‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 176 sur 337 · Manuscrits des Dames de Saint-Cijr · texte numérisé non relu

Manuscrits des Dames de Saint-Cijr

2. 11 est probable que madame deMaintenon ne veut parler que de la vie régulière du roi et de sa piété. I.a Heaumelie invente et ajoute ce qui suit : u Je voudrois bien qu'il en rapporlàt la gloire à Dieu seul. Vous entendrez bientôt parler d'un nouvel établissement fort utile à la pauvre noblesse. Un Flamand a donné le dessin d'une macbine pour Marly qui sera une des merveilles du monde, » U n'y a pas un mol de cela dans les lettres autographes.

A M. i.'aubignk ;I682;. 241

diner. J'ai su que l'on trouve à redire au dcnnier bienfait que vous avez reçu du roi ; mais ce qui me fâche, c'est la sensibilité que vous avez eue pour ce blâme, que je crois mal fondé; je voudrois que votre tranquillité ne fût jamais troublée et que vous fussiez aussi heureux que vous le méritez. J'ai un dessein qui roule sur vous, et ckint M. le duc du Maine pvofiteroit : je voudrois que vous fissiez un petit extrait, recueil, je ne sais comment rappeler, mais entin des maximes sur les devoirs d'un prince, qui lui donneroient l'idée qu'il doit avoir de la reli-iion, et une pratique de dévotion courte et solide pour l'emploi de ses journées.

Travaillez sur ce projet, je vous prie, tout embrouillé qu'il est, et croyez que je mérite l'amitié que vous me témoignez par tous les sentiments que j'ai pour vous.

LETTRE GCLXXXY

A M. D AUBIGXÉ. A COIGXAC •.

Versailles, 22juiu Ii3S2.

Je n'ai garde de vous dire si je penche à Aubigné ou à Sainte-Jesme, puisque je ne connois ni l'une, ni Tautre, et que je ne puis que vous conseiller d'acheter l'une des deux, si l'on vous en fait un marché raisonnable. Quant à l'argent, j"ai compté que l'on ne paye pas une terre dès que l'on l'achète; qu'il faut un décret, et que vous avez vingt mille francs d'une part,

]. Autoijvaphe du cabinet do M, rcuillcl de CoJK'iies. n. 21

242 CORRESPON'DANCE GÉNÉRALE.

dix-huit mille francs de l'autre pour commencer ; que ce ne seroit pas une chose impossible pour un bon emploi de vous faire avancer une année de dix- huit mille francs par M. Brunet ; que vous venez de vendre la maison de Saint-Gloud neuf mille francs, et que cela est plus qu'il ne faut pour entrer en négociation; du moins, sais-je bien qu'ayant mon argent tout prêt, j'ai été trois ou quatre ans à payer Maintenon, et encore ai-je fait le dernier payement si mal à propos, que je le ferai encore une fois. Yoilà ce que j'ai pensé sur vos affaires. Si j'ai eu tort, il n^ya encore rien de gâté.

Yous auriez la tête bien près de tourner, si vous comptiez pour quelque chose ce que l'on vous redit de vos proches; ils sont peu instruits de mes projets, et je n'en ai aucun; ne vous faites point de peines sur toutes ces imaginations-là; faites ce que vous voudrez ; mon humeur est de ne me contraindre que le moins que je le puis et de ne jamais contraindre les autres. Je vous enverrai un cachet, mais je désapprouve fort l'affectation que vous avez de mettre les armes de la mère de votre grand'mère ; car c'est de là que sont les hermines.

Adieu, je voudrois de tout mon cœur que votre acquisition fût faite; vous vous en occuperiez peutêtre, et ce sont des plaisirs de tout âge ; je sais celui que Maintenon m'a donné, quand j'ai pu y penser.

A M. d'aubigné (1682). 243

LETTRE CCLXXXYI

A M. D'AUBIGNÉ, A COIGXAC i.

A Versailles, ce 25juiu 16S2.

J'ai reçu votre triste lettre, mais je connois trop iiien les vapeurs pour m'en effrayer; leur effet le plus ordinaire est de faire envisager une mort prochaine-. Je ferois pourtant scrupule de vouloir vous en effacer entièrement la pensée, car il est bon de s'y préparer, et surtout quand on a de grands comptes à rendre; c'est là ce qui doit nous occuper, et non pas ce qui se passera après nous. Mes migraines ne méritent pas l'inquiétude que vous en témoignez; je n'ai jamais que ce mal-là, et c'est en être quitte à bon marché.

J'ai toutes les connoissances possibles et certaines de notre maison; je vous en enverrai la généalogie dès qu'elle sera en ordre. Je voudrois que vous eussiez celte terre, et je vous ferois bien avancer de l'argent pour un emploi de cette nature ; vous devriez vous en informer, car la terre d'Aubigné vient d'être vendue à un chapitre, et il n'y a qu'im temps pour pouvoir la retirer. Il faudroit aussi que ce chapitre ne sût pas que vous en avez envie ; il seroit à craindre qu'il ne s'en prévalût.

M. de Gaumont et son fils^ feront, je crois, leur

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