‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 198 sur 337 · Autocjraphe du cabinet de M. Feuillet de Conches · texte numérisé non relu

Autocjraphe du cabinet de M. Feuillet de Conches

est celle de Goignac. Cependant je vois par ce que m'écrit M. de Yieufourneaux, que vous n'en êtes pas content, et que vous croyez que cet air est trop subtil pour vous; quoi qu'il en soit, voyez et déterminez ce que vous voulez, et agissez là-dessus sans vous en remettre à moi : je suis incapable de penser à mes propres affaires; j'ai perdu un procès pour ne l'avoir pas sollicité: en un mot, parcent raisons trop longues à vous dire, je ne puis suivre la moindre chose; vous avez plus de loisir, et l'action vous est bonne; vous êtes sur les lieux, je suis assurée que vous trouverez plus de facilité qu'un autre à ce que vous entreprendrez. Si vous voulez Aubigné, il faut voir le marché de messieurs du chapitre, et le prendre. Ce droit d'amortissement, qu'ils me prient de demander, est sans raison : ce seroil leur procurer un très-grand avantage pour les payer de vous laisser rentrer dans une terre de votre maison, et avec cette circonstance elle deviendroit plus chère que toute autre. Il ne faut ni grâce, ni faveur, quand on veut agir avec justice. Si l'année de leur achat n'est pas finie, vous pouvez par le droit du nom rentrer dans la terre : si vous ne le pouvez par droit, il faut savoir s'ils vous veulent faire ce plaisir, mais il ne le faut point acheter. M. de Tigny, M. d'Autichamp et M. de Yieufourneaux peuvent vous aider à ce marché ; voyez à quoi il va : s'il faut payer toute la somme à la fois, s'il ne suffiroit pas de la payer quand ils auroient trouvé à en faire le remplacement, en un mot, toutes les conditions, et voir ensuite si elles vous accommodent. Si vous aimiez mieux Sainte-Jesme, je ferois demander

A M. d'aubigné (1682). 269

à M. de La Rochefoucault s'il veut la vendre. Mais ne faisons de pas qu'à mesure qu'ils seront nécessaires; je ferai ceux qu'il faut faire ici, mais déterminez-vous et instruisez-vous sur les lieux. Ce n'est pas tant le bon air d'Anjou qui vous a fait du bien, que c'est l'exercice et l'occupation ; vous avez une paresse et vous laissez aller à une mélancolie qui devroit vous avoir donné des vapeurs plus tôt. Yous faites fort bien de garder M. de Yieufourneaux ; je lui ferai réponse pour rengager encore à vous tenir compagnie ; c'est un bomme qui vous seroit bon à plus d'une cbose et que vous devez attirer chez vous. Je ne vous réponds point sur M. Arnaud, vous savez que je ne suis jamais entré dans ces sortes de procédés. Yous ne pouviez mieux faire que de laisser madame d'Aubigné chez madame de Miossens : c'est une très-bonne compagnie; il ne faut pas se lasser de travailler à sa conversion.

Il est vrai que la reine me fit Thonneur de me donner son portrait à Chambord*. Je n'aime point à parler de ces choses-là, et la faveur, à mon gré^ ne sied pas mieux que la modestie. Ne vous faites point de peine sur ce que je ne vous mande rien ; vous entendez assez parler de moi, et je ne serai jamais paresseuse, quand il s'agira de vos intérêts. En répondant à votre lettre, il me semble que j"ai répondu aux deux autres, qu'elles ne sont que pour l'acquisition de l'une de ces terres; il n'y a qu'une chose à changer, qui est de me charger de détails, car j'en

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