LETTRE CCXXXV
A MADAME DE YILLETTE, A XIORTi.
A Saint-Germain. 23 janvier lôSl.
Si mademoiselle de Mursay vous envoie tous les brouillons ciu'elle vous écrit, vous recevrez souvent de ses nouvelles; il y a longtemps cpie j'ai envie de vous en dire; mais je ne fais pas toujours ce que je voudrois. Je suis très-contente d'elle, et j'espère en faire une jolie personne. Je lui ai fait prendre de la poudre avers, et de la tisane; elle en a bien meilleur visage, et est quelquefois fort belle; elle a les dents trop longues, mais elle est trop jeune pour y toucher. Tous ses cheveux tombent; je ne veux point la faire raser de peur qu'elle brunisse; je les couperai seulement fort courts, quand elle ira dans un couvent. Ce sera bien dans le même temps que nous irons à Bourbon ; elle y est toute disposée et me paroit très-douce. Elle me craint et ne me hait pas ; c'est de quoi en faire des merveilles; elle est de très-bon naturel et vous aime fort ; elle me parla hier de la misère de sa nourrice avec des larmes qui me firent plaisir ; elle devroil