Congrè$ de Vérone
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— U — J99 2 janvier 1823.
An vicomte de Harcellns.
J'ai reçu votre dernière dépêche ; tout le bruit passera. L Angleterre peut aimer la souveraineté du peuple, mais nous, nous ne la reconnaîtrons jamais. Dites mille choses à M. Canoing, et assurez le de la parfaite tranquillité dont nous jouissons. Vous avez très bien répondu pour les criaes. Je ne les aime ni ne les crains. La France répondra à tout et n'a peur de rien !
Paris, 2 janvier 1S23. i
900 [3 janvier 1823.]
A la duchcBse de Doras.
Vendredi.
Jamais ces approuvé» ne s'impriment. On se contente de dire ce qu'on a déjà dit. M. de Rauzan est nommé, etc. Quelle tête vous avez, chère sœur ! Je n'ai rien ôté à M. de Rauzan. J'ai renvoyé dans les divisions ce qu'un désordre impardonnable en avait fait sortir sous Pasquier et Mathieu. Je ferai tout, mais épargnezmoi ces scènes et ces folies. Quant à l'aident, ne faites pas dire ce qu'on dit partout, que les gens de Cour ne songent qu'& cela.
1. D'après l'original autographe. Communication de M. de Monlbron. — Marcellus (Polif If ue <fe fa ite«fauraf ion, p. lH)avait donné le texte suivent: Paris, S janvier 1823.
Tout le bruit qu'on a fait à Londres passera . L'Angletenv peut aimer la souveraineté du peuple ; mais nous, nous ne la reconnaitrons jamais. Vous avez très-bien dit pour les critet. Je ne les aime ni ne les redoute. La France répondra à tout, et n'a peur de rien.
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C'est une calomnie qui perd le Château. Voili une lettre de ma femme.
Si vous aviez pris la peine de lire ce que je vous donnai mercredi, vous auriez vu qu'il n'y a pas d'Ordonnance ; il n'y en a mènie pas pour un ambassadeur. C'est moi qui dis au Roi : (1 J'ai l'honneur de proposer à Votre Majeêté, etc. », elle Roi met au bas approuvé. '
901 3 janvier 1823.
An marquis de Caraman.
Paris, 3 janvier 1823.
NM
(expédiée par le courrier Bucquez)
Monsieur le Marquis,
'Pour prévenir les Fausses interprétations, auxquelles ma nomination au Ministère des Affaires étrangères pourrait donner lieu à Londres, je dois entrer avec vous dans quelques détails sur les motifs qui ont amené la démission de M, le duc de Montmorency, et sur la circonstance de ma nomination.
Un projet de dépêche avait été fait à Vérone par M. de Montmorency pour être envoyé à M, le comte de La Garde, conjointement avec celles que les Cours d'Autriche, de Prusse et de Russie adressaient b leurs légations. La lettre qu'on a substituée au premier projet, et qui est celle de M. de Yillèle, est beaucoup plus forte. Elle a été insérée au Moniteur, par une mesure un peu insolite en diplomatie, mais qui, chez la nation française, devait réussir, et c'est ce qui est arrivé,
i. Publié incorrecte méat par Pailhèe La duche»te de Dnrat, p. 255-6. — Collationné sur l'orig'inDl autographe .
3. Les neuf premiers paragraphes de cette dépêche répètent le début de la dépêche du {"janvier au vicomte de Marccllus.
La raison pour laquelle M. de Montmorency a cru devoir donner sa démission n'est donc point son improbation d'une note plus Forte que la sienne, mais parce qu'il désirait que le ministre plénipotentiaire de France se retirât de Madrid avec la l^ation de Russie, d'Autriche et de Prusse.
Je ref^rette vivement que M. de Montmorency ait précipité une démarche qui a privé la France d'un ministre plein d'honneur, de vertu et de calme.
Le Roi n'a pas voulu préciser le moment où M. le comte de La Garde pourrait être rappelé. Il a pensé qu'un souverain, son parent, pouvait avoir besoin d'un appui ; que la position géo^aphique de l'Espag^ne par rapport èi la France, exposant celle-ci » une invasion subite, il était bon d'agir avec réserve. Mais, d'un autre côté, la note publiée dans le Moniteur est si menaçimte et si explicite qu'il serait possible qu'elle amenât assez promptement le rappel du ministre, si les nouvelles démarches qui lui sont prescrites n'obtenaient aucun succès ; de sorte que si M. de Montmorency eût attendu quelques semaines, il aurait pu atteindre le même but sans se séparer de son ami.
J'ai refusé pendant quatre jours le portefeuille des Affaires Etrangères, tant parce qu'il sortait des mains d'un homme que j'estime et honore, que parce que, dans le moment actuel, le fardeau de la chose publique me semble trop pesant pour moi. Je n'ai cédé que quand le Roi m'a envoyé chercher et m'a donné l'ordre de lui obéir.
Ainsi, Monsieur le marquis, ma nomination ne doit pas faire supposer aux révolutionnaires d'Espagne que je suis moins ennemi de leurs principes que mon digne prédécesseur.
J'ai été d'avis à Vérone, puisqu'on voulait prendre une mesure, qu'on retirât simplement de Madrid les ambassadeurs, sans autre déclaration qu'une déclaration verbale, étant grand ennemi de ces factums diplomatiques qu'on peut toujours réfuter la plume à la main et qui vous mettent aux prises avec tous les écrivassiers du parti.
Je viens d'écrire à M. le comte de La Garde, et je l'ai invité à élever son ton au lieu de l'aflaiblir. Je lut ai prescrit de ne souffrir aucune insulte, de réclamer hautement, à la moindre parole, ou à la moindre action attentatoire k la dignité du Roi de France ; d'écouter, si on voulait revenir & lui, mais de ne se pas faire repousser, en allant lui-même au-devant de ces hommes qui prennent la bienveillance et la raison pour de la faiblesse. J'ai ajouté qu'il devait faire bien entendre, si une bienveillance particulière de notre souverain envers l'Espagne le portait à laisser son ministre à Madrid après le départ des légations de Russie, d'Autriche et de Prusse, que ce ministre ne tarderait pas à les suivre, si l'Espagne n'avait pas recours à lui, comme à la dernière espérance ; et qu'enûn il devait faire remarquer dans son air et dans sa parole une fermeté qui annonce que la France ne se sépare point de l'alliance continentale et qu'elle pourra avoir recours à des moyens plus effîcaces, si ceux de la persuasion venaient à échouer.
J'ai dû. Monsieur le marquis, m'empresser de vous donner ces détails, je vous aurais expédié mon courrier dès avant-hier, si les devoirs de cour, à l'occasion de la nouvelle année, ne m'avaient pris tout mon temps.
Vous voyez que nous tenons fermement aux principes de l'Alliance, et que les instructioDS adressées à M. de La Garde par M. de Villèle et par moi nous placent plus près de la guerre que celles qu'on lui avait préparées. ' Le seul point où nous n'agissions pas complètement comme nos alliés est celui du rappel simultané de notre ministre avec le leur. Vous vous rappelez que M. de Montmorency n'avait pas pris sur lui de s'engager sur ce point, auquel il donnait son adhésion personnelle, mais qu'il se réservait de soumettre ici ^ au jugement du Conseil et du Roi, S. M. a pensé que cette question du rappel n'étaitqu 'un accessoire ^