Auiofjraphe du cabinet de M. Feuillet de Conches
•3. D'Aubigné était venu à Paris pour touclîer les 18,000 francs qu'il avait obtenus sur les fermes générales.
4. La cour était partie pour l'Alsace le 30 septembre; elle entra à Strasbourg le 23 octobre et était de retour à Saint-Germain le IG novembre.
A M. d'aibîgné ;I68I\ 213
dont vous avez reçu ce qu'il vous a dit et je souhaite très-vivement que vous passiez votre vie lieureusement.
M. Brunet me dit en partant que vous ne toucheriez votre pension qu'an bout de Tan; je crains que vous n'ayez compté sur autre chose, et que ce retardement ne vous incommode. K l'égard de votre conscience, vous avez raison de dire qu'il vous reste assez de temps pour vous convertir; il ne faut qu'un bon moment, et si Dieu vous fait cette grâce, vous serez parfaitement heureux. Je ne comprends point les gros présents que prétend madame d'Aubigné : je crois vous avoir demandé pour elle tout ce qu'il y a déplus juste qui est un peu plus d'aisance dans sa dépense, et quelques habits qui lui feront grand plaisir. Pour M. Legois, vous ne lui devez que de la pitié de sa mauvaise conduite. Il ne faut plus regarder ce que j'ai fait pour vous comme un effet de ses soins et de son application; tout s'est terminé à la banqueroute de M. deRouvières; vous m'avouerez bien que si l'affaire en étoit demeurée là, qu'il ne vous demanderoit rien. Pourquoi donc prétend-ii quelque chose à la bonté que le roi a eue pour nous, qui est aussi indépendante de l'afFaire de Piouvières que le seroit toute autre gratification de Sa Majesté? Soyez en repos là-dessus; vous n'avez rien à faire qu'à lui continuer vos bons traitements; mais ce n'est point à vous à réparer tout le malheur qui lui est arrivé, ni toutes les sottises qu'il a faites.
Je ne sais ce que vous voulez dire quand vous rebatlez souvent dans vos lettres qu'il y a des gens qui
veulent vous brouiller avec moi, et d'autres qui disent que nous ne sommes pas trop bien : j 'en ai toujours usé de la même manière, je vous traite souvent de mauvais ménager , et d'autres fois je vous cite comme un exemple du peu de commerce que je puis avoir avec mes proches pour me défaire de leurs plaintes et de leur imporlunité; il n'y a rien en tout cela qui doive vous fâcher. Moquez-vous de tout ce qu'on vous dit ; réjouissez-vous honnêtement et travaillez à tout ce qui peut vous rendre heureux en ce monde ici et en l'autre.
J'ai lu avec plaisir tout ce que vous me mandez deMaintenon. Chariot est très-joli ; si vous aviez envie de l'avoir, vous savez que vous en êtes le maître; si vous me le laissez, je le mettrai bientôt au collège. J'ai reçu tout ce que vous m'avez envoyé touchant l'afFaire de Rouvières. Je ne connois aucun chirurgien que Clément* avec qui vous n'êles pas fort bien ; je ne crois pas que Turbier vous trompe '^...
Adieu, mon cher frère, je me porte fort bien et je vous verrai avec joie si vous êtes à Paris encore le 20 de novembre. Dites à M. de Saint-Eugène que je ne puis écrire au procureur général ; mais que je mande à madame la duchesse de Richelieu de lui recommander son affaire de ma part. S'il veut lui porter un placet, elle le donnera, et je suis assurée qu'il sera content de sa visite.