‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 106 sur 337 · Ce voyage ne se fît pas · texte numérisé non relu

Ce voyage ne se fît pas

2. Autographe du cabinet de M. Feuillet de Couches. — Voici comment La Beaumelie arrange le commencement de cette lettre, le reste est à l'avenant : « Il y a bien longtemps que je ne vous aï écrit. Tantôt migraine, tantôt occupation, souvent paresse. On aime les gens. On en est aimé. On en est sur. On les néglige. On ne se contraint pas avec eux. Ils se plaignent. Un billet les apaise. Mon carnaval a été languissant, etc. »

3. On voit dans quelle situation d'esprit se trouve madame de Maintenon au commencement de l'année 1681.

me suis si mal trouvée de toutes les exceptions que j'ai faites, et il étoit si difficile de les soutenir, que j'ai mieux aimé prendre le parli de faire tout égal ; j'en essuierai quelques murmures, et on dira que la tête m*a touiné, mais cela est moins mauvais que les aiïaii'es que Ton me faisoit. On avoit parlé de quelques voyages pour ce carême, mais ils sont rompus. On doit aller passer huit jours à Saint-Cloud^ et partir le lendemain de Pâques; après cela, on reviendra ici pour se préparer à aller à Bourbon; on partira le 28 d'avril; la cour y séjournera tout le mois de mai, elle reviendra à Versailles au commencement de juin; on y demeurera jusqu'à la fin de juillet, on ira passer le mois d'août à Chambord, et on reviendra passer septembre à Fontainebleau'. Voilà le projet de notre été qui pourroit être renversé si on y étoit assez heureux pour voir madame la Daupliine grosse; Monseigneur se porte à merveille. Il y a quinze jours que madame la duchesse de Richelieu est à Paris pour une fièvre tierce de monsieur son mari. Madame la marécliale deRochefort est encore plus souvent malade que moi. Madame de Montchevreuil soutient la fatigue à merveille et a augmenté son troupeau^ de la plus laide fille que l'on puisse voir, qui est votre mademoiselle de Jar-

1 , Tout cela ne fut pas exécuté.

2. Le troupeau des filles d'iionneur de la Daupliine; elle en était la gouvernante. « C'était peu pour elle, dit madame de Caylus; mais on y attacha de grandes distinctions : elle fut regardée comme une quatrième dame qui suivait et servait madame la Daupliine au défaut de la dame d'honneur et des dames d'atour. 1) (P. 150, édit. Renouard.)

A M. DK VILLETTE (1681). 157

îicic^ Laval a triomplié dans les bals, mais elle est raaiade présentement'-. Voilà les nouvelles de notre maison; je n'en sais guère d'autres. Apprenez-moi celles que Ton vous mande de moi. Faites mille amitiés de ma part à madame d'Aubigné, et croyez que je serai toujours pour vous tout ce qui me sera possible. Adieu.

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