Autographe du cabinet de M. Feuillet de Conches
236 CORRESrO>'DANCE GÉN^ÉRALE.
contente pourvu que vous soyez content et que vous fassiez un bon usage de tous les biens qui vous arrivent; ils ne sont pas inépuisables, et tout en cela peut finir comme vous savez ^ J'ai votre ordonnance de vingt mille francs payable, ce me semble, k la fin de juillet; vous me ferez savoir ce que vous voulez que j'en fasse. J'ai fait un petit voyage à Maintenon où j'ai des desseins merveilleux pour le bien public'-^. Cbarlot est embelli et a tout k fait de l'esprit; il érrit mieux que moi et je l'admire depuis que nous avons son baptistère; je le croyois plus vieux qu'il n'est. L'idée que vous vous faites de Ruelles est assez juste; c'est un lieu admirable, et où je me divertis fort : Dieu bénit tout ce qui s'y fait par un succès qui passe nos espérances ; la police féminine y triomphe et vous n'en seriez pas étonné.
L'on ne parle ici que de guerre; pour moi je ne la crois point, parce que je ne la désire pas et que j'ai l'humeur assez heureuse. MM. de Mursay et leur sœur réussissent fort bien et profiteront, je crois, de leur bonheur. Je suis fâchée qu'aucun Sainte- Hermine ne Tait partagé, car j'aime leur mère et leur nom. Je ne sais point de nouvelles: ma santé est bonne, et mon visage mauvais, parce que la machine se dément.
Adieu, mille amitiés à madame d'Aubigné, je lui souhaite toute sorte de bonheur, et il n'y a rien que
1. La Beaumelle ajoute : « C'est un ruisseau que le n;uiiulre temps de séclieresse peut tarir. »