‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 87 sur 195 · Bardoui Caitint, p · texte numérisé non relu

Bardoui Caitint, p

très vigoureuse contre les excès qui avaient signalé les derniersmois, et notamment l'époque du changement et de la réintégra- -tion des ministres. C'est ce même Conseil d'État qui, après le» événements du 7 juillet de l'année dernière, avait été chaîné d'examiner la question de savoir si nous avions donné à l'Espagne de justes motifs de nous déclarer la guerre, et qui, dan» son rapport, avait assez habilement éludé la question en déclarant que l'Espagne avait peut-être des raisons de justifier une guerre contre la France, mais qu'elle devait s'en abstenir.

Le départ du Roi pour Séville a été remis du 11 au 1 7 mars. On croyait qu'il pourrait être retardé jusqu'au moment où onapprendrait à Madrid le départ de Mgr le duc d'AngouIême, c'est-à-dire jusque vers le 21 ou le 22.

Tous nos rapports nous annoncent que Madrid et les provinces septentrionales de l'Espagne sont dans le plus grand désordre. Les constitutionnels n'ont pu réunir qu'un très petit nombre de troupes, et c'est en Catalogne qu'ils se concentrent. La route de Madrid est entièrement découverte ; et parmi les forces que nos troupes pourront rencontrer dans cette direction, il a'j a pas un corps qui réunisse plus de mille bommes.

Lé mouvement qui s'est manifesté en Portugal contre la révolution est devenu très sérieux. M. le comte d'Amarantbe, qui ledirige, est un homme très influent dans le pays. La noblesse, tout le clergé des campagnes et la classe des paysans se prononcent hautement contre les Certes. Nous savons que M. Canning regarde cette alTaire comme très grave. Quelle qu'en soit la suite, elle sera toujours une diversion favorable au parti royaliste en Espagne.

Nos nouvelles de Londres continuent d'être bonnes. Tout y annonce lue grande disposition & garder la neutralité, et le langage de M. Canning s'accorde avec cette idée. Nous ne doutons point que l'inHuence de l'Empereur Alexandre ne puisse compléter nos garanties de ce côté, et je ne puis, Monsieur le Comte, que confirmer les instructions qui vous prescrivent de chercher

ii obtenir de S. M. I. qu'elle fasse faire près du cabinet de Londres de nouvelles démarches dans cette voie.

Mgr le duc d'Angouléme est parti le 15, comme je vous l'annonçais. Son arrivée sur la frontière sera le signal du mouvement des troupes et des derniers préparatifs pour l'entrée en campagne. Tous nos magasins sont faits; l'artillerie et les équijiages sont au grand complet, et du l" au 5 avril m 107 mille hommes prêts à entrer en campagne.

Agréez, etc. '

105i 20 [mars 18â3J.

A la duchesse de Duras.

Vendredi matin, 20.

Je serai chez vous entre une heure et deux heures. *

A Madame de Geolis.

Que je vous dois d'excuses. Madame!

Me pardonnerez-vous mon impolitesse et mon silence? Madame Récamier vous aura dit tout ce que je voudrais faire et la triste nécessité où je me trouve réduit. Je pourrai disposer de deux mille francs le 1" septembre. C'est bien peu de chose pour un ouvrage aussi utile. Mais peut-être aurai-je plus de fonds le dernier quartier de l'année, et je ne pourrais mieux les employer

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