A M. D'AUBIGNÉ, A COIGNAC K
A Versailles, ce 8 janvier 1683.
Je ne m'opposerai jamais à aucun bien, et s'il ne tient qu'à mes vieilles jupes que vous ne preniez cette demoiselle, je lui en donnerai de bon cœur; je souhaite qu'elle ne trouble pas l'union qui doit être chez vous.
Dès que vous serez déterminé entre Aubigné et Sainte-Jesme, je ferai les diligences nécessaires. J'ai mis votre argent entre les mains de M. Brunet.
J'espère que les eaux vous feront du bien, et vous ne sauriez mieux faire que d'y mener madame d'Aubigné; j'avoue que je ne puis regarder Coignac comme une solitude affreuse, l'idée qui m'en reste y est bien opposée ; mais votre imagination est blessée là-dessus, et vous devez faire tout ce qui la peut satisfaire.
Adieu. Par la connoissance que j'ai des vapeurs, je vous conseille d'y faire peu de remèdes en attendant les eaux, et de vous divertir le plus qu'il vous sera possible.