‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 90 sur 195 · Congrèê de Vérone · texte numérisé non relu

Congrèê de Vérone

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l'envoyer avec Flavîgny au quartier général de Mgr le Duc d'Angouléme.

Laissez M. Canning trouver b notre intervention toutes les raisons justes qu'il voudra ; ne le gênez pas sur ses interprétations. Il suffit qu'il convienne que nous avons raison par un motif ou par un autre. Ne prêtez point votre argenterie & M. Beyerley. Chateal'driand. '

J055 24 mars 1823.

Au comte de La Feironays.

Paris, ce 24 mars 1823.

Monsieur le Comte, je me bâte de vous donner des explications dont vous allez avoir besoin . Vous avez su que des Buonapartistes étaient partis d'Angleterre pour aller rejoindre leurs amis en Espagne. Notre police, qui est admirablement faite, savait que d'autres officiers en France se préparaient à se rendre en

1. Commu ni cation de M. de Montbron. — Voici ce que Marcellus fait de cette leltre {Poliliqae de la Retlaaralion, p. 174-5) :

« Paris, U m»n 1823.

« Vous êtes un merveilleux surintendant, ou plutôt un vrai magicien en finances. Quoi ] il va me revenir de mon ambassade ioixaate mille f ranci? plus d'argent que je n'en ai retiré de ma chère Vallée-aux-Loup», quand «lie fut forcée de venir se mettre à l'enchère sur la place du Ch&telet parmi les meubles des pauvres ! Et la somm^ qui était alors le strict nécessaire d'un ministre d'Etat châtié, sera aujourd'hui /jro/if d'ambassailear ! ! .' fortune I ma tente de pèlerin ne sera jamais ton temple! Vous pouvez être sûr que dans peu de mois il ne me restera plus un patard.

II Quant à la voiture, je la garde. Je vois encore d'ici ce brave Bushnell nous accompagnant à Carllon-Houie k cheval, couvrant des yeux cette Qlle de son coeur, veillant sur son trésor dans les cours royales, et le ramenant en triomphe dans Porlland-Place. J'ai quelque fantaisie d'envoyer ce chefd'ceuvre, dont je suis peu digne, à Méhémet-Ali, afin que, après avoir porté l'ambassadeur de France sur les pavés de Londres, il roule le pacha d'bgypte sur les sables du Nil. Les voitures ont aussi leurs destinées I Habent tua fata... Château bu m kd. »

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Espagne sous des noms supposés et cherchaient à corrompre Dotre armée pour le gouvernement espagnol. Us devaient tous se rendre à difTérents jours (ixéx, les uns à Bordeaux, les autres à Bayonne, et de là parvenir à leur destination. Les ordres ont été donnés, et on les a tous arrêtés au moment de leur départ ou de leur arrivée, ils sont au nombre de 38. Ceux qui ae trouvaient dans la diligence arrêtée à trois lieues de Paris ont donné de grandes lumières. Dans leurs bagages s'est trouvé un paquet adressé au général d'Osténde, premier aide de camp de Guîlleminot, major général de l'Armée des Pyrénées sous Mgr le duc d'Angouléme. Ce paquet contenait une aigle drapeau de l'ancien 58*, des boutons à l'aigle, etc..

L'ordre a été envoyé par estafette à Bayonne d'arrêter M. d'Ostende, nous ne soupçonnons pas du tout Guîlleminot ; mais il s'est singulièrement obstiné à prendre pour aides de camp et b placer dans l'armée ses amis que nous savions être des bonapartistes enragés.

Le résultat de tout cela a été que, tout innocent qu'il est sans doute, Guilleminot ne pouvait plus commander l'armée, où l'arrestation de son premier aide de camp lui enlevait nécessairement la confiance des troupes. En conséquence le Maréchal ministre de la guerre est parti pour le remplacer. C'est une grande et forte mesure qui aura les plus heureux résultats et qui va répandre la joie et la confiance dans l'armée ; en même temps l'ordre est donné d'entrer le plus tôt possible en Espagne afin de tout terminer d'un seul coup. L'occasion est belle. Les dernières nouvelles annoncent la plus complète anarchie, le soulèvement du royaume de Valence et de l'Estramadure, et voilà, Monsieur le Comte, les faits dans toute leur exactitude. Recevez l'assurance de ma haute considération.

Chatealiiriakd. <

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