Autographe communiqué par madame la marquise de Mornay
3. Mademoiselle de Tours, lille du roi et de madame de Montespan, morte à Dourbon le G septembre iGSl. Elle était née en 1G74.
comprendre pourquoi on la lui cache, car on ne doit pas craindre qu'il soit assez touché pour s'en trouver mal. Je voudrois qu'il le sût et qu'il écrivît au roi que, connaissant l'extrême tendresse dont il honoroit mademoiselle de Tours, il croit devoir lui témoigner la part qu'il prend à sa douleur, outre celle qu'il sent lui-même pour la perte de sa sœur; qu'il lui demande la part qu'elle avoit dans ses hontes et qu'il l'assure qu'il fera tout ce qu'il lui sera possible pour le mériter. Il est aisé de lui inspirer cette lettre-là, tète à tête, et qu'il croie l'avoir faite tout seul.
Il est ridicule que vous soyez toujours à Baréges, et madame de Montespan, qui se mêle de décider sur l'usage d'un remède qu'elle ne connoît pas, mériteroit que les neiges vous y assiégeassent. J'espère que Ton vous pressera bientôt de revenir, et que le conseil que je vous donne de le baigner très-peu à Bagnères arrivera trop tard. Je le souhaite de tout mon cœur, et madame de Montchevreuil et moi avons un extrême besoin de vous; elle et moi sommes très- vaporeuses ; quand nous sommes malades alternativement, nous faisons des merveilles, mais par malheur, nous souffrons quelquefois en même temps, et la conversation en est moins douce. Je crois que votre absence et le voyage que nous allons faire ^ lui font voir les choses tristement.
Adieu, mon cher marquis; je vous souhaite et ce cher enfant aussi; mes compliments aux honnêtes gens de chez vous, ils ne s'étendront pas bien loin.