‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 160 sur 337 · Une de ses peiibioiinaires · texte numérisé non relu

Une de ses peiibioiinaires

22^ COREESPONDA^■CE GÉNÉRALE,

roi qui ne le veut point ^ M. l'archevêque vouloil ôler votre croix et le chant de l'office; je n'ai pas voulu vous le dire, de peur de vous fâcher, mais je veux que vous sachiez que je fais ce que je puis.

Vos opéras- seront toujours tournés en ridicule par les gens du monde, mais ils me divertissent, el j'entre fort bien dans l'utilité dont ils sont pour les petites filles.

C'est le temps qui me manque; je suis seule avec madame de Monlchevreuil auprès de madame la Dauphine, et les jours sont si courts qu'effectivement je ne sais comment envoyer mademoiselle de Mursay; elle n'est pas capable de mes diligences, il lui faut une fille, et pour cela que je m'en passe, et tout cela pour revenir à la nuit ; mandez-moi après tout cela, si vous la voulez, le jour des Rois.

Madame de Montcbevreuil vient de me faire voir une lettre qui mande que sa fille religieuse est à Textrémilé des vapeurs qu'elle a; je lui ofTre Rueil avec votre permission pour que nous puissions juger de son état.

Je sais les chagrins de M. Pellisson entre nous, el nous en parlerons si je puis parvenir à vous voir^.

1. Madame de Brinon, qui était entreprenante et aimait la représentation, avait ouvert une chapelle dans sa maison de Rueil, et voulait y faire dire la messe. Le roi et l'archevêque de Paris s'y opposèrent; mais, à force d'instances, elle finit par l'obtenir.

2. Madame de Brinon avait la manie de faire des vers et des comédies sur des sujets religieux ; nous n'avons pas la force de l'en blâmer, car ces opéras, dont madame de Maintenon se moquait, sont l'origine éloignée d'EsUier et d'Atlialie (Voir Madame de Mainlenou et la maison royale de Suiut-Cijr, p. 72).

3. Madame de Brinon était liée avec la plupart des écrivains de

LETTRE CCLXXl

Saint-Germain. 16jati\ier 168-2,

Je me suis trop plainte de vos enfants quand j'ai cru en avoir sujet, pour ne m'en pas louer quand il m'en revient de bons témoignages. M. deFourhin, qui se mêle de leur argent et de leurs exercices, en est content; M. Tabbé Gobelin, qui a soin de leur conscience et qui est un homme de sens, est trèssatisfait de leur conduite; M. de Nesmond s'en loue fort; ils voient quelquefois M. le duc de Bourbon, cjui a un gouverneur d'un grand mérite et qui est des amis de mes neveux. Mademoiselle de Mursay est embellie, et bien plus sage qu elle n'étoit; nous n'avons pas eu le moindre démêlé depuis qu'elle est revenue de Pontoise; je ne doute pas qu'elle ne vous fasse part de sa joie. J'ai voulu vous en donner en vous apprenant de leurs nouvelles; comme vous en ferez part à madame de Yillette, je ne lui écris point et je vous assure tous deux ensemble qu'il n'y arien que je ne donnasse pour vous voir dans un état qui vous permît de profiter de la bonté du roi, et de l'estime qu'il a pour vous.

cette époque, Pellisson, Scudéry, etc. Madame de Maintenon connaissait aussi ces personnages, les ayant vus dans la société de ScaiTon. Pellisson avait d'ailleurs des rapports particuliers avec elle, étant chargé des secours ou pensions que le roi donnait aux nouveaux convertis. Celait lui qui lui envoyait les lilles des gentilshommes protestants qu'elle faisait élèvera Rueil. l. Mcniiiscrils de mademoiselle d'Âumale.

LETTRE CCLXXII

A MADAME DE VILLETTE, A XIORTi.

A Saint-Germain, ce 3 février 16S2.

Il faut que Ton en veuille à mademoiselle de ^[ursay à la poste, ou que l'on n'y puisse lire le dessus de ses lettres, car j'en ai vu qu'elle vous a écrites et même fort longues; ce n'est pourtant pas grande perte. M. de Fourbin m'a encore rendu de si bons témoignages de vos enfants que je l'ai prié de me les amener samedi pour passer les trois jours gras avec moi; ils verront la différence des traitements que je leur fais quand ils font bien ou mal. J'avoue que ma tendresse suit mon estime, et que j'ai une impatience de les voir que je n'avois jamais eue. Mademoiselle de Mursay alla, il y a trois jours, à Ruelles qui est mon couvent : elle s'y confessa bier avec plus d'instruction et de repos qu'elle n'auroit fait ici; elle en est revenue aujourd'bui; je voudrois que son esprit fût aussi bcureux que son humeur. Elle est ravie de tout ; ce sont les filles d'honneur qui l'ont été quérir; elle aime passionnément mademoiselle de Biron.

Adieu, ma chère cousine, je souhaite de tout mon cœur que vous vous aidiez utilement du petit secours que je vous ai procuré.

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