‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 89 sur 195 · Chédicu de Robelbon op. cil. , p · texte numérisé non relu

Chédicu de Robelbon op. cil. , p

se séparer de M. Mala-Plorida, ni adopter M. Egala. Celui-ci a les pouvoirs de Ferdinand, et il sera presque impossible de ne pas l'admettre au conseil; mais d'un autre côté, son nom épouvante les hommes qui ont pris parti pour les Cortès. J'espère que la présence de monseigneur le duc d'Angouléme arrangera tout cela ; il faut aller comme nous pourrons jusqu'à Madrid : arrivés là, nous établirons le gouvernement provisoire, et il sera plus facile de concilier les amours-propres et les intérêts. MM. Erro et Calderon, membres désignés du conseil, qui sont encore ici, partent demain pour Baj'onne.

Je parle toujours au ministre de la guerre de ses approvisionnements ; il me répond toujours que vous ne manquerez de rien. Eu attendant, j'invite à tout hasard des hommes d'affaires à faire partir des vaisseaux chargés d'avoine, de fourrages et d'autres approvisionnements pour Bayonne, afin d'y ouvrir un marché en cas de nécessité. Si, comme je l'espère, les ports de la côte espagnole s'ouvrent pour vous à mesure que vous avancerez en Espagne, vous pourrez par ces ports recevoir beaucoup de secours.

N'épargnez surtout rien, général, pour avoirdes places ; nonseulement elles assureront votre marche, mais si elles tombent devant vous à votre entrée en Espagne, l'eifet moral de ces redditions sera immense dans la Péninsule. Je ne suis pas sans quelque inquiétude sur la Catalogne. Mina a tout réuni de ce côté, et certainement les réfugiés français et piémontais, joints à des Anglais qui sont arrivés en amateurs, tiendront ferme, et peuvent étonner au premier moment nos troupes, qui sont jeunes. Ne pensez-vous pas que 1,000 ou 1,200 hommes de la garde auraient été utiles de ce côté ? L'Angleterre vient de déclarer sa neutralité, mais nous ne pouvions pas nous attendre à ses bons offices : sans paraître, elle nous fera tout le mal qu'elle pourra. Il sera bien essentiel d'insurger et d'armer les Calices, qui couperont toutes les communications avec la Corinne ; c'est là qu'arrivent tous nos mécontents et tes secours des radicaux de

l'Angleterre. Si on pouvait s'emparer de ce port, ou le faire tomber aux mains des royalistes, ce serait tme chose considérable. Peut-être qu'une entreprise par mer réussirait.

Voilà, monsieur le comte, une bien longue lettre. Écrivez-moi, je vous prie, quand vous aurez le temps, et comptez entière ment sur moi.

Croyez à tout mon dévouement et recevez la nouvelle assurance de ma considération la plus distinguée.

Chateal'bbukd. *

105* 24 mars 1823.

An vicomte de Harcellns.

2i mars 1823.

Je reçois votre dépêche n" 73 et votre lettre particulière. Je verrai à vous faire passer quelques fonds pour danser, mais je suis cruellement gêné, parce que je multiplie les courriers.

Je croyais vous avoir répondu pour mes atfaires particulières. Entendez-vous par Ut mes comptes privés? Ils sont arrêtés et soldés. Entendez-vous ce qui vous reste à moi, comme meubles, voitures, etc. ? Alors je vous dirai qu'il faut attendre mon successeur et rester comme vous êtes.

Jeudi, je vous enverrai tous les détails sur les pièces de Vérone et je vous dirai ce que vous aurez à faire à ce sujet.

Peu m'importe l'usage que M. C... peut faire de mes lettres. Je les écris pour qu'elles soient publiées.

Dites je vous prie à ce bon M. Wettman que je lui répondrai.

Séguier m'écrit qu'il n'a jamais pu découvrir le nom des personnes embarquées sur la Fanny. Je le croîs bien.

J'oubliais de vous dire que j'ai retiré M. deCaux de Berlin pour

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