LETTRE CCLXIII
M. D'AUBIGXÉ A M. DE YILLETTE K
Coignac, 21 septembre 16S1.
J'ai reçu votre lettre à mon retour d'un voyage. Elle m'afïïige, puisque vous êtes dans un état désagréable et que l'on ne peut pas vous obliger autant qu'on le souhaiteroit~. Dans le temps qui court, vous prenez d'extrêmes résolutions, et il est fâcheux que votre opiniâtreté vous oblige à les prendre : cela empêchera ma sœur de vous accorder sa protection et elle ne vous saujoit servir contre sa conscience. Je vous en dis quelque chose la dernière fois que je vous ai vu; mais je n'osai vous parler plus franchement de peur de vous fâcher. Tout ce que je puis vous conseiller, c'est que vous ne fassiez rien de précipité : l'on se repent à loisir de ce que l'on fait à la hâte. Enfin sans une longue controverse, vous devriez
J . Âuloijraphe communiqué par M. Fillon (de Fonleiiay).
2. M. de Villette continuait à montrer la même répugnance pour se convertir; mais il avait déjà pardonné à madame de Maintenon, et loin de reprendre ses enlants, il lui avait donné son deuxième 111s qui s'appelait M. de Marmande, et qui abjura aisément (voir la lettre suivante). Il est curieux de voir le libertin d'Aubigné se mêler aussi de conversions.
songer à vous convertir; vous en seriez mieux en ce monde et en l'autre.
d'aubigné.