‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 105 sur 337 · AntO(jrripfie du cabinet de M. Feuillet de Conclits · texte numérisé non relu

AntO(jrripfie du cabinet de M. Feuillet de Conclits

154 COBRESPONDANCE GÉNÉRALE.

de On dit qu elle a un cancer au sein; c'est une

assez grande exclusion pour la cour sans qu'il fût besoin de tout le mal que vous en dites.

Je croirois madame de Miossens comme un article de foi en toutes choses, excepté celles de la religion; mais je sais que, dans la sienne, on ne pardonne jamais à ceux qui la quittent. M. de Sainte-Hermine part dimanche avec ses sœurs; ils ont tous fait une belle résistance et font une belle retraite*; je suis persuadée qu'ils s'en repentiront. La petite de Mursay dit qu'elle les attend pour cela dans la basse-cour de Lalaigne. Je vous recommande madame de Fontmort qui n'a agi en cette occasion que pour Dieu et pour moi; elle va être exposée à la fureur de toute sa famille; soutenez-la, je vous en conjure, en tout ce que vous pourrez. C'est une très-bonne femme qui a de l'esprit et du courage, et dont les conseils vous seroient fort bons, et pour votre femme aussi.

Tout le monde est au ballet ; et je suis dans ma chambre toute seule, où je passe une bonne partie de ma vie dans un repos, depuis quelques jours, qui me plaît fort.

Yoilà une lettre de M. Yiette qui vous fera voir qu'il songe à vos affaires et qu'il m'en rend compte.

Mursay s'en va au premier jour à l'académie chez Bernardy; après cela, le roi le mettra où il lui plaira.

Je mettrai sa sœur aux Ursulines de Pontoise,

1. On voit par là que madame de Maintenon n'avait employé aucune contrainte envers ses parents, et qu'elle rend justice à leur fermeté.

A M. d'aubigné (1681). 15^

quand nous irons à Bourbon qui sera le 28 cVayriP.

Mes compliments à madame d'AuMgné: je suis

très-aise de recevoir de vos nouvelles et des siennes.

LETTRE CCXXXYIII

A M. DAUBIGXÉ , A COIGXAC -'.

A Saint- Germain, ce î mars lôSi.

Il y a bien longtemps que je ne vous ai écrit, tantôt par maladie, tantôt par trop d'occupation, et souvent par paresse; vous savez qu'il y a des gens que l'on aime qui sont négligés, parce que l'on ne veut pas se contraindre pour eux. J'ai été assez languissante quelque temps avant le carnaval. M. Fagon a trouvé à propos de me faire prendre des eaux de Sainte-Reine et je m'aperçois qu'elles me font du bien. Je ne fais point de carême, et je crois que vous ne doutez pas que je n'aie quelque soin de moi. Je jouis d'un grand repos, et madame d'Aubigné ne travaille pas plus en tapisserie que je fais\ Madame de Fontmort pourra vous dire de mes nouvelles, et la résolution que j'ai prise de ne plus voir personne. Je

Page 1