‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 154 sur 337 · Trois lignes rayées, illisibles · texte numérisé non relu

Trois lignes rayées, illisibles

A M. d'aubigné ^1681). 215

LETTRE CCLXYII

A Pont-à-Mousson, le jour de la Toussaint I6Si.

Je ne suis point surprise que vous ayez commencé par manger les dix-huit mille livres que vous devez toucher à la fin de l'année'^, mais je le suis que vous croyiez que les fermiers généraux vous doivent payer par avance, c'est ce qu'ils ne feront pas, et vous ne devriez point le désirer. Cette affaire ici est grande et ne vous mettra pas plus à votre aise que vous n'étiez. Je suis au désespoir de vous dire des choses désagréables, mais comment puis-je être sincère et m'en empêcher ? Il me semble qu'après ce que je viens de faire pour vous, on ne peut dire de longtemps que vous soyez brouillé avec moi ; on ne le croit pas à la cour où ce qui s'est passé à Fontainebleau a fait grand bruit ; il a fallu une bonté bien grande au roi pour passer par-dessus toutes les difiScultés qui naissoientà tout moment dans votre affaire. Il n'ordonneroit assurément pas à ces messieurs de vous payer par avance, et il seroit bien étonné de vous voir demander un bienfait avec l'empressement et le chagrin dont on peut exiger une dette. Je ne

1. Manuscrits des Dames de Saint-Cijr. — La suscription porte : A M. Vielle, à l'hôtel des Ursins , derrière Saint -Denis de la Charlre, pour faire tenir à M. d'Aubigné, ù Paris. — L'hôlel des Ursins et Saint-Denis de la Charlre étaient dans la Cité. (Voir juon Histoire de Paris, t. Il, p. 15 et 17.)

2. On voit l'usago que dAuLigné faisait de l'argent obtenu pour lui par sa sœur, et avant mêoie de l'avoir touché.

216 CORBESPONDANCE GE^^ERALE.

puis donc en cette occasion que prier M. Brunet, comme mon ami particulier, de vous faire plaisir s'il le peut, mais vous allez si loin sur la dépense que je crains que la somme entière ne soit dépensée, et je ne crois pas que personne vousTavance.

Adieu, nous serons le 17 à Saint-Germain. Je vous dirai que je vous y verrois avec plaisir si je pouvois vous y voir content; mais j'avoue que mes proches sont si peu sensibles à ce que je fais, et le sont tant sur ce que je ne puis faire que leur commerce ne me donne que du chagrin; il ne m'empêche pas de vous aimer et je vous en donnerai toujours toutes les marques qui me seront possibles.

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