Autographe du cabinet de M, Feuillet de Conches
2. La Heaumelle ajoute : u Mais cet efîet est corrigé par la propriété qu'elles ont de la faire envisager longtemps. »
3. Fils et petit-fils de Caumont d'Âdde et de Madeleine Mério-
abjuration demain, ici; j'en ai une grande joie, car c'est un très-bon gentilhomme et qui a du service. Si mademoiselle de Caumont se Irouvoit ébranlée de l'exemple de son père, j'en aurois un très-grand plaisir.
Adieu, mon très-cher frère, j'embrasse madame votre femme; écrivez-moi de vos nouvelles et tâchez de vous divertir; c'est le seul remède pour les vapeurs.
LETTRE CCLXXXYIT (La B.)
NOTE l'RÉLIMIXAIRE
« Vous aurez appri> riieureux accoucliement de madame la Dauphine, » dit madame de Maintenon dans une lettre du 18 août {C^H'2. De cette ligne, La Beaumelle a tiré roccasion d'une lettre à madame de Saini-Géran, laquelle était à la cour et n'avait nul besoin qu'on lui apprît des choses qui se passaient sous ses yeux. Louis Racine l'apostille : M'est inconnue et je la crois fausse.
Ce 7 août 1682.
On est ici dans la plu? grande joie. Le roi a fait un fort beau présent à madame la Dauphine : il a eu un moment entre ses bras le petit prince : il a félicité
deau. Il» uélaienl aucunement parents de madame de Maintenon ; malgré cela ils se disaient ses cousins et avaient recours à son crédit. Voir l'ouvrage : la Fatnitîe cCAubiyué et l'enfance de madame de Maintenon.
1. Collection de La Beaumelle, édit. de Nancy, t. I, p. 183; f'dit. d'Amsterdam, t. Il, p. 112.
Honseigneur comme un ami ; il en a donné les premières nouvelles à la reine; enfin tout le monde dit qu'il est adorable ^ Madame de Montespan sèche de notre joie : elle meurt de jalousie; tout lui déplaît, tout l'importune, et elle prétend que les couches des autres lui sont aussi funestes que les siennes-; elle en veut surtout au père de La Chaise qui ne fait que son devoir, mais qui le fait mieux que jamais ^ Nous vivons avec toutes les apparences d'une sincère amitié. Les uns disent que je veux me mettre à sa place, et ne connoissent ni mon éloignement pour ces sortes de commerces, ni l'éloignement que je voudrois en inspirer au roi^ La plupart s'imaginent que je conspire avec elle; quelques-uns croient que je veux le ramener à Dieu; je le souhaiterois bien, mais je ne l'espère pas. Il y a un cœur bien mieux fait, sur lequel j'aurois de plus grandes
1. Tout cela est de l'invention de La Ceaumclle. Le roi ne fit pas de présent à la Dauphine; il ne tint pas le petit prince dans ses bras; il ne félicila pas Monseigneur comnr; nn ami; il ne donna pas les premières nouvelles à la reine, car la reine était là, etc. Voir les détails les plus circonstanciés sur l'accoucliement de la Dauphine dans Touvrage : Curiosilés liistoriques sur Louis XIII^ Louis XIV, etc., par M. Leroy, p. 30.
2. Ceci est absurde. Comment madame de Montespan pouvaitelle être jalouse des couches de la Dauphine.^ Comment les couches des autres lui étaient-elles aussi funestes que les siennes?
3. Ceci est encore absurde. Comment madame de Montespan en voudrait-elle au P. de La Chaise de faire son devoir, à |)ropos des couches de la Dauphine? Madame de Maintenon n'a jamais dit : « Il le fait mieux que jamais. » Au contraire elle se plaignait de la faiblesse trop indulgente du P. de La Chaise, el madame de Montespan appelait crûment le confesseu»- du roi une chaise de commodité.
4. Cette phrase, bien imaginée et liabilement dite, a été répétée partout. D'après tout' ce que nous avons vu de la conduite de madame de Maintenon à l'égard du roi, elle est impossible.
espérances. Adieu, maflame. Xe dites rien de tout ceci on en devine assez, et on en dit toujours trop.
LETTRE CCLXXXYIII
A M. Û'AUBIGNÉ, A COIGXAC ».
A Versailles, ce 18 août 1682.
J'ai reçu deux lettres de vous à peu près en même temps, l'une du 6, l'autre du 9. Pour y répondre par ordre, je vous dirai que je n'ai pas ouï parler du prêtre Chandelier, que je ne sais ce que c'est, el qu'ainsi je ne puis vous donner de conseil ; tout ce que je vous puis dire, en général, est de ne rien commencer que vous ne puissiez soutenir, et d'éviter surtout le ridicule.
Il faut que la lettre dont vous me parlez soit perdue, car je vous aurois répondu sur ce que vous me mandez des terres d'Anjou; il est vrai que je serois ravie que vous retirassiez d'Aubigné du chapitre d'Angers qui vient de racheter ; ils me l'ont fait offrir fort honnêtement; il vous convient d'avoir une terre sans maison à entretenir, vous n'en pouvez avoir une plus belle que Coignac.
Je suis bien aise que M. de Ruiles ait mis ses enfants dans les nouvelles compagnies que le roi vient de faire ^ : c'est un grand soulagement pour la no-