Communication de M. le comte de !.■ Ferronays
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Aq vicomte de Harcellns.
Paris, 2i mars 1823.
Je me hâte de vous donner des explications dont vous allez avoir besoin.
Vous avez vu partir de la Tamise les Buonapartistes qui vont rejoindre leurs amis en Espagne : notre police, qui est admirablement faite, savait que d'autres officiers en France se préparaient sous des noms supposés à se rendre en Espagne et cberctiaient à corrompre notre armée pour le gouvernement espagnol. Ils devaient tous se rendre à différents jours fixés, les uns à Bordeaux, les autres à Bayonne, et de là parvenir & leur destination. Les ordres ont été donnés, et on les a tous arrêtés au moment de leur départ ou de leur arrivée. Ils sont au nombre de 38. Ceux qui se trouvaient dans la diligence arrêtée à 3 lieues de Paris ont fourni de grandes lumières. Parmi leurs bagages, s'est trouvé un paquet adressé au général d'Ostende, premier aide de camp de Guilleminot, major général de l'armée des Pyrénées sous Mgr le duo d'Angoulème. Ce paquet contenait une aigle-drapeau du 58* régiment de ligne de Buonaparte, des boutons à l'aigle, etc. L'ordre a été envoyé par estafette k Bayonne d'arrêter le général. Nous ne soupçonnons pas du tout Guilleminot, mais il s'est singulièrement obstiné à prendre pour aides de camp, et à placer dans l'armée ses amis que nous savions être des Buonapartistes enragés. Le résultat de cela a été que, tout innocent qu'il est sans doute, Guilleminot ne pouvait plus commander l'armée où l'arrestation de son premier aide de camp lui enlevait nécessairement la confîance des troupes. En conséquence le maréchal ministre de la Guerre est parti pour le remplacer. C'est une grande et forte mesure qui aura les plus heureux résultats, et qui va répandre la joie et la confiance dans l'armée. En même temps l'ordre est donné d'entrer le plus t6t
possible en Espagne, afin de terminer tout d'un seul coup. L'occasion est belle. Les dernières nouvelles annoncent la plus complète anarchie, le soulèvement du Royaume de Valence et de l'Est ramadure, etc.
Voilà les faits dans toute Ipur exactitude. Vous en ferez usage, mais avec discrétion, pour nous laisser le temps de mettre la main sur tous les traîtres. J'espère que l'Angleterre ne dira plus que nous n'avons rien à craindre de la Révolution espagnole, et que la Contagion morale ne passe pas les Pyrénées. Nous voilà pleinement justifiés. Nous allons renvoyer deux Anglaises qui nous font beaucoup de mal ici et dont l'une est la maîtresse de Fabvier.
J'ai reçu des nouvelles de toutes les cours : mon discours nous a ramené toutes les opinions du contineat.
Vous devez parler légèrement de la conspiration de quelques misérables, en elle-même ; mais seulement contre la corruption morale de la constitution espagnole. Vous devez dire en même temps que le départ du ministre de la Guerre pour l'armée ne tient point & cette conspiration et aux inquiétudes qu'elle aurait pu faire naître, mais qu'il va prendre le commandement sous Mgr le Duc d'Angouléme pour entrer immédiatement en Espagne. Tout à vous.
Chateaubiuand.
Voyez, Je vous prie, le D' Sloddart et dites-lui la manière dont il doit interpréter le départ du Duc de Bellune. C'est pour donner à l'armée un nouvel élan en la faisant commander sous Mgr le Duc d'Angouléme par un maréchal qui était à Gand et qid, étant h la fois ministre de la Guerre, rend toutes les opérations plus faciles puisqu'il est sur les lieux pour donner des ordres qu'on serait obligé d envoyer de Paris.'
< . OimmunicalioD de -M. de Montbron.
i057 Paris, 25 mars 1823.
A on membre du Sacré-Collège.
Au bas d'une lettre de Louis XVIII. '
1058 25 mars 1823.
Au comte de Serre.
N" 7. Paris, 25 mars 1823.
Monsieur l'Ambassadeur,
Quoique les journaux puissent habituellement vous instruire du progrès de nos préparatifs militaires et de la triste situation de l'Espagne, je ne puis, dans des circonstances si importantes, et lorsque quelques feuilles d'opposition cherchent encore à dénaturer les faits, vous pnver de quelques informations générales qui pourront du moins vous servir de direction.
Le Roi a nommé M . le duc de Bellune major général de l'armée des Pyrénées afin de donner à ses opérations plus d'activité et de presser le moment de l'invasion. Le portefeuille de ce ministre est remis pendant son absence à M. le général Dijeon.
Le trouble et la confusion augmentent en Espagne et se fout sentir à Madrid comme dans toutes les provinces. L'étatde souffrance du Roi le retenait encore dans sa capitale ; mais san& égard pour sa situation on presse son départ ; il devait avoir lieu le 17 : on n'a accordé que trois jours de délai, et le monarque a dû partir le 20 pour être emmené à Séville .
partout où l'opinion n'est pas comprimée, elle se prononce contre ceux qui entraînent l'Espagne vers la guerre et encbsûnent la volonté du roi. Des mouvements royalistes ont eu lieu vers Valence ; la même fermentation se fait remarquer sur beaucoup