Autographe du cabinet de M. Feuillet de Conches
A M. d'aubigné (1682). 235
je crois que vous toucherez bientôt l'argent de M. Truc; voilà vingt mille francs que le roi vous donna hier, et vous en auriez de M. Brunet, tout cela feroit une somme considérable \ et que vous auriez un grand intérêt à ne pas dissiper. Faites mille amitiés pour moi à madame d'Aubigné, je vous prie; je voudrois bien qu'elle se sentît un peu de l'argent qui vous vient, et je ne puis vous pardonner de m'avoir refusé d'employer les cent pistoles que j'avois à vous, en bardes qui lui auroient été agréables; je ne lui en envoie plus, parce que vous êtes plus riche que moi, et que j'aime mieux nourrir des pauvres que d'en être la dupe.
Adieu, mon cher frère, je suis toujours la même pour vous, et quoi que Ton vous puisse dire, si vous me connoissiez, vous seriez persuadé que je ne change point. Je me porte bien à cjuelques migraines près que le printemps rend un peu trop fréquentes.
LETTRE CGLXXXI
A M. D'AUBIGNÉ, A COIGXAC 2.
A Versailles, 14 mai 16S2.
J'ai reçu une lettre de vous pleine de compliments et de remercîments que je ne veux point; je suis
1 . L'argent de M. Truc provenait de la dot de madame d'Aubigné ; celui de M. Brunet était la pension des fermiers généraux; quant aux 20,000 francs du roi, c'était sans doute quelque gratilication obtenue par madame de Mainlenon. Je répète qu'il y a trop d'argent dans toutes ces lettres à d'Aubigné, et qu'elles ont besoin d'avoir à côté d'elles les lettres à madame de Brinon.