielles de bureau chiffrées. C. »