LETTRE CCLXX
A MADAME DE BRL\a\i.
Premier de l'an 16S-2.
Je VOUS donne \r lionjoiir, madame, à vu ire cliL-re cousine et à toute votre maison, el je soubaile de tout mon cœur que nous fassions tout le bien qu'il nous sera possible: je ne puis que vous en fournir les sujets, et c'est vous qui donnez ^'utre vie pendant que la mienne est trop agréable et inutile.
Xe nous rebutons point de nospelitcs sceurs: nous serions ti'opfieureuses si elles nous eroyoient. el elles seroient trop parfaites. Vous faites bien de iViire faire leur linge chez nos pensionnaires, et pour elles il ne faut pas les laisser respirer sur le rouet; ces gens-là ne sont capables du bien que par l'habitude, qui ne se contracte qu'avec bien du temps. Je ne dis rien devant elles dont elles se puissent prévaloir, si ce n'est qu'elles aient leur snùl de pain, et j'en charge encore votre conscience; du reste, punissez, ordonnez, vous êtes la maîtresse.
Les poires m'ont passé par les mains, et vos présents sont plus comptés que jamais, car je vais être mon maître dhôlel : le mien fait une dépense qui m'a excitée à une si grande colère, que je n'en ai pas dormi. Je ne veux pas thésauriser, mais je hais le désordre, el j'aime mieux nourrir mademoiselle de Saint-Hubert- que de crever mes laquais.
Vous n'aurez point le Saint-Sacrement, et r"cst le