‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 197 sur 337 · Manuscrits de madcmohcUe d'Aumale · texte numérisé non relu

Manuscrits de madcmohcUe d'Aumale

2. Bénédicte-Henriette, fille d'iidouartl, comte palatin, épouse

point voir que je vais à Ruelles, et par-dessus celte raison elle est si excessivement flatteuse et affectueuse, que ma froideur eu est outrée. L'autre raison est que je ne suis pas maîtresse de moi d'un moment à l'autre, et que je trouverois ridicule de manquer à un rendez-vous que je lui aurois donné. Je crois aller demain vous voir, mais ce ne sera que pour un moment et par complaisance pour vous. Je retournerai samedi à Ruelles où vous la ferez venir. Ménagez seulement cela de la sorte que le respect qui lui est dû soit gardé.

Je suis bien scandalisée de l'ignorance de Manette, et assurément vos saintes sont bien incapables. Je crains que le travail du point ne l'emporte sur tout autre exercice, ou, pour mieux dire, que leur peu d'esprit ne prévale sur vos talents; car si elles en avoient, tout se pourroit accommoder.

Donnez à THôlel-Dieu ce que vous jugerez à propos, en considérant que personne ne leur donne rien.

Je vous recommande toujours La Grange, car je

<Je Jean-Frédôric dt Brunswick-Hanovre, duc de Kalemberg, l'un des fils de Georges, duc souverain de Brunswick. Celte princesse, après la mort de son mari, qui s'était fait eatlioli(jue, se retira en France (167 9, avec ses deux filles, el y vérut assez retirée, mais protégée par Louis XI V, qui lui faisait une pension, à la considération de sa sœur, mariée au duc de Bourbon. FJle aimait fort madame de Brinon, et par son entremise chercha ;i {gagner la faveur de madame de Maintenon. Pour lui faire sa cour, elle demanda à mettre l'une de ses filles dans la maison de madame de Brinon, et n'éprouva qu'un refus. Cette fille, qui ne put trouver une place auprès des petites sœurs de Rueil , fit une grande fortune : elle épousa l'empereur Joseph.

A M. d'aubigné (1682). 267

J voudrois bien les voir loules en étal de gagner lenr vie. Adieu, madame, jusqu'à demain et après dîner.

LETTRE ceci

A M. D'AUBIGNÉ, A COIGXAG K

A Veisailles, le 1"" décembre 1682.

J'ai à répondre à une lettre de vous du 7 de novembre , à une de M. de Tigny, et à celle de M. de Vieufûurneaux; et pour le faire avec ordre, je commence par la vôtre.

Je suis ravie de ce que l'Anjou vous plaît et de ce que vous n'avez nulle répugnance à aclieler la terre de Sainte Jesme ou celle d'Aubigné. Vous savez que je trouve ces acquisitions -là plus raisonnables que celles que vous pourriez faire ailleurs; et que sans avoir une vanité ridicule, on peut trouver plus naturel d'aclicter une terre de votre nom que de quelque étranger. Si j'avois été aussi bien instruite là-dessus que je le suis présentement, je ne crois pas que j'eusse acbeté Maintenon. Mais pour venir à voire affaire, j'approuve donc que vous songiez à l'une de ces terres, c'est à vous à examiner celle qui vous convient le plus. J'avois regardé comme une cbr^se avantageuse que le cbâleau d'Aubigné fût détruit, étant fort aise que vous achetassiez du revenu, sans maison à entretenir, et vous trouvant d'ailleurs la plus belle habitation du monde, qui

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